A green desert bush engulfed in flames with rocky mountains in the background

Qui est notre Dieu? Exode 2,23-3,15

On continue notre série de prédications dans le livre de l’Exode. On se rappelle rapidement ce qui s’était passé jusqu’ici dans le livre de l’Exode… Jacob était venu en Israël avec ses enfants et il était devenu un peuple nombreux. Malheureusement, le pharaon avait pris les Israélites en aversion et il les a mis en esclavage. Il a ensuite ordonné qu’on tue tous les nouveaux-nés garçons, pour empêcher qu’Israël ne se mette à proliférer. Mais Dieu avait prévu quelqu’un pour délivrer Israël de leur esclavage en Egypte et les amener enfin dans le pays qu’il avait promis à leurs ancêtres Abraham, Isaac et Jacob. Seulement, Moïse voulait délivrer Israël par ses propres forces et les Israélites l’ont rejeté. Moïse est donc contraint à vivre dans le désert pendant 40 ans ! Mais on avait vu que Dieu avait employé cette période pour transformer Moïse en la personne qu’il voulait qu’il devienne. Dans le passage qu’on va lire ce matin, Moïse veut nous montrer qui est Dieu pour le peuple d’Israël. C’est une question importante ! Pour certains, Dieu n’est qu’une force lointaine qui ne s’intéresse pas à nous et pour d’autres, nous faisons tous partie de Dieu. Moïse veut montrer que le Dieu qu’Israël adore est différent de tout ce qu’ils ont pu connaître en Égypte auparavant. Alors, je vous invite étudier avec moi la suite du passage que l’on trouve dans Exode 2,23-3,15 et comme la dernière fois, je vous invite à lire ce passage en essayant de faire comme si c’était la première fois que vous le lisiez de votre vie et comme si on lisait un roman.

Longtemps après, le roi d’Égypte mourut, et les enfants d’Israël gémissaient encore sous la servitude, et poussaient des cris. Ces cris, que leur arrachait la servitude, montèrent jusqu’à Dieu. 24 Dieu entendit leurs gémissements, et se souvint de son alliance avec Abraham, Isaac et Jacob. 25 Dieu regarda les enfants d’Israël, et il en eut compassion. Moïse faisait paître le troupeau de Jéthro, son beau-père, sacrificateur de Madian; et il mena le troupeau derrière le désert, et vint à la montagne de Dieu, à Horeb. L’ange de l’Éternel lui apparut dans une flamme de feu, au milieu d’un buisson. Moïse regarda; et voici, le buisson était tout en feu, et le buisson ne se consumait point. Moïse dit: Je veux me détourner pour voir quelle est cette grande vision, et pourquoi le buisson ne se consume point. L’Éternel vit qu’il se détournait pour voir; et Dieu l’appela du milieu du buisson, et dit: Moïse! Moïse! Et il répondit: Me voici! Dieu dit: N’approche pas d’ici, ôte tes souliers de tes pieds, car le lieu sur lequel tu te tiens est une terre sainte. Et il ajouta: Je suis le Dieu de ton père, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob. Moïse se cacha le visage, car il craignait de regarder Dieu. L’Éternel dit: J’ai vu la souffrance de mon peuple qui est en Égypte, et j’ai entendu les cris que lui font pousser ses oppresseurs, car je connais ses douleurs. Je suis descendu pour le délivrer de la main des Égyptiens, et pour le faire monter de ce pays dans un bon et vaste pays, dans un pays où coulent le lait et le miel, dans les lieux qu’habitent les Cananéens, les Héthiens, les Amoréens, les Phéréziens, les Héviens et les Jébusiens. Voici, les cris d’Israël sont venus jusqu’à moi, et j’ai vu l’oppression que leur font souffrir les Égyptiens. 10 Maintenant, va, je t’enverrai auprès de Pharaon, et tu feras sortir d’Égypte mon peuple, les enfants d’Israël. 11 Moïse dit à Dieu: Qui suis-je, pour aller vers Pharaon, et pour faire sortir d’Égypte les enfants d’Israël? 12 Dieu dit: Je serai avec toi; et ceci sera pour toi le signe que c’est moi qui t’envoie: quand tu auras fait sortir d’Égypte le peuple, vous servirez Dieu sur cette montagne. 13 Moïse dit à Dieu: J’irai donc vers les enfants d’Israël, et je leur dirai: Le Dieu de vos pères m’envoie vers vous. Mais, s’ils me demandent quel est son nom, que leur répondrai-je? 14 Dieu dit à Moïse: Je suis celui qui suis. Et il ajouta: C’est ainsi que tu répondras aux enfants d’Israël: Celui qui s’appelle ‘je suis’m’a envoyé vers vous. 15 Dieu dit encore à Moïse: Tu parleras ainsi aux enfants d’Israël: L’Éternel, le Dieu de vos pères, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob, m’envoie vers vous. Voilà mon nom pour l’éternité, voilà mon nom de génération en génération. (Exode 2,23-3,15)

  1. Dieu voit, entend la souffrance de son peuple et il agit

Il faut s’imaginer un peu les Israélites qui étaient restés en esclavage en Egypte. Peut-être qu’ils pensaient que Dieu les avait abandonné à cause de tout ce qu’ils étaient en train de traverser. Mais dès le premier verset de notre passage, on voit que Dieu est encore sensible aux cris des Israélites et il décide d’agir pour les sauver. En fait, on voit que Dieu n’est pas un Dieu qui se désintéresse de nos souffrances et de nos difficultés. Il est même dit que Dieu connaît nos douleurs (v. 7). Contrairement aux dieux Egyptiens que les Israélites ont connu, ou même aux dieux des autres religions, notre Dieu s’intéresse à ce que nous vivons et il connaît nos difficultés. Contrairement aux dieux des autres religions, notre Dieu vient aussi vers son peuple pour le délivrer. On a vu dans les chapitres précédents que Dieu avait suscité les sages-femmes et qu’il les avait béni, on avait vu qu’il avait protégé Moïse et qu’il l’avait transformé pour qu’il devienne la personne qu’il était appelé à devenir. Mais on n’avait pas encore vu Dieu qui visite son peuple et qui promet qu’il va le délivrer des Égyptiens pour l’amener au pays promis (v. 8). Et tout à coup dans l’histoire, on passe d’un Dieu qui est un peu lointain à un Dieu qui est proche. Et ça, on le voit particulièrement parce que avant cette histoire à chaque fois on parle de « Dieu » et pas de « l’Éternel » ou du « Seigneur ». En fait, quasiment à chaque fois que vous voyez dans vos Bibles qu’on parle de « l’Éternel » ou du « Seigneur » dans l’Ancien Testament, il s’agit d’une traduction du prénom de Dieu. Alors qu’avant on l’appelait simplement Dieu, maintenant on l’appelle « Yavhé » ou « Éternel ».

C’est comme si, au lieu de parler de Monsieur le président, vous pouviez tout à coup l’appeler Emmanuel ou Manu. Si vous faites ça, c’est soit parce que vous avez une relation intime avec Monsieur le président, soit que vous vous moquez de lui.

C’est la même chose avec Dieu. Le fait qu’il nous donne son prénom : Yavhé (et on va voir un peu plus loin ce que cela signifie), et que l’on peut l’appeler par son prénom implique que l’on a une relation particulière avec lui. Mais c’est aussi pour cela que l’on doit respecter le prénom de Dieu et pas l’appeler Manu alors qu’on n’a pas une relation intime avec lui. Mais le fait qu’il nous donne son prénom implique que nous pouvons avoir une relation intime avec lui. C’est différent de toute autre relation que l’on pourrait imaginer avec un dieu. Souvent quand on parle de Dieu, on agit comme s’il ne s’intéressait pas à nous, que le mal ou le bien qu’on fait, ce n’est pas bien important à ses yeux. Alors que Dieu veille sur nous de jour en jour.

  1. Dieu nous envoie

Tout de suite après qu’on découvre que Dieu va agir pour sauver Israël, on revient sur la personne de Moïse qui est berger dans le désert. Et si on lit l’Exode pour la première fois on doit être en train de se dire, mais pourquoi est-ce qu’on revient sur l’histoire de Moïse ? Il a maintenant 80 ans. C’est fichu pour que Moïse intervienne et on se demande si Dieu ne va pas intervenir avec un plan B, peut-être à travers le fils de Moïse, comme on le voit souvent dans les histoires de cette époque. D’ailleurs, on le voit au verset 11, même Moïse ne croyait pas qu’il pouvait accomplir cette mission puisqu’il dit : « Qui suis-je, pour aller vers le Pharaon et pour faire sortir d’Égypte les Israélites ? » (v. 11). Et c’est là que c’est très intéressant. C’est qu’alors que Dieu dit qu’il va intervenir avec puissance, qu’est-ce qu’il fait ? Il demande à Moïse de partir et d’être un instrument entre ses mains. 

C’est assez étonnant parce que c’est comme si un écrivain très expérimenté demandait à une autre personne qui ne sait pas très bien écrire, de commencer toute une réforme qui permette aux écrivains de développer leurs dons. Et du coup, pour ça il doit écrire un livre qui présente les difficultés d’un rédacteur. En fait, Dieu veut nous employer même si on n’est pas les qualifiés.

Par rapport à ça, je lisais un commentaire sur ce passage cette semaine qui disait : « Lorsque nous faisons face à un problème, nous ne souhaitons entendre qu’une seule chose de la part de Dieu : qu’il nous dise ‘‘J’ai vu, j’ai entendu, je sais’’. Malheureusement, nous ne l’entendons pas prononcer ces paroles car il ajoute parfois : ‘‘Va ! Je t’envoie !’’ Bien souvent, Dieu nous demande d’être la solution au problème. Sommes-nous en mesure d’entendre un tel message »1. Et je rajouterai que même si on entend la voix de Dieu qui nous envoie, souvent on répond par : « mais qui suis-je moi pour faire cela ? ». Peut-être qu’on pense qu’on est trop âgé, qu’on n’est pas assez doué comparé à d’autres personnes qui sont peut-être mieux qualifiées que nous ou que ne pense pas que Dieu va réellement nous employer. Et je crois que ça doit nous interpeler particulièrement en cette période de transition à Saint-Christol. Si Dieu vous appelle à vous engager quelque part (et je dis bien Dieu et pas Lucas ou quelqu’un d’autre), le fait que l’on soit moins qualifié, ou que l’on aie des défauts, ou que l’on se considère trop âgé n’est pas très important, parce que Dieu sait qui il appelle avant même que nous acceptions son appel.

  1. Qui est Dieu ?

Mais si nous pouvons avoir confiance c’est surtout parce que Dieu nous dit « Je suis avec toi » (v. 12). En fait, c’est la seule réponse pour l’instant, que Dieu donne Moïse : « Je suis avec toi » ! C’est quelque chose que nous sommes appelés à nous rappeler constamment. Et en faisant cela, c’est important de se rappeler qui Dieu est réellement, parce que sans cela nous allons vite flancher. Déjà, Dieu est le Dieu d’Abraham, Isaac et Jacob. Il respecte ses promesses et prend soin de nous. Mais Dieu est aussi un Dieu des miracles. Il arrive à faire brûler un buisson sans qu’il ne se consume. Tout de suite, on doit se rappeler que Dieu est capable de débloquer les situations les plus complexes et les plus difficiles. Mais Dieu est aussi le Dieu très saint. Quand Moïse entre dans la présence de Dieu, il est obligé de détourner ses yeux et d’enlever ses sandales parce qu’il est confronté à sa propre petitesse. Mais Dieu est aussi « celui qui est ». Et on retourne ici au prénom de Dieu : « Yavhé » (v. 14-15). En Hébreux, le prénom de Dieu veut dire quelque chose comme « je suis qui je suis » ou même un peu plus littéralement : « Je être qui je être ». Alors, pourquoi est-ce que c’est important ? C’est parce que souvent en tant qu’être humain on se définit par rapport à ce que nous faisons ou par rapport à quelque chose en particulier : Je suis marié, je suis célibataire, je suis papa ou maman, je suis professeur, je suis étudiant, je suis petit, etc. Ça nous montre qu’on a besoin de se définir en fonction de quelque chose. Mais Dieu, lui qui a tout créé, n’a pas besoin de quoi que ce soit pour se définir. Il est « celui qui est ». C’est le seul comme ça ! Il est comme nul autre dieu. Mais ce passage nous dit aussi que Dieu est celui qui était, qui est et qui vient. Il était le Dieu de nos pères, il est notre Dieu maintenant et il sera celui qui va nous délivrer. Alors bien sûr, cette histoire nous fait penser à un autre verset qui dit que « Jésus-Christ est le même hier, aujourd’hui, et éternellement » (Hé 13,8) ou bien encore un autre verset où Jésus dit « En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu’Abraham fût, je suis » (Jn 8,58). En reprenant le prénom de Dieu pour se l’approprier, Jésus déclare lui-même qu’il est Dieu qui vient sur terre parce que Dieu a entendu notre souffrance et nos douleurs. Il est mort sur la croix pour nous et il nous délivre et nous offre une relation éternelle avec lui.

En fait, en décrivant sa rencontre avec Dieu, Moïse nous pose cette question : est-ce que vous considérez ce Dieu comme votre Dieu ? Est-ce que vous prenez bien conscience de qui il est ? Quand Dieu vous appelle, comment est-ce que vous réagissez ? Est-ce que vous prenez conscience que Dieu est celui qui est ? Celui qui a tout créé ? Celui qui s’intéresse à vous ? Trop souvent, on vit notre vie au quotidien comme si Dieu n’était pas réellement tout puissant. On croit que Dieu est tout-puissant mais est-ce qu’on est prêt à s’abandonner à lui ? 

1Tim Chester, Exode pour toi, p. 40.

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