Dernièrement dans ma lecture personnelle de la Bible je lisais Josué 17 et cela m’a frappé de voir à quel point son enseignement peut s’appliquer encore aujourd’hui dans nos Églises au XXIème siècle. Je vous invite donc à lire avec moi ce passage:
Les fils de Joseph parlèrent à Josué, et dirent: Pourquoi nous as-tu donné en héritage un seul lot, une seule part, tandis que nous formons un peuple nombreux et que l’Éternel nous a bénis jusqu’à présent? 15 Josué leur dit: Si vous êtes un peuple nombreux, montez à la forêt, et vous l’abattrez pour vous y faire de la place dans le pays des Phéréziens et des Rephaïm, puisque la montagne d’Éphraïm est trop étroite pour vous. 16 Les fils de Joseph dirent: La montagne ne nous suffira pas, et il y a des chars de fer chez tous les Cananéens qui habitent la vallée, chez ceux qui sont à Beth Schean et dans les villes de son ressort, et chez ceux qui sont dans la vallée de Jizreel. 17 Josué dit à la maison de Joseph, à Éphraïm et à Manassé: Vous êtes un peuple nombreux, et votre force est grande, vous n’aurez pas un simple lot. 18 Mais vous aurez la montagne, car c’est une forêt que vous abattrez et dont les issues seront à vous, et vous chasserez les Cananéens, malgré leurs chars de fer et malgré leur force. (Josué 17,14-18)
La plainte des descendants de Joseph
Les descendants de Joseph partent d’un constat: Dieu nous a promis l’abondance dans le pays promis mais nous sommes un peu serrés sur le territoire qu’il nous a donné. Les descendants de Joseph viennent donc se plaindre à Josué qui détecte tout de suite le vrai problème. Le problème n’est pas que Dieu n’a pas accompli sa promesse mais que les Israélites n’ont pas pris soin de conquérir leur territoire à cause des chars de fer qu’ont les Cananéens qui habitent là. Les Israélites préfèrent rester dans les régions montagneuses où les chars ne pourront pas être utiles à leur adversaires. Ce qui est frappant c’est qu’au lieu de conquérir le pays promis, les descendants de Joseph se plaignent qu’ils n’ont pas reçu un territoire assez grand comparé aux autres tribus. En fin de compte, ce qu’ils demandent à Josué c’est qu’on prenne une partie de territoire des autres tribus pour que leur propre territoire s’agrandisse.
Un enseignement pour nous aujourd’hui
Comment ne pas penser à ce que nous vivons bien souvent dans nos Églises à notre époque? Nous sommes parfois confrontés au fait que nos Églises sont petites et qu’il n’y a plus grand monde. Et c’est là que notre coeur, similaire à celui des Israélites, accepte que nos Églises grandissent parce que nous en dépouillons d’autres1. D’une certaine manière, c’est une méthode de croissance qui est beaucoup plus simple. Nous n’avons pas à témoigner, nous n’avons pas à faire tout un travail de discipulat pour expliquer ce qu’est la vie chrétienne, nous n’avons pas besoin d’adapter notre discours pour qu’il soit compréhensible à des nouveaux-venus mais est-ce que c’est vraiment ce que Dieu nous a promis? Non. Jésus nous a dit: « La moisson est grande, mais il y a peu d’ouvriers. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers dans sa moisson » (Luc 10,2).
Quelle est donc la réponse que Josué nous apporte à notre réclamation que nous n’avons pas assez de personnes dans nos Églises? C’est d’abord d’entretenir le territoire que nous avons pour favoriser la croissance mais aussi d’aller accomplir notre mission. Jésus nous le rappelle dans son grand mandat: « Allez faites de toutes les nations des disciples, en les baptisant au nom du Père du Fils et du Saint-Esprit et en leur enseignant à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde » (Mt 28,19-20). Alors, au lieu de se plaindre à Dieu de l’état de nos Églises et de lui demander de nous envoyer des personnes d’autres Églises, peut-être que nous devrions d’abord aller de l’avant et témoigner de lui dans ce monde hostile à l’évangile. Comme les Israélites, nous pouvons nous appuyer sur sa promesse et lui faire confiance.
- Bien sûr, je ne dis pas qu’il n’y ait aucune raison valable pour quitter une Église ni même que nous ne devons pas accueillir les personnes d’autres Églises. Le problème vient surtout lorsqu’il s’agit de notre unique moyen de croissance ou même de notre moyen de croissance principal! Posons-nous cette question honnêtement: dans notre Église ces trois dernières années, les nouvelles personnes sont-elles majoritairement des personnes qui étaient non-chrétiennes ou des chrétiens d’autres Églises? Qu’est-ce que cela implique sur mon Église et que devrions-nous changer pour aller de l’avant? ↩︎



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