La semaine dernière, on avait entamé ma dernière série de prédications qui va parler du Saint-Esprit. J’avais essayé de montrer que ce qui paraît sage pour notre société est bien souvent folie aux yeux de Dieu et que certaines choses qui paraissent folles aux yeux du monde sont en fait souvent sages aux yeux de Dieu. Et je vous avez encouragé à prendre un temps seul dans la prière, dans la présence de Dieu à travers le Saint-Esprit, pour se demander les choses folles pour le monde qu’il vous demande de faire. Je n’ai pas entendu vos retours à ce sujet, mais comme je l’ai dit, en tant que pasteur, c’est mon rêve d’entendre des personnes dans l’Église qui font des choix fous parce qu’ils font confiance à Dieu et que ce soient des choix, que même moi je ne comprends pas mais que je vois que Dieu agit avec puissance. C’est comme avec toute chose, si on ne se lance pas, il n’y a rien qui va se passer. Alors, si vous n’avez pas déjà pris ce temps de prière, je vous invite à le faire cet après-midi, parce que sinon on ne va pas le faire. En faisant cela, je vous invite à enlever toute idée préconçue qu’on peut avoir en se disant « je suis trop vieux (alors que Moïse a commencé son ministère à 80 ans) ou trop jeune (alors que Samuel a commencé son ministère en étant un enfant) pour ça, je n’ai pas les moyens pour ça, etc ». Laissez-vous surprendre par le Saint-Esprit qui vous guidera. C’est en faisant ces choix fous que notre témoignage sera vraiment profond et consistant. Et justement ce matin, on va continuer dans la première lettre de Paul aux Corinthiens et on va voir un des rôles principaux du Saint-Esprit c’est de nous montrer la volonté de Dieu et qui est Dieu. Quand on pense au Saint-Esprit, on pense souvent à des émotions ou à une puissance miraculeuse. Mais en fait, un des rôles premier du Saint-Esprit est tout simplement de nous faire connaître Dieu et de nous faire connaître sa volonté pour nous. Comment connaître Dieu et comment connaître sa volonté ? C’est une question que des milliers de personnes se sont posées à travers les siècles. Et ce matin, je vous invite à chercher quelques éléments de réponse dans 1 Corinthiens 2,6-16.
« Cependant, c’est une sagesse que nous prêchons parmi les parfaits, sagesse qui n’est pas de ce siècle, ni des chefs de ce siècle, qui vont être anéantis; 7 nous prêchons la sagesse de Dieu, mystérieuse et cachée, que Dieu, avant les siècles, avait destinée pour notre gloire, 8 sagesse qu’aucun des chefs de ce siècle n’a connue, car, s’ils l’eussent connue, ils n’auraient pas crucifié le Seigneur de gloire. 9 Mais, comme il est écrit, ce sont des choses que l’oeil n’a point vues, que l’oreille n’a point entendues, et qui ne sont point montées au coeur de l’homme, des choses que Dieu a préparées pour ceux qui l’aiment. 10 Dieu nous les a révélées par l’Esprit. Car l’Esprit sonde tout, même les profondeurs de Dieu. 11 Lequel des hommes, en effet, connaît les choses de l’homme, si ce n’est l’esprit de l’homme qui est en lui? De même, personne ne connaît les choses de Dieu, si ce n’est l’Esprit de Dieu. 12 Or nous, nous n’avons pas reçu l’esprit du monde, mais l’Esprit qui vient de Dieu, afin que nous connaissions les choses que Dieu nous a données par sa grâce. 13 Et nous en parlons, non avec des discours qu’enseigne la sagesse humaine, mais avec ceux qu’enseigne l’Esprit, employant un langage spirituel pour les choses spirituelles. 14 Mais l’homme animal ne reçoit pas les choses de l’Esprit de Dieu, car elles sont une folie pour lui, et il ne peut les connaître, parce que c’est spirituellement qu’on en juge. 15 L’homme spirituel, au contraire, juge de tout, et il n’est lui-même jugé par personne. 16 Car Qui a connu la pensée du Seigneur, Pour l’instruire? Or nous, nous avons la pensée de Christ. » (1 Corinthiens 2,6-16)
- Un problème de compréhension
Alors, comment connaître Dieu ? En ce moment, il y a beaucoup de personnes qui prétendent avoir une spiritualité qui a bouleversé leur vie. Et souvent quand on creuse un peu, on voit que c’est une spiritualité qui a été un peu inventée par eux-mêmes et qui est un mélange de panthéisme, de développement personnel, de ce qu’ils ont vécu dans leur vie, ou parfois de ce qu’ils ont lu ou entendu sur internet. Mais le passage qu’on vient de lire nous montre bien le problème d’une telle manière de faire. Le problème c’est qu’on parle de Dieu et des choses spirituelles comme si on était aptes à les comprendre, alors qu’en réalité les choses spirituelles nous dépassent et même les plus grands philosophes ne peuvent pas comprendre ne serait-ce qu’une partie de Dieu. Les versets 6-10 nous montrent justement que même les personnes les plus intelligentes du monde n’ont pas su reconnaître la sagesse de Jésus et l’ont crucifié. On n’y pense pas assez parce qu’on sait tous que les paroles de Jésus ont traversé deux millénaires, donc c’est difficile de nier qu’il y a une vraie sagesse dans ce qu’il disait, mais à l’époque les plus grands intellectuels et les dirigeants l’ont rejeté en disant que le discours de Jésus était mauvais. En fait, même lorsqu’il y a des messages si importants de la part de Dieu, on est incapable de le reconnaître.
Je ne sais pas si vous le savez mais mon frère a épousé une coréenne. Et je me disais que c’est un peu comme s’il avait reçu une lettre d’amour de sa femme en coréen. Mon frère Dimitri aurait pu lire ce qu’elle a écrit mais pas il n’est pas capable de comprendre le sens de la lettre, parce qu’il ne comprend pas le coréen. Et ce que Paul est en train de dire c’est que comprendre Dieu c’est la même chose. Parfois on peut parler des choses spirituelles sans forcément les comprendre1.
Et c’est le défi qu’on avait regardé la semaine dernière, c’est que parfois on veut construire nos vies et l’Église avec nos propres forces, avec notre intelligence et on réalise qu’à la fin on n’a parfois plus besoin de Dieu dans nos projets.
- Une révélation de l’Esprit
Alors, comment faire pour ne pas se retrouver dans une impasse ? Comment faire pour connaître Dieu ? Je crois que notre passage nous donne une réponse très claire ! C’est seulement Dieu qui peut parler de lui-même : « l’Esprit sonde tout, même les profondeurs de Dieu. Qui donc parmi les hommes, sait ce qui concerne l’homme, si ce n’est l’esprit de l’homme qui est en lui ? De même, personne ne connaît ce qui concerne Dieu, si ce n’est l’Esprit de Dieu » (v. 10-11). C’est d’une logique imparable, on ne peut pas savoir ce que quelqu’un d’autre pense à moins qu’il ne nous le dise. Parfois on peut interpréter ce qu’il pense mais parfois c’est juste et parfois c’est complètement à côté de la plaque. La seule manière de savoir ce que cette personne pense c’est qu’il nous le dise. Avec Dieu c’est exactement pareil : comment savoir ce qui est important pour lui, ce qu’il pense ? Comment savoir qui il est ? C’est seulement s’il nous le communique à travers le Saint-Esprit. Et ce que j’ai dit la semaine dernière c’est que le Saint-Esprit a écrit la Bible pour que l’on puisse connaître Dieu et sa volonté : « Toute Écriture [=la Bible] est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour convaincre, pour redresser, pour éduquer dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit adapté et préparé à toute œuvre bonne » (2 Ti 3,16-17). Donc pour connaître Dieu et ce qu’il attend de nous, il faut lire la Bible, mais c’est l’Esprit-Saint qui vit en nous qui nous permet de comprendre la Bible et l’appliquer à nos vies. En ce moment, j’essaie de redécouvrir l’importance de prier avant de lire la bible et de me placer devant Dieu et lui dire : « ta Parole est la vérité, sanctifie-moi par ta vérité » (Jn 17,17).
Pour nous aider à mieux comprendre comment tout cela, s’emboite, je vais reprendre l’exemple de la lettre d’amour en coréen. Mon frère peut lire cette lettre de sa femme, mais il ne va pas pouvoir, par lui-même comprendre la portée et l’implication profonde de ces mots d’amour, parce qu’il ne comprend pas le coréen. Ce n’est que s’il y a un traducteur qu’il pourra comprendre vraiment le sens et être bouleversé par les mots d’amour qu’elle aura écrit.
En fait, pour comprendre ce que la Bible dit, on a besoin que l’auteur vienne nous expliquer tout ce qui est écrit dans ce livre. Jésus nous dit que l’Esprit-Saint nous « rappellera tout ce [que Jésus a] dit » (Jn 14,26). Il dit aussi que l’Esprit-Saint « ne parlera pas de lui-même, mais dira tout ce qu’il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir » (Jn 16,13). En fait, le rôle premier de l’Esprit n’est pas de nous faire vivre des sensations fortes mais de nous amener à Jésus, de nous rappeler ce qu’il a dit dans la Bible et de nous aider à le vivre. Ça nous appelle à nous en remettre au Saint-Esprit pour comprendre la Bible, pour la vivre mais aussi de prier pour que Dieu transforme le coeur des personnes qui nous entourent « parce que l’homme naturel ne reçoit pas les choses de l’Esprit de Dieu, car elles sont une folie pour lui, et il ne peut les connaître, parce que c’est spirituellement qu’on en juge » (v. 14).
- « Savoir ce que Dieu nous a donné par grâce » (v. 12)
Alors où est la bonne nouvelle dans tout ça ? Elle se trouve au verset 12 : « Or nous, nous n’avons pas reçu l’esprit du monde, mais l’Esprit qui vient de Dieu, afin de savoir ce que Dieu nous a donné par grâce » (v. 12). Jésus-Christ est mort sur la croix, il est ressuscité, il est monté au ciel pour que nous puissions recevoir cet Esprit qui nous permet de contempler tout ce que Dieu nous a donné. Comprendre ça, ça nous enlève tout orgueil que l’on pourrait avoir.Je ne sais pas si vous avez déjà entendu des personnes vous dire que c’est prétentieux de dire que c’est seulement le Dieu de la Bible qui existe, que Jésus-Christ est le seul chemin pour aller au ciel, que Dieu soit Père, Fils et Saint-Esprit. Et d’une certaine manière, c’est vrai. C’est sûr que si on parle par nous-mêmes, c’est très prétentieux de dire que l’on sait qui est Dieu et ce à quoi il ressemble. Mais la différence c’est que Dieu nous a donné son Esprit et qu’on ne parle pas par nous-mêmes, mais par la Bible à travers le Saint-Esprit. Ce n’est pas simplement un mélange des différentes choses qui nous plaisent ou qu’on a entendu, on essaie de se soumettre autant que possible à ce que la Bible enseigne, même si parfois on ne comprend pas toujours tout.
Imaginez qu’on soit en train de jouer à un jeu où nous ne sommes pas tous d’accord sur les règles et l’objectif du jeu. On sort les règles et elles sont en allemand. Heureusement, il y a un ami parmi nous qui parle allemand et qui nous explique les règles du jeu. Est-ce que vous considéreriez cette personne orgueilleuse ou prétentieuse parce qu’elle explique les règles du jeu ? Non ! C’est simplement qu’elle a à la fois les règles du jeu et la capacité de les lire. Elle ne dit pas qu’elle a les règles du jeu de manière innée dans sa tête. C’est pour cela que Paul dit que l’homme spirituel juge/discerne de tout et qu’il est lui-même jugé par personne (v. 15).
Qu’est-ce que ça implique pour nous aujourd’hui ? Tout simplement que l’on peut comprendre les réalités spirituelles (et ça c’est quelque chose d’extraordinaire) mais qu’on ne peut pas le faire de nous-mêmes. On a « la pensée du Christ » (v. 16) dans la Bible, mais nous avons besoin de l’Esprit-Saint pour la comprendre et la vivre. Alors, prions qu’il nous aide à ce que sa Parole ne reste pas simplement des mots que l’on connaît ou que l’on entend mais qu’il nous transforme. Quand l’Esprit-Saint agit à travers la Parole de Dieu c’est comme un cachet effervescent qui entre dans un verre d’eau. Sans l’eau de la Parole, l’Esprit-Saint n’agit pas, mais la Parole de Dieu, sans l’Esprit-Saint ne nous transforme pas. Alors ne nous lassons pas de lire la Bible mais en même temps, laissons Dieu nous transformer par son Esprit.
1Cet exemple et certains suivants ont été repris/inspiré de la prédication d’Alexandre Sarran sur le même texte : https://www.egliselyongerland.org/blog/post/2859



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