La semaine dernière nous avions commencé à étudier le livre de l’Exode et on avait vu que c’était un livre que Moïse avait écrit pour affermir l’identité du peuple d’Israël. Et on avait aussi vu à quel point c’était important pour bien construire sa vie, de savoir d’où on vient et où on va. Et donc la semaine dernière, on avait vu que Dieu donnait des promesses et les accomplissait toujours, même si ça ne ressemble pas toujours à ce que l’on imagine parfois. On avait aussi vu qu’il y a de l’opposition face à ces promesses de Dieu mais que Dieu suscite des personnes pour l’accomplissement de ces promesses. Il avait envoyé deux sage-femmes pour protéger les enfants d’Israël que le pharaon avait ordonné que l’on tue. Ce premier chapitre de l’Exode nous invitait donc à regarder à tout ce que Dieu a accompli et annoncé par le passé pour mieux regarder à l’avenir, à là où Dieu nous amène. Ce matin, on arrive à la suite de ce passage. Et pour commencer à réfléchir un peu avant de lire le passage biblique, j’aimerais vous poser une question : pensez-vous être trop difficile à sauver ?1 Est-ce que les circonstances de votre vie vous font croire que Dieu ne s’intéresse pas à vous, ou que vous n’en valez pas la peine ? Ou peut-être que vous êtes croyant mais que vous vous battez avec un péché qui vous fait croire que Dieu ne peut pas vous sauver, que vous êtes dans une situation trop complexe pour que Dieu vous en libère et qu’il vous pardonne. Il se trouve que le passage que nous allons lire ce matin répond en partie à ces questions et je vous invite à lire avec moi dans Exode 1,22-2,15.
« Alors le pharaon ordonna à tous ses sujets : Jetez dans le fleuve tous les garçons nouveau-nés des Hébreux, mais laissez vivre toutes les filles ! 2 Un homme de la tribu de Lévi épousa une fille de la même tribu. 2 Elle devint enceinte et donna le jour à un fils. Elle vit que c’était un beau bébé et le cacha pendant trois mois. 3 Quand elle ne parvint plus à le tenir caché, elle prit une corbeille en papyrus, l’enduisit d’asphalte et de poix et y plaça le petit garçon. Puis elle déposa la corbeille au milieu des joncs sur la rive du Nil. 4 La sœur de l’enfant se posta à quelque distance pour voir ce qu’il en adviendrait. 5 Peu après, la fille du pharaon descendit sur les bords du fleuve pour s’y baigner. Ses suivantes se promenaient sur la berge le long du Nil. Elle aperçut la corbeille au milieu des joncs et la fit chercher par sa servante. 6 Elle l’ouvrit et vit l’enfant : c’était un petit garçon qui pleurait. Elle eut pitié de lui et dit : C’est un petit des Hébreux. 7 Alors la sœur de l’enfant s’approcha et dit à la fille du pharaon : Veux-tu que j’aille te chercher une nourrice parmi les femmes des Hébreux pour qu’elle t’allaite cet enfant ? 8 La fille du pharaon lui dit : Va ! La jeune fille alla donc chercher la mère de l’enfant. 9 La princesse lui dit : Emmène cet enfant et allaite-le pour moi. Je te paierai un salaire. La femme prit l’enfant et l’allaita. 10 Quand il eut grandi, elle l’amena à la fille du pharaon. Celle-ci l’adopta comme son fils et lui donna le nom de Moïse (Sorti), car, dit-elle, je l’ai sorti de l’eau. Le temps passa. Lorsque Moïse fut devenu adulte, il alla rendre visite à ses frères de race et fut témoin des corvées qu’on leur imposait. Il vit un Egyptien qui rouait de coups l’un de ses frères hébreux. 12 Après avoir regardé de côté et d’autre pour voir s’il n’y avait personne, il frappa l’Egyptien à mort et l’enfouit dans le sable. 13 Le lendemain, il revint et aperçut deux Hébreux qui se battaient. Alors il dit à celui qui avait tort : Pourquoi frappes-tu ton compagnon ? 14 Mais celui-ci répliqua : Qui t’a établi chef et juge sur nous ? Veux-tu aussi me tuer comme tu as tué l’Egyptien ? Alors Moïse prit peur ; il comprit que l’affaire s’était ébruitée. 15 Effectivement, le pharaon apprit ce qui s’était passé et chercha à faire mourir Moïse, mais celui-ci prit la fuite. Il se rendit au pays de Madian et s’assit près d’un puits. » (Exode 1,22-2,15)
- Une opposition grandissante
Dès les premiers versets de notre passage, on peut voir quelque chose d’assez surprenant. Le texte qu’on avait lu la semaine dernière se terminait en disant que Dieu avait béni les sage-femmes en faisant prospérer leurs familles. Mais tout de suite après, il y a le pharaon qui s’endurcit encore plus et qui détruire encore plus le peuple de Dieu. C’est quelque chose que l’on va voir dans les prochains chapitres et que l’on voit dans toute la Bible : si quelqu’un n’aime pas le peuple de Dieu, plus ce peuple va grandir et plus il va agir radicalement contre lui. Au début le pharaon avait simplement ignoré Israël, puis il l’a mis en servitude, puis il a ordonné de tuer les enfants à la naissance, puis de les jeter dans la rivière sacrée d’Égypte comme un sacrifice au dieu du Nil. On voit bien que le pharaon s’endurcit vraiment et prend de plus en plus les Israélites en grippe. Mais malgré ça, rien n’y fait. Rien ne peut empêcher les promesses de Dieu de s’accomplir pour son peuple. Israël continue de grandir de plus en plus et d’être bénis.
Un exemple assez frappant de ça est l’Église en Ethiopie. Dans les années 1970 le président Mengistu a mis en place la terreur rouge. Environ 1 million et demi de personnes sont mortes et les Églises ont été fermées. Lorsque le président est tombé beaucoup de personnes se demandaient ce qu’il resterait de l’Église après une telle période de persécution. Mais ce qui a été frappant pour tout le monde c’est qu’en fait pendant cette période non seulement l’Église avait survécu mais elle avait aussi grandi de manière secrète. Tout le monde a été surpris par cette croissance exceptionnelle.
Je crois que ça nous apprend déjà à regarder au bon endroit. La persécution ne signifie pas que Dieu abandonne son peuple. Au contraire, c’est souvent dans les pays où il y a le plus de persécutions que l’Église grandit le plus à la fois en maturité spirituelle mais aussi en nombre. C’est là que l’on voit le plus de miracles et une foi de plus en plus grandissante. Pour nous en France qui ne sommes pas persécutés, je crois que l’on peut tout de même tirer une leçon importante en se demandant où est-ce que l’on regarde quand les choses vont mal ? Est-ce qu’on regarde à l’opposition ou est-ce qu’on regarde aux promesses de Dieu qui sont en train de s’accomplir ? Quand on va mal, est-ce qu’on regarde à notre douleur ou plutôt à comment Dieu est en train de nous transformer toujours plus en son image. Est-ce que ces souffrances nous conduisent à penser que Dieu ne s’intéresse pas à nous ou qu’il est incapable de nous sauver ?
- Dieu qui emploie les circonstances mauvaises pour sa gloire
Cette opposition grandissante a conduit Israël à se rapprocher de Dieu mais ils ont aussi été confrontés à un mur. Parce que tout à coup, ils ont commencé à comprendre que les actions des sage-femmes étaient courageuses et utiles mais qu’ils avaient besoin de beaucoup plus pour être complètement libérés de la servitude du pharaon. Israël avait besoin que Dieu agisse avec puissance à travers la venue d’un sauveur. C’est un peu comme si Moïse a écrit cette histoire pour rappeler à Israël qu’il ne pouvait pas se libérer lui-même. Et le récit de la naissance de Moïse nous raconte comment Dieu prépare la venue de ce sauveur miraculeusement. En fait, le texte nous dit même que Dieu emploie les circonstances mauvaises et difficiles pour susciter ce sauveur, tout en montrant que les plans du pharaon et que les dieux étrangers ne peuvent rien faire contre lui. Plutôt que de tuer Moïse, le Nil (qui était un dieu égyptien) l’amène à la seule personne qui peut le sauver. Et la fille du pharaon va protéger Moise tout en sachant qu’il était un enfant Israélite et que son père voulait les tuer. C’est parce que le pharaon a demandé à ce que l’on jette les enfants dans le Nil que Moïse a été sauvé par la fille du pharaon qui lui a donné une éducation qui lui a permis de diriger le peuple d’Israël et de l’amener hors d’Égypte.
Ça nous montre que Dieu peut même employer des actions mauvaises et pècheresses des hommes mauvais pour accomplir ses plans. Et le meilleur exemple de ça, c’est lorsque Jésus est mort sur la croix pour nous. Tuer Jésus était la pire chose que l’on pouvait faire, mais pourtant Dieu l’a employé pour payer les péchés, les mauvaises actions et mauvaises pensées de toute personne qui vient à lui. En mourant sur la croix et en ressuscitant trois jours plus tard, Jésus nous montre qu’il est le libérateur tant attendu. Et comme Israël était appelé à suivre Moïse, nous aussi nous sommes appelés à suivre Jésus.
- Comment vous positionnez-vous par rapport à ce sauveur ?
Mais qu’est-ce que l’on voit par rapport à Moïse qui essaie de délivrer Israël ? C’est qu’il y a certaines personnes qui refusent de voir en lui le sauveur que Dieu a envoyé pour libérer Israël. Dans le Nouveau Testament, la deuxième partie de la Bible, il est écrit que Jésus est venu parmi les siens mais que les siens ne l’ont pas reçu (Jn 1,11).Comme dans l’histoire de Moïse, la Bible nous montre que Jésus a été rejeté parce que ses contemporains ont refusé de reconnaître qu’ils ont besoin d’un sauveur ou parce que ce sauveur ne ressemblait pas à ce qu’ils attendaient.
Mais en écrivant ce livre de l’Exode, Moïse veut qu’on se pose la question : Et nous, comment est-ce qu’on se situe par rapport à ce sauveur ? Peut-être que les circonstances de votre vie vous conduisent à bout de souffle, peut-être que vous êtes emprisonnés par une addiction ou que vous vous sentez perdus ? Et du coup, vous reconnaissez votre besoin de Jésus. Ou peut-être que, comme Israël vous n’avez pas encore compris que vous avez besoin d’un sauveur. Peut-être que comme Israël, vous avez plutôt tendance à refuser la venue de Jésus dans vos vies parce qu’il vous semble que votre manière de vivre n’est pas mauvaise et que vous ne voulez pas qu’il vienne la perturber. Peut-être que vous pensez avoirfait assez de bonnes actions pour accéder au paradis ou que vous ne croyez pas en la vie après la mort ? Mais la Bible nous confronte à la réalité : tout le monde a besoin d’un sauveur, de recevoir l’amour de Dieu, son pardon et d’avoir en lui l’espoir pour l’avenir. On peut penser ne pas avoir besoin de Jésus, ou bien qu’il ne s’intéresse pas à nous, mais en réalité ce passage de l’Exode nous rappelle que même les plus grands efforts que l’on peut faire ne seront pas suffisant pour être sauvés. Si vous cherchez le pardon, la paix, la joie, l’amour (qu’on soit chrétien ou non), on ne peut les trouver qu’en reconnaissant devant Dieu notre besoin de Jésus et de son sacrifice sur la croix pour nous.
Il y a beaucoup de domaines dans notre vie où reconnaître notre besoin est la première étape pour aller plus loin. Si je suis malade, je dois d’abord accepter le fait que je suis malade pour aller voir un docteur et prendre des médicaments, sinon je ne vais pas guérir. Si ça se passe mal dans mon couple, la première étape est de le reconnaître honnêtement pour aller chercher de l’aide à travers une thérapie de couple ou un accompagnement pastoral. Et spirituellement c’est la même chose. Si vous voulez aller plus loin dans votre vie spirituelle, ça commence déjà par reconnaître votre besoin d’aide et d’aller vers la bonne personne qui peut vous sauver. Alors ce matin, je vous invite à prendre quelques instants dans le silence et la prière pour qu’on se replace devant Dieu en lui disant que nous avons bien besoin de lui. Si vous n’êtes pas chrétien, n’hésitez pas à prendre ce temps pour réfléchir à ce à quoi Dieu vous appelle.
1La question vient de la prédication d’Alexandre Sarran sur le même passage : https://www.egliselyongerland.org/blog/post/444



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