Exode 1, Avoir foi aux promesses de Dieu

Ça fait un petit moment que je voulais faire une pause dans les prédications un peu plus thématiques pour qu’on puisse approfondir ensemble un nouveau livre biblique1. Parce que réfléchir sur des thèmes comme celui des relations est bien, mais comme c’est nous qui choisissons le thème, parfois on peut passer à côté de pleins de choses que Dieu veut nous enseigner et nous partager (parce qu’on revient toujours à nos grands dadas ou chevaux de bataille). Et donc c’est pour ça que j’aime bien faire des séries de prédications sur un livre biblique pour qu’on puisse vraiment s’immerger dans la Bible ensemble. Et le livre que je vous propose de commencer à étudier avec moi les dimanches matins (on verra jusqu’à où on va aller) est le livre de l’exode, le deuxième livre de la Bible. Le livre de l’Exode a été écrit par le prophète Moïse, dont on va découvrir l’histoire petit à petit. C’est un livre qui a été écrit alors qu’Israël était dans le désert, dans une période compliquée où ils ne faisaient que de se détourner de Dieu en refuser d’écouter ce qu’il voulait pour eux. Moïse a donc décidé d’écrire cinq livres (Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome) pour que le peuple de Dieu puisse se rappeler de tout ce qu’il a vécu, ce qui constitue son identité afin de revenir sans cesse à Dieu. On va voir que c’est un livre qui peut être aussi très encourageant pour nous parce qu’il nous aide, nous aussi à construire une identité profonde. Je vous invite donc à ouvrir vos Bibles au livre de l’Exode, au chapitre 1.

« Voici les noms des fils d’Israël, venus en Égypte avec Jacob et la famille de chacun d’eux: Ruben, Siméon, Lévi, Juda, Issacar, Zabulon, Benjamin, Dan, Nephthali, Gad et Aser. Les personnes issues de Jacob étaient au nombre de soixante-dix en tout. Joseph était alors en Égypte. Joseph mourut, ainsi que tous ses frères et toute cette génération-là. Les enfants d’Israël furent féconds et multiplièrent, ils s’accrurent et devinrent de plus en plus puissants. Et le pays en fut rempli. Il s’éleva sur l’Égypte un nouveau roi, qui n’avait point connu Joseph. Il dit à son peuple: Voilà les enfants d’Israël qui forment un peuple plus nombreux et plus puissant que nous. 10 Allons! montrons-nous habiles à son égard; empêchons qu’il ne s’accroisse, et que, s’il survient une guerre, il ne se joigne à nos ennemis, pour nous combattre et sortir ensuite du pays. 11 Et l’on établit sur lui des chefs de corvées, afin de l’accabler de travaux pénibles. C’est ainsi qu’il bâtit les villes de Pithom et de Ramsès, pour servir de magasins à Pharaon. 12 Mais plus on l’accablait, plus il multipliait et s’accroissait; et l’on prit en aversion les enfants d’Israël. 13 Alors les Égyptiens réduisirent les enfants d’Israël à une dure servitude. 14 Ils leur rendirent la vie amère par de rudes travaux en argile et en briques, et par tous les ouvrages des champs: et c’était avec cruauté qu’ils leur imposaient toutes ces charges. 15 Le roi d’Égypte parla aussi aux sages-femmes des Hébreux, nommées l’une Schiphra, et l’autre Pua. 16 Il leur dit: Quand vous accoucherez les femmes des Hébreux et que vous les verrez sur les sièges, si c’est un garçon, faites-le mourir; si c’est une fille, laissez-la vivre. 17 Mais les sages-femmes craignirent Dieu, et ne firent point ce que leur avait dit le roi d’Égypte; elles laissèrent vivre les enfants. 18 Le roi d’Égypte appela les sages-femmes, et leur dit: Pourquoi avez-vous agi ainsi, et avez-vous laissé vivre les enfants? 19 Les sages-femmes répondirent à Pharaon: C’est que les femmes des Hébreux ne sont pas comme les Égyptiennes; elles sont vigoureuses et elles accouchent avant l’arrivée de la sage-femme. 20 Dieu fit du bien aux sages-femmes; et le peuple multiplia et devint très nombreux. 21 Parce que les sages-femmes avaient eu la crainte de Dieu, Dieu fit prospérer leurs maisons. 22 Alors Pharaon donna cet ordre à tout son peuple: Vous jetterez dans le fleuve tout garçon qui naîtra, et vous laisserez vivre toutes les filles. » (Exode 1)

  1. Les promesses de Dieu

Ce qu’il faut savoir c’est que le livre de l’Exode est un peu comme une deuxième saison d’une série télévisée ou le deuxième tome d’une série de livre. Ça veut dire qu’on sait qu’on commence une nouvelle histoire mais qu’en même temps la trame principale de la série a déjà été lancée et c’est parfois un peu compliqué de comprendre l’histoire si on ne nous a pas fait une résumé du premier tome. Et les sept premiers versets servent en fait de résumé de comment s’est terminée l’histoire de la Genèse. Et donc, ce qu’il faut savoir à ce moment-là c’est que Dieu a créé l’univers tout entier mais aussi les êtres humains pour être en relation avec eux. Malheureusement, les êtres humains ont désobéi à Dieu et ont été rejetés de la présence de Dieu. Mais au chapitre trois de la Genèse Dieu a promis à Adam et Eve qu’il y aurait quelqu’un dans leur descendance qui permettra qu’il y ait à nouveau une communion profonde avec Dieu. Les années passent et on voit l’histoire de Noé, puis on voit l’histoire d’Abraham qui est un ami de Dieu. Et Dieu a promis à Abraham qu’il serait le père d’une grande nation, qu’il aurait une relation privilégiée avec lui et que ce peuple vivra dans un pays promis. Je vous invite à relire le livre de la Genèse mais vous verrez qu’en fait, dans tout ce livre la question principale est : qui est ce descendant promis ? Comment va-t-il rétablir la relation avec Dieu et comment va-t-il permettre que le peuple de Dieu retrouve le jardin d’Eden (qui est le pays promis) ? À la fin du livre de la Genèse donc on voit que les descendants d’Abraham commencent à devenir nombreux mais qu’ils ne sont pas encore un peuple, qu’ils ont une certaine relation à Dieu mais que cette relation n’est pas encore bien établie, et qu’ils sont en Egypte et pas dans la terre promise. Donc c’est un peu comme si on commençait à voir que les promesses de Dieu se réalisent mais qu’il y a encore pas mal de chemin à faire. Mais qu’est-ce que ces premiers versets nous disent ? C’est qu’en l’espace d’environ 400 ans, on est passé de soixante-dix personnes à plusieurs centaines de milliers de personnes. La descendance d’Abraham est devenu un peuple nombreux et c’est ce qui est dit au verset 7 de manière assez insistante : « Les Israélites furent fécondsproliférèrentse multiplièrent et devinrent de plus en plus puissants. Et le pays en fut rempli » (v. 7). Au fur et à mesure du livre de l’Exode on va voir que Dieu répond aussi aux autres promesses mais en attendant, on peut voir qu’Israël est un peuple nombreux. Dieu tient toujours ses promesses. Ça ne ressemble pas toujours ce à quoi on s’attend mais Dieu tient ses promesses.

Et pourquoi est-ce que c’est important de savoir ça ? C’est parce que c’est ça qui va construire notre identité. En fait, pour pouvoir construire sa vie c’est tellement important de savoir d’où on vient et où on va. C’est comme un joueur de foot. S’il ne sait pas quelles sont les cages de son équipe et de l’équipe adverse, il y a de grandes chances qu’il fasse n’importe quoi. Et c’est exactement ce que Moïse veut empêcher en rappelant ce qu’il s’est passé dans le livre de l’Exode. Il dit à Israël : voilà le Dieu qui vous a appelé, voilà les promesses qui vous ont été faites et voilà ce dont vous ne devez jamais vous éloigner. Ça nous montre à quel point c’est important de se rappeler de ce que Dieu a fait dans la Bible. Moïse a écrit à des personnes qui ont vécu ces évènements, pour plusieurs d’entre eux, mais qui ont déjà oublié à quel point c’était extraordinaire. Alors à combien plus forte raison ne devrions-nous pas lire et relire ces histoires de la Bible qui font aussi partie de notre histoire en temps que peuple de Dieu. Mais c’est aussi important de lire sur l’histoire de l’Église de ces deux derniers millénaires parce qu’encore une fois, c’est notre histoire et on y voit comment Dieu a agi à travers le temps pour mettre en œuvre ce qu’il a promis.

  1. L’opposition aux promesses de Dieu

Mais ce que l’on voit à partir du verset 8 ? C’est qu’il y a de nombreux obstacles qui viennent se greffer aux promesses de Dieu. Dieu avait promis que son peuple allait proliférer mais les Égyptiens viennent pour tuer les enfants et empêcher ces promesses de se réaliser. Dieu avait promis un pays à Israël mais le pharaon veut qu’ils restent en Egypte. Dieu veut avoir une relation privilégiée avec Israël mais le pharaon veut qu’Israël reste à son service (et c’est intéressant parce que le mot « servitude » peut aussi signifier « rendre un culte » en hébreux). Et ça, pour nous ça implique que depuis toujours le peuple de Dieu doit faire face à des oppositions qui sont parfois profondes. Il y a Satan et à travers lui, des personnes ou des forces occultes (et on va en voir plusieurs dans le livre de l’Exode) qui cherchent à empêcher à tout prix l’accomplissement des promesses de Dieu. Et ce qu’on peut voir c’est qu’on a l’impression que les promesses de Dieu sont en péril, on a l’impression que rien ne va permettre que ce que Dieu a promis puisse se réaliser.

C’est la même chose pour nous. Parfois on peut avoir l’impression que tout ce que Dieu a dit dans la Parole nous semble vide ou creux. On a l’impression que tout s’oriente tellement loin de ce que Dieu a dit ou de ce qu’il est. On peut avoir l’impression que Dieu est devenu un menteur et on n’arrive pas à voir que « tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu » (Rm 8,28). En fait, quand on traverse une période difficile, tous nos fondements vont être remis en question. Et c’est pour ça que c’est tellement important de savoir où est notre identité. Parce que si notre identité est accrochée à des choses qui ne sont pas assez solides, on va forcément s’éloigner de notre cible.

C’est comme un bateau en pleine tempête. Quand il y a la tempête, il est ballonné de tout côtés et qu’on n’y voit rien, c’est compliqué de garder le cap. Il nous faut une boussole et savoir où on veut aller pour ne pas être complètement perdu.

  1. La foi dans ces promesses

Donc, jusqu’ici on a vu qu’il y avait les promesses de Dieu mais que ces promesses étaient souvent attaquées à tel point qu’on a l’impression qu’elles ne vont pas s’accomplir. Mais qu’est-ce qu’il se passe au versets 15 et suivants ? Il y a deux femmes qui se sont levées et qui ont été des outils entre les mains de Dieu pour permettre que sa promesse puisse continuer à s’accomplir. L’histoire de ces deux sage-femmes est intéressante parce qu’elles ont le courage d’agir en opposition avec le monde qui veut détruire ce que Dieu est en train de construire. Et c’est un courage qu’il ne faut pas sous-estimer. Probablement qu’ en faisant cela, elles risquaient leur vie. Mais je vous invite à regarder un peu ce qui leur permet d’agir avec autant de courage. Le texte nous dit que si elles ont agit de cette manière c’est parce qu’elles avaient « la crainte de Dieu » (v. 17). Elles voulaient à tout prix respecter la volonté de Dieu. Elles savaient que Dieu avait promis qu’un descendant d’Abraham allait venir pour les délivrer et pour rétablir une relation pleine et entière avec Dieu. Et c’est ça qui leur a permis de tenir bon. C’est de savoir qu’elles aussi, elles faisaient partie du projet de Dieu. Elles ne voulaient pas être en opposition au projet de Dieu parce qu’elles savaient d’où elles venaient et où elles allaient. Et environ 1500 ans plus tard, Jésus-Christ est venu sur terre en disant : « Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père. Et dès maintenant vous le connaissez, et vous l’avez vu » (Jn 14,6-7). Jésus est celui qui accomplit les promesses de Dieu, il continue à faire grandir le peuple de Dieu, il a rétabli la relation à Dieu à travers sa mort à la croix pour nous et il nous promet un royaume futur (une terre) où il n’y aura plus de tristesse, de souffrance ou de douleur.

Et nous, qu’est-ce qui nous permet d’agir avec courage sur cette terre alors que parfois nous pouvons avoir l’opposition ou les souffrances qui nous entourent ? C’est tout simplement en se rappelant les promesses de Dieu pour nous et en s’appropriant toute l’histoire du peuple de Dieu. En se rappelant que Dieu a réellement agi dans la vie de nombreuses personnes auparavant et que ces personnes n’étaient pas plus saintes ou pieuses que nous. En se rappelant que rien ne peut arrêter le projet de Dieu et que nous n’avons qu’à nous y insérer. Jésus-Christ est mort pour nous, ça veut dire que Dieu a un projet pour chacun de nous. Il savait très bien nos faiblesses, nos péchés, nos difficultés, nos maladies avant de nous appeler. Mais il va nous employer tels que nous sommes pour son royaume. Et un jour, nous serons auprès de lui, dans une relation de communion profonde avec lui, avec un peuple nombreux de toutes nations et de toutes tribus, au nouveau jardin d’Eden : le paradis. Gardons en tête ces promesses de Dieu et ne les oublions jamais !

1 Ce texte est très inspiré de la prédication d’Alexandre Sarran sur Exode 1 : https://www.egliselyongerland.org/blog/post/446, merci à lui.

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