Comme vous le savez sans doute, aujourd’hui c’est mon dernier dimanche en tant que pasteur de Saint-Christol et j’ai beaucoup réfléchi à ce que je pouvais apporter comme dernière prédication. J’avais envie de clôturer ma série sur le Saint-Esprit et il y a plusieurs choses qui me sont venues en tête. En préparant mon départ, j’ai pensé au discours d’adieux de Jésus à ses disciples dans l’évangile de Jean. Dans ces quelques chapitres, il y a tellement de beauté et d’enseignements profonds de ce que Jésus aimerait laisser à ses disciples. Et je vous invite à lire avec moi un court extrait de ce discours d’adieux dans l’évangile de Jean et on va commencer au chapitre 15 à partir du verset 26.
« Quand sera venu le consolateur, que je vous enverrai de la part du Père, l’Esprit de vérité, qui vient du Père, il rendra témoignage de moi; 27 et vous aussi, vous rendrez témoignage, parce que vous êtes avec moi dès le commencement. 16 Je vous ai dit ces choses, afin qu’elles ne soient pas pour vous une occasion de chute. 2 Ils vous excluront des synagogues; et même l’heure vient où quiconque vous fera mourir croira rendre un culte à Dieu. 3 Et ils agiront ainsi, parce qu’ils n’ont connu ni le Père ni moi. 4 Je vous ai dit ces choses, afin que, lorsque l’heure sera venue, vous vous souveniez que je vous les ai dites. Je ne vous en ai pas parlé dès le commencement, parce que j’étais avec vous. 5 Maintenant je m’en vais vers celui qui m’a envoyé, et aucun de vous ne me demande: Où vas-tu? 6 Mais, parce que je vous ai dit ces choses, la tristesse a rempli votre coeur. 7 Cependant je vous dis la vérité: il vous est avantageux que je m’en aille, car si je ne m’en vais pas, le consolateur ne viendra pas vers vous; mais, si je m’en vais, je vous l’enverrai. 8 Et quand il sera venu, il convaincra le monde en ce qui concerne le péché, la justice, et le jugement: 9 en ce qui concerne le péché, parce qu’ils ne croient pas en moi; 10 la justice, parce que je vais au Père, et que vous ne me verrez plus; 11 le jugement, parce que le prince de ce monde est jugé. 12 J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les porter maintenant. 13 Quand le consolateur sera venu, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité; car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu’il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir. 14 Il me glorifiera, parce qu’il prendra de ce qui est à moi, et vous l’annoncera. 15 Tout ce que le Père a est à moi; c’est pourquoi j’ai dit qu’il prend de ce qui est à moi, et qu’il vous l’annoncera. 16 Encore un peu de temps, et vous ne me verrez plus; et puis encore un peu de temps, et vous me verrez, parce que je vais au Père. 17 Là-dessus, quelques-uns de ses disciples dirent entre eux: Que signifie ce qu’il nous dit: Encore un peu de temps, et vous ne me verrez plus; et puis encore un peu de temps, et vous me verrez? et: Parce que je vais au Père? 18 Ils disaient donc: Que signifie ce qu’il dit: Encore un peu de temps? Nous ne savons de quoi il parle. 19 Jésus, connut qu’ils voulaient l’interroger, leur dit: Vous vous questionnez les uns les autres sur ce que j’ai dit: Encore un peu de temps, et vous ne me verrez plus; et puis encore un peu de temps, et vous me verrez. 20 En vérité, en vérité, je vous le dis, vous pleurerez et vous vous lamenterez, et le monde se réjouira: vous serez dans la tristesse, mais votre tristesse se changera en joie. 21 La femme, lorsqu’elle enfante, éprouve de la tristesse, parce que son heure est venue; mais, lorsqu’elle a donné le jour à l’enfant, elle ne se souvient plus de la souffrance, à cause de la joie qu’elle a de ce qu’un homme est né dans le monde. 22 Vous donc aussi, vous êtes maintenant dans la tristesse; mais je vous reverrai, et votre coeur se réjouira, et nul ne vous ravira votre joie. 23 En ce jour-là, vous ne m’interrogerez plus sur rien. En vérité, en vérité, je vous le dis, ce que vous demanderez au Père, il vous le donnera en mon nom. 24 Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom. Demandez, et vous recevrez, afin que votre joie soit parfaite. » (Jean 15,26-16,24)
- Un départ au bon moment ?
Pour mieux comprendre l’enjeu de ce passage qu’on vient de lire, j’aimerais qu’on repense rapidement à tout ce que Jésus avait vécu pendant environ environ trois ans de ministère. Dans les évangiles, on voit que les douze disciples l’avaient suivi un peu partout, que Jésus avait enseigné à de nombreuses reprises un peu partout en Israël, qu’il y avait une foule qui l’avait acclamé lorsqu’il était arrivé à Jérusalem mais on voit aussi que tout était extrêmement instable. Quand on regarde les interactions de Jésus avec ses disciples on voit qu’ils n’ont rien compris à une grande partie de ce qu’il avait enseigné, ils se battaient encore pour savoir qui était le plus grand, ils n’avaient aucune compréhension du royaume spirituel que Jésus annonçait, ils étaient accrochés à une certaine forme de Jésus, à une certaine manière de faire le ministère et ils n’étaient pas prêts à vivre autre chose. Et si on regarde la foule, c’est exactement la même chose. Ils acclamaient Jésus parce qu’ils attendaient certaines choses de sa part, mais dès qu’ils ont vu qu’il ne répondait pas à leur attentes, ils ont préféré le crucifier. Et en fait, quand on regarde le ministère de Jésus d’un point de vue humain on se dit que c’est le pire moment pour partir. On a l’impression que la mort de Jésus à ce moment-là va détruire tout ce qu’il a construit en trois ans. Et d’ailleurs, quand Jésus est mort, ses disciples étaient enfermés et apeurés, on a l’impression que tout va disparaître. Mais que fait Jésus à ce moment-là ? Il s’arrête avec ses disciples, il leur donne un dernier enseignement, il leur fait vivre la sainte-cène et il prie avec eux. Il sait que son heure est venue mais il aimerait laisser à ses disciples ce qu’il y a de plus important. Il n’est même pas inquiet pour ses disciples qui vont se retrouver seuls et va même jusqu’à annoncer qu’il est avantageux pour les disciples qu’il s’en aille (v. 7). En fait, ce que Jésus dit c’est qu’il y a deux choses qui changent tout : sa résurrection d’entre les morts (Jn 16,16) et la venue de l’Esprit-Saint (Jn 16,7). S’il n’y avait pas ces deux choses, le départ de Jésus (sa mort) aurait été une catastrophe et tout ce serait arrêté là. Mais pour qu’il y ait la résurrection de Jésus et la venue du Saint-Esprit, Jésus devait d’abord passer par la mort.
Pour illustrer cela, la Bible dit que Jésus, sa mort et sa résurrection sont les fondations de l’Église, la pierre dans l’angle qui fait tenir tout l’édifice solidement1. On ne peut pas l’enlever sans tout faire s’écrouler. Et la Bible dit quec’est sur ce fondement que l’Esprit-Saint va construire l’Église. Mais vous comprenez sans doute que s’il n’y a pas l’Esprit-Saint, on se retrouve avec des fondations magnifiques mais avec rien dessus. Et s’il n’y a pas la résurrection du Christ, ça ne sert à rien de construire parce qu’il n’y a pas de fondations.
Alors, bien sûr, en disant cela je ne veux pas me comparer à Jésus ni dire que l’Église de Saint-Christol est comme les disciples qui n’ont rien compris à ce que j’ai dit, ni qu’on va vouloir me tuer. Mais c’est vrai qu’en deux ans de ministères à Saint-Christol, j’ai encore envie de vivre beaucoup de choses avec vous. Il y a encore plein de choses que je voulais partager, certaines choses que je vois qui sont en train de germer et que j’aimerais tellement accompagner. À cause de ça, on m’a souvent demandé si j’étais sûr que c’était le moment de partir et j’ai toujours répondu que je suivais le chemin que Dieu m’avait indiqué dans la prière. Et ce passage qu’on a lu ce matin m’a encore rassuré par rapport à ça, parce que ça m’a rappelé que je ne suis pas indispensable pour l’Église et qu’il n’y a que deux choses qui sont indispensables pour construire l’Église : la mort et la résurrection de Jésus et l’Esprit-Saint. L’Église n’est pas construire sur Lucas, elle est construite sur Jésus-Christ.
- Ce que le Saint-Esprit accomplit
Ça nous pose la question : à quoi sert l’Esprit-Saint, qu’est-ce qu’il fait ? Je vous invite à relier ce passage à la maison parce qu’il est tellement riche et on voit tellement de choses sur le Saint-Esprit qu’on arrivera pas à tout décortiquer :
- Mais déjà ce qu’on peut dire c’est qu’au verset 26 du chapitre 15 l’Esprit-Saint est le « consolateur ». Il agit dans nos moments de deuil et de difficultés, c’est lui qui nous aide à traverser des situations de transition qui ne sont pas toujours évidentes. Mais ce qu’il faut savoir c’est que ce mot « consolateur » veut surtout dire « avocat » en grec(c’est le même mot qui est employé en 1 Jn2,1). Comme le dit Jésus, c’est lui qui rendra témoignage de Jésus en disant la vérité (v. 26-27). Mais c’est aussi lui qui plaide pour nous. Devant le tribunal de Dieu, c’est lui qui plaidera notre cause et qui affirmera que l’on est justifié parce qu’on a placé sa foi en Jésus-Christ.
- Au chapitre 16, verset 8 on voit que l’Esprit convainc le monde de péché, de justice et de jugement (v. 8-10). C’est-à-dire que son rôle est de montrer au monde qu’il est pécheur, qu’il mérite le jugement de Dieu mais aussi que Jésus est juste et qu’il a vaincu le mal. C’est lui qui nous montre qu’on a besoin de Dieu parce qu’on s’est éloigné de lui à cause de tout le mal qu’on a fait. C’est lui qui nous montre que seule la justice de Jésus peut nous purifier de ce mal et c’est lui qui nous donne la victoire dans nos combats spirituels. En fait, sans l’Esprit, nous ne pourrions pas du tout témoigner autour de nous parce que c’est lui qui convainc les coeurs, nous ne pourrions même pas avancer dans notre vie chrétienne et nous détacher de nos péchés parce que c’est lui qui nous montre quels sont nos péchés.
- Aux versets 13-15 on voit que l’Esprit-Saint nous rappelle également tout ce que Jésus a enseigné. Je l’ai déjà souligné dans une dernière prédication mais l’Esprit n’agit pas sans la Bible (donc quand je dis qu’on n’a besoin que de la résurrection du Christ et de l’Esprit, ça inclut la Bible qui est l’oeuvre de l’Esprit) et donc, son but est de tourner nos regards vers Jésus. En fait, le but de l’Esprit-Saint n’est pas de se glorifier, ou de se mettre en avant mais de mettre Jésus en avant. Quand l’Esprit agit réellement dans une Église, d’une certaine manière on devrait moins parler de lui et plus parler de Jésus. Ça devrait nous conduire dans une adoration toujours plus grande de Jésus et de ce qu’il a fait pour nous sur la croix.
En voulant trouver un exemple pour illustrer ce que fait l’Esprit-Saint dans ce passage, je me suis dit que l’Esprit-Saint était notre carburant, c’est lui qui nous permet d’avancer. Mais après, je me suis dit que c’était réducteur parce qu’il était aussi notre avocat. Donc je me suis dit, qu’il était aussi le meilleur contrat d’assurance qu’on pourrait avoir et qui pourra nous protéger en cas d’accident. Et puis après je me suis rappelé qu’il nous dirigeait aussi vers Jésus, c’est lui notre GPS. En fin de compte, c’est un peu comme si Jésus était la voiture mais que l’Esprit était l’essence, le contrat d’assurance et le GPS. Sans l’un ou l’autre on n’irait pas très loin.
Vous comprenez maintenant pourquoi Jésus n’avait pas peur pour ses disciples et pourquoi il disait qu’il était avantageux pour nous qu’il s’en aille ? Si Jésus n’était pas parti, les disciples auraient continué à regarder la voiture sans pouvoir l’employer et sans savoir où aller.
- Le retour de Jésus
Mais en ayant dit tout cela, Jésus dit aussi qu’il va revenir. Oui son départ est triste, ses disciples vont pleurer, ils vont parfois avoir le sentiment d’avoir été abandonnés, impuissants et dans la tourmente mais cette tristesse va conduire à beaucoup de joie et de réconfort. En disant cela, Jésus annonçait à la fois sa résurrection et son retour dans la gloire à la fin des temps. Si vous lisez le passage attentivement, vous verrez que c’est assez difficile de savoir quand est-ce que Jésus parle de sa résurrection et quand est-ce qu’il parle de sa seconde venue. Je pense que c’est fait exprès pour soutenir ses disciples après sa mort mais aussi l’Église toute entière jusqu’à son retour. Il veut nous rappeler que nous passerons par des temps difficiles (il l’avait déjà dit en Jn 16,1-4) mais qu’il y aura un jour glorieux où Jésus reviendra et fera toutes choses nouvelles. Il n’y aura plus de maladie, plus de mort, plus de tristesse, plus de guerre ni de haine mais Dieu nous donnera une joie complète en exerçant un jugement parfait et juste. Ça sera tellement beau qu’on ne se rappellera plus des difficultés passées.
Jésus dit que c’est comme une femme qui accouche. Elle souffre mais à la naissance c’est comme si elle avait oublié tout ce qu’elle a dû traverser. La bénédiction qui en est ressortie est tellement grande qu’elle nous fait relativiser les douleurs que l’on a traversé.
C’est comme ça dans toutes les difficultés ou transitions de notre vie : que ce soit lorsqu’on traverse une maladie, lorsqu’un proche meurt ou lorsqu’on vit des transitions comme le fait qu’un pasteur parte ou qu’un autre arrive, lorsqu’il y a une nouvelle personne qui entre dans la famille, que ce soit un bébé ou un gendre, mais aussi dans les transitions plus complexes où l’on perd nos capacités physiques par exemple. C’est normal d’avoir de la peine à vivre ces transitions et ces difficultés, nous dit Jésus, c’est normal de pleurer mais il faut se rappeler qu’un jour, que ce soit dans cette vie ou quand Jésus reviendra, nous aurons une joie complète malgré le fait de traverser ces épreuves. De la même manière, je vais partir mais ce que j’aimerais vous laisser c’est que l’Église n’est jamais construite sur moi, elle est fondée sur Jésus-Christ. J’aimerais qu’on garde les yeux rivés sur lui, qu’importe ce qui arrivera dans l’année qui vient, j’aimerais qu’on l’adore et le remercie de tout coeur.
1Cette illustration a été reprise de cette prédication : https://www.egliselyongerland.org/blog/post/41



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