Bonjour à tous! Ça me fait plaisir d’être de retour parmi vous après ces deux semaines de vacances. Ce temps à part m’a été vraiment très bénéfique et j’ai eu plein de choses que je voulais partager avec vous par rapport à la vie de l’Esprit. Seulement, quand je suis rentré à Saint-Christol, j’ai entend beaucoup de nouvelles difficiles de la part de différentes Églises autour de nous. J’ai été affligé de voir l’état de nos Églises en Occident: entre la politisation malsaine de l’Église aux États-Unis, le manque de sanctification et de zèle dans les Églises en France, la pénurie de pasteur en France, les conflits qui naissent dans les Églises et toutes les histoires d’abus sexuels qui sortent en ce moment-même dans de nombreuses Églises. Vous savez, on a l’impression d’être un peu une exception à Saint-Christol, parce qu’on va vivre une transition où on va se retrouver sans pasteur. Mais en fait, ce sont toutes les unions d’Églises protestantes et même les catholiques qui traversent des transitions difficile et importantes en ce moment. On n’est pas un exception. En réfléchissant à tout ça, j’ai passé pas mal de temps dans la prière devant Dieu en disant: Seigneur, pourquoi? Je ne comprends pas ce qu’il se passe! J’étais las, et je ne savais plus sur quoi prêcher ce dimanche. Qu’est-ce qui est vraiment important qu’on médite pour que l’on avance par l’Esprit? Et pendant cette période un peu difficile, j’ai reçu la prédication que Maël va faire la semaine prochaine sur l’histoire d’Israël qui part d’Égypte et qui se retrouve coincé par la mer des Joncs autour de lui et avec l’armée Égyptienne qui avance derrière lui. Et ça m’a frappé parce qu’on parle beaucoup de la vie de l’Esprit mais on oublie souvent de dire qu’une des manières de faire de Dieu est souvent de nous amener face à un mur. Dieu a cette tendance à nous amener à des endroits inconfortables où l’on se retrouve coincé pour que l’on soit obligé de placer notre confiance en Dieu. L’impression que j’ai aujourd’hui c’est que Dieu amène son Église en Occident et en particulier en France face à un mur où il nous laisse le choix: soit on choisit la facilité, on fait demi-tour et on revient à ce qu’on a toujours connu (qui était peut-être la volonté de Dieu à une époque, comme ça l’était qu’Israël aille en Égypte, mais qui n’est plus le plan de Dieu pour aujourd’hui) soit on traverse ce mur en s’appuyant sur Dieu. Dans ces moments de transition, le message de Dieu a toujours été le même: « fortifie-toi et prend courage ». Et le passage que j’ai voulu vous partager ce matin, nous montre ce que se fortifier implique. Je vous invite donc à ouvrir vos Bibles à l’épitre aux Éphésiens 6,10-20:
Au reste, fortifiez-vous dans le Seigneur, et par sa force toute-puissante. 11 Revêtez-vous de toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir tenir ferme contre les ruses du diable. 12 Car nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes. 13 C’est pourquoi, prenez toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir résister dans le mauvais jour, et tenir ferme après avoir tout surmonté. 14 Tenez donc ferme: ayez à vos reins la vérité pour ceinture; revêtez la cuirasse de la justice; 15 mettez pour chaussure à vos pieds le zèle que donne l’Évangile de paix; 16 prenez par-dessus tout cela le bouclier de la foi, avec lequel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du malin; 17 prenez aussi le casque du salut, et l’épée de l’Esprit, qui est la parole de Dieu. 18 Faites en tout temps par l’Esprit toutes sortes de prières et de supplications. Veillez à cela avec une entière persévérance, et priez pour tous les saints. 19 Priez pour moi, afin qu’il me soit donné, quand j’ouvre la bouche, de faire connaître hardiment et librement le mystère de l’Évangile, 20 pour lequel je suis ambassadeur dans les chaînes, et que j’en parle avec assurance comme je dois en parler. (Éphésiens 6,10-20)
Aujourd’hui, je vous propose de faire une prédication un peu différente de ce dont on a l’habitude. D’ordinaire, j’essaie de communiquer une idée principale sur le texte mais ce matin, je vous invite à étudier avec moi chaque verset individuellement.
v. 10: Comment est-ce que l’on peut faire pour traverser cette mer? La réponse est toute simple: il faut se fortifier. C’est-à-dire qu’il nous faut grandir en force, mais pas en force humaine ou dans nos propres capacités, il nous faut nous fortifier dans le Seigneur et dans sa force souveraine (littéralement). Il nous faut continuellement puiser nos forces en Dieu. D’ailleurs le chapitre trois nous le rappelait déjà puisque Paul priait que l’on soit « puissamment fortifiés par son Esprit dans l’homme intérieur » (Ép 3,16)1. Cette force grandissante ne peut venir que de Dieu par l’Esprit-Saint.
v. 12: Mais pourquoi avons-nous donc besoin d’une force divine? C’est justement parce que le combat n’est pas contre la chair et le sang! C’est super important pour nous de comprendre cela. En tant qu’être humains, fait de chair, on a cette tendance à oublier que dans chacun de nos combats et défis, il y a une réalité spirituelle qui est bien présente et un enjeu puissant. C’est comme lorsque Job était malade, attaqué, moqué et critiqué, il y avait bien un combat de titan entre Dieu et Satan. Il y a un enjeu spirituel très fort dans chacun de nos combat.
v. 11: Mais à quoi est-ce que ça ressemble de se fortifier dans le Seigneur et par l’Esprit? Le texte grec semble faire un jeu de mot où le mot « se fortifier » et « revêtir » sont quasiment identique. C’est pour nous montrer qu’en fait, se fortifier signifie « se revêtir » des armes de l’Esprit. Je vous invite donc maintenant à regarder les différentes armes que Dieu nous donne, en commençant du haut vers le bas.
Le casque du salut: Le premier point du combat spirituel: si vous avez donné votre vie au Christ, ne doutez jamais de votre salut. Le salut n’est pas quelque chose que vous devez gagner mais quelque chose que vous avez reçu. On perd parfois ça de vue et on cherche parfois à faire plein de choses pour se rassurer sur le fait qu’on va être sauvés. Le problème c’est que du coup, on ne fait plus les choses pour Dieu, on les fait pour se rassurer. Donc la première étape du combat spirituel est de se rappeler du salut de Dieu, de se rappeler qu’il est victorieux par se qu’il a fait à la croix. Le chapitre 1 nous le rappelle d’une manière admirable: « [Dieu a déployé sa force] en Christ, en le ressuscitant des morts, et en le faisant asseoir à sa droite dans les lieux célestes, 21 au-dessus de toute domination, de toute autorité, de toute puissance, de toute dignité, et de tout nom qui se peut nommer, non seulement dans le siècle présent, mais encore dans le siècle à venir. 22 Il a tout mis sous ses pieds, et il l’a donné pour chef suprême à l’Église, 23 qui est son corps, la plénitude de celui qui remplit tout en tous. » (Ép 1,10-23). Christ a autorité sur toute situation que l’on peut traverser. Par sa mort à la croix et par sa résurrection, Jésus-Christ est vainqueur sur tous les combats que l’on peut avoir dans notre vie.
La cuirasse de la justice: Après avoir reçu le salut, Dieu nous donne sa justice. Lorsque Dieu nous regarde, ce qu’il voit c’est la justice de Christ et pas nos péchés. C’est cette justice qui nous conduit à faire des oeuvres justes et saintes.
Le bouclier de la foi: Après la cuirasse de la justice, on reçoit le bouclier de la foi. La foi est la confiance en Dieu. Elle nous permet d’arrêter tous les traits enflammés de Satan parce qu’elle permet qu’on aie confiance en ce que Dieu nous dit. Par elle, on peut traverser la mer parce qu’elle permet qu’on ne s’appuie pas sur nos propres forces mais sur Dieu lui-même, l’objet de notre foi.
La ceinture de la vérité: On arrive maintenant à ma partie préférée de l’armure du chrétien: la ceinture de la vérité! Cette ceinture veut que toute notre vie soit définie par la vérité. C’est-à-dire à la fois par le fait de partager l’Évangile de vérité (Ép 1,13) mais aussi de marcher dans la lumière (Ép 5,9). En fait, lorsqu’une Église, un couple ou une famille vit dans la médisance, lorsqu’elle parle dans le dos de quelqu’un, lorsqu’elle cache la vérité, d’une certaine manière elle a déjà perdu le combat. Bien sûr, ça ne veut pas dire qu’il faille tout dire à tout le monde, mais le problème est plutôt quand on cache délibérément. Ce qui est particulièrement intéressant c’est que dans la Bible, lorsque l’on met quelque chose à ses reins c’était le plus souvent pour cacher ses parties intimes. On a naturellement envie de cacher notre vie privée, notre vie intime en mentant. Mais se passage nous dit que ce qui nous fera vraiment sentir en sécurité c’est de vivre dans la vérité. D’ailleurs dans les engagements de mariage, il est courant de demander à marcher dans la vérité. Quel bel engagement! Puissions-nous être un peuple qui marche dans la vérité. C’est cela qui nous permettra de construire solidement.
Les chaussures du zèle: Le zèle est un mot qu’on emploie de moins en moins mais ça veut tout simplement dire « motivation ». C’est l’envie de tout donner pour le Christ C’est ça qui va nous permettre d’avancer vite, de courir sans se faire trop mal aux pieds. Si l’on n’a pas le zèle on va probablement avancer très lentement de peur de se faire mal.
L’épée de l’Esprit: C’est la première arme offensive. On l’a déjà vu dernièrement: l’Esprit peut employer plein de choses pour nous parler mais il emploie principale la Parole de Dieu, la Bible. Cette Parole est plus tranchante qu’une épée à double tranchant, elle sépare la jointure et la moelle (Hé 4,12). Ça nous appelle à la lire, à l’aimer et à la méditer parce qu’on sait que ce n’est que ça qui va nous permettre d’avancer et ce n’est que par elle que le monde va croire en Dieu.
La prière par l’Esprit: On arrive enfin à la prière. Il y aurait beaucoup de choses à dire. Paul nous encourage à faire toute sortes de prières, en toute occasion (littéralement), c’est-à-dire lorsqu’on va bien, lorsqu’on va mal, lorsqu’on vit une transition, lorsqu’on est installé, etc, mais toujours « par l’Esprit » (v. 18)! Il nous appelle aussi à prier pour les saints. À chercher à comprendre leurs besoins et à persévérer. Ça veut dire que l’on n’aura pas toujours envie mais qu’il faut continuer à tenir bon, même lorsqu’on va mal. En fait, Paul nous dit que l’on pourra dépasser les murs de notre vie que par la prière. C’est cela qui nous permettra de témoigner, comme Paul le demandait.
Pour conclure, j’aimerais simplement vous dire ceci: si dans votre vie vous êtes face à un mur, à une grande mer que vous n’arrivez pas à traverser, rappelez-vous que Christ est victorieux et qu’il nous donne sa victoire. Si Dieu vous place à cet endroit, peut-être que c’est parce qu’il veut vous apprendre à dépendre complètement et entièrement de lui. Alors, fortifiez-vous, prenez les armes de Dieu et allez de l’avant. Dieu vous appelle à être ses soldats dans la foi.
- Ici le verbe grec employé est un autre mais le sens reste le même. ↩︎



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