Ce dernier article que j’ai rédigé m’a incité à écrire une prédication sur le sujet (vous pouvez la retrouver ici). Lors de la mise par écrit de mes pensées, une chose m’a tout de suite frappé : nous avons une connotation négative des mots comme « Loi » ou « commandements », mais pourquoi ? Ces mots évoquent l’idée d’obligation et l’obligation évoque l’idée de perte de la liberté. En France, où nous aimons notre liberté, la création de nouvelles lois passe plutôt mal. Toutefois, à la base d’une loi l’idée est de nous aider à vivre ensemble et à grandir dans la bonne direction. Alors pourquoi est-ce que c’est devenu un si grand problème?
C’est en partie à cause de philosophes comme Jean-Jacques Rousseau qui pensaient que l’homme était naturellement bon1. Ses écrits affirment ainsi que si l’on lâchait l’homme dans la nature il serait « mieux » qu’un homme atteint par le fléau de la civilisation. Pour lui, ce qui corrompt la race humaine est la société ou la civilisation. L’homme devrait donc plutôt essayer de vivre comme étant autonome, sans aucun lien avec les autres. L’homme naturel doit choisir ses « contrats sociaux » par lui-même et tout ce qui lui est imposé le rend mauvais. L’homme est appelé à se construire lui-même et les relations qui conduisent à une obligation non choisie (la relation parents-enfants, le mariage, l’Église) devraient être abolies. Cette philosophie l’a d’ailleurs conduit à abandonner ses propres enfants.
Bien sûr, on pourrait se demander comment est-ce que « l’homme naturellement bon » de Rousseau en est arrivé là. S’il était bon alors comment aurait-il pu imposer sa volonté aux autres ? Cette question se pose autant à Rousseau personnellement où sa philosophie a été imposée à ses enfants, mais aussi à l’homme tel qu’il est imaginé au commencement. La philosophie de Rousseau ne tient pas et de plus, elle ne correspond pas à ce que nous voyons autour de nous. Le péché et le mal sont ancrés dans le cœur même des nourrissons et les animaux sauvages sont… sauvages, justement.
Alors que pense la Bible de l’homme libre ? L’idée d’un homme autonome est complètement absente des Écritures Saintes parce que l’homme a été créé pour vivre en communion avec Dieu. Ainsi, l’être humain est toujours en recherche de sens plus grand que lui. Paul le présente de cette manière: soit l’homme est esclave de Dieu, soit il est esclave du péché (Cf Rm 6). La liberté de l’homme telle qu’elle est généralement conçue est une illusion. C’est d’ailleurs ce que nous avons essayé de prouver dans notre article précédent. La vraie liberté, celle que décrit la Bible, n’est pas de vivre indépendamment de toutes choses mais de vivre pour Dieu et d’être délivré de l’emprise du péché. La liberté est de ne plus être sous la domination du mauvais maître mais de finir sous la domination du bon maître qui s’occupe et prend soin de nous. L’amour sacrificiel du Christ nous libère de l’égocentrisme et du mal pour nous tourner vers Dieu. La croix nous rétablie dans notre communion avec Dieu, celle pour laquelle nous avons été créé. Voilà donc la vraie liberté, de vivre ce pour quoi nous avons été créés !
1 Je tire l’essentiel de mes idées sur cette partie de PEARCEY Nancy, Total Truth, Liberating Christianity from its Cultural Captivity, Crossway Books, Wheaton, Illinois, 2004, p. 137-142.




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