Annoncer la résurrection, Marc 15,42 à 16,8

La semaine dernière, nous avons lu le récit de Jésus qui entre à Jérusalem et qui est acclamé par les foules. Mais plutôt que de répondre aux attentes de tout le monde, Jésus a choisi d’accepter l’humiliation et la mort sur la croix pour nous. Vendredi soir, nous avons vécu une partie de ce moment si douloureux pour Jésus. Il a été moqué, battu, injurié pour nous. Et il est mort sur la croix. Mais Christine avait terminé en disant que ce n’était pas la fin de l’histoire. Pendant toute la journée de samedi, il ne se passe rien de spécial mais le dimanche matin, tout change. Alors, je vous invite à ouvrir vos Bibles dans l’évangile de Marc au chapitre 15 pour lire la suite de cette histoire. Nous lisons donc Marc 15,42-16,8.

42 Le soir venu – c’était le jour de la préparation, c’est-à-dire la veille du sabbat – 43 Joseph d’Arimathée arriva. C’était un membre éminent du Grand-Conseil qui, lui aussi, vivait dans l’attente du royaume de Dieu. Il eut le courage de se rendre chez Pilate pour lui demander le corps de Jésus. 44 Pilate fut surpris d’apprendre que Jésus était déjà mort. Il fit appeler l’officier de service et lui demanda s’il était mort depuis longtemps. 45 Renseigné par le centurion, il autorisa Joseph à disposer du corps. 46 Celui-ci, après avoir acheté un drap de lin, descendit le corps de la croix, l’enveloppa dans le drap et le déposa dans un tombeau taillé dans le roc. Puis il roula un bloc de pierre devant l’entrée du tombeau. 47 Marie de Magdala et Marie, mère de Joses, regardaient où il le mettait. 16 Quand le sabbat fut passé, Marie de Magdala, Marie mère de Jacques, et Salomé achetèrent des huiles aromatiques pour aller embaumer le corps de Jésus. Il était encore très tôt, le dimanche matin, lorsqu’elles arrivèrent au tombeau. Le soleil se levait. En chemin, elles s’étaient demandé les unes aux autres : Qui nous roulera la pierre qui ferme l’entrée du tombeau ? Or, en levant les yeux, elles s’aperçurent que la pierre avait été roulée sur le côté, et c’était un bloc énorme. Elles pénétrèrent dans le caveau et virent, assis du côté droit, un jeune homme vêtu d’une robe blanche. Elles furent saisies de frayeur. Mais le jeune homme leur dit : N’ayez pas peur ! Vous cherchez Jésus de Nazareth, celui qui a été crucifié ? Il est ressuscité, il n’est plus ici. Voyez l’endroit où on l’avait déposé. Et maintenant, allez annoncer à ses disciples, et aussi à Pierre, qu’il vous précède en Galilée ; c’est là que vous le verrez, comme il vous l’a dit. Elles se précipitèrent hors du tombeau et s’enfuirent, toutes tremblantes et bouleversées. Elles ne dirent rien à personne, tant elles étaient effrayées. (Marc 15,42-16,8)

  1. La mort de Jésus

Comme on l’a vu la semaine dernière, Jésus n’a pas répondu aux différentes attentes. Joseph d’Arimathée était quelqu’un qui « attendait aussi le royaume de Dieu » (v. 43). Il avait vu en Jésus un grand homme, celui qui devait faire venir le royaume de Dieu. Mais il est confronté à la mort de Jésus, à son humiliation et il se dit qu’il n’y a rien de bon qui peut sortir de cette mort. Tout semble fini, alors il veut au moins honorer la mort de Jésus. Après ça, on voit que Marie-Madelaine, Marie et Salomé essaient à leur tour d’honorer la mort de Jésus. À elles aussi, ça leur semble impossible qu’il y ait quelque chose d’autre qui arrive après la mort de Jésus ! Elles avaient entendu Jésus parler du fait qu’il allait mourir et que trois jours après il allait ressusciter, elles ont vu la résurrection de Lazare quelques temps auparavant mais rien de tout ça ne les conduit à penser qu’il peut y avoir quelque chose après la mort, que Dieu peut diriger toutes choses malgré les souffrances et les difficultés.

On avait vu la semaine dernière que la mort, les épreuves et les souffrances étaient souvent considérées comme des échecs. Comme si tout s’arrêtait à ces difficultés ou à la mort. Mais la Bible nous dit plutôt que ce qu’on considère comme une mort intérieur peut aussi nous amener à une vie complètement nouvelle, qu’accepter de se défaire de toutes nos mauvaises actions ou mauvaises pensées 

Et je reprends l’image que j’avais employé la semaine dernière. On est souvent comme des chenilles qui ne veulent pas se transformer en papillons parce que l’on n’a pas envie de changer notre identité. Ou encore comme un arbre qui ne veut pas perdre ses feuilles et ses fleurs pour se préparer à l’hiver. On essaie de résister le plus longtemps à l’hiver, parce qu’on n’arrive pas à voir que le printemps va venir. C’est comme si on s’obligeait à rester dans un automne infini parce qu’on n’ose pas traverser l’hiver. Jésus, quant à lui, n’a pas refusé de passer par ces épreuves et cette mort. Si bien que la Bible nous dit qu’il a « appris, bien qu’il fût le Fils, l’obéissance par ce qu’il a souffert » (Hb 5,7-8). 

  1. La crainte de parler

Mais l’histoire ne s’arrête pas là ! Les évangiles nous racontent que Jésus est ressuscité d’entre les morts. Et Marc, l’auteur de ce livre, nous demande comment est-ce qu’on réagirait à une telle nouvelle. Je ne sais pas si vous avez remarqué mais dans la plupart des Bibles les versets suivants sont entre crochets. Je vous invite à regarder chez vous dans vos Bibles et les annotations qu’il y a à ce sujet, mais en fait ces versets sont entre crochets parce que les manuscrits les plus anciens de l’Évangile de Marc ne l’ont pas. C’est un des deux seuls endroits de la Bible où l’on sait que ce paragraphe a été probablement rajouté par des scribes qui étaient gênés par la fin de l’Évangile de Marc. Et c’est clair que ça pose question. S’il n’y a pas les versets 9 et suivants dans l’Évangile de Marc, ça veut dire que l’Évangile se termine avec le verset 8 qui dit : « Elles sortirent du tombeau et s’enfuirent tremblantes et hors d’elles-mêmes mais elles ne dirent rien à personne à cause de leur effroi » (v. 8). Qu’est-ce que ça veut dire ? En fait, Marc veut finir l’Évangile comme ça pour nous choquer et nous poser une question : est-ce que vous, vous considérez Jésus comme le fils de Dieu et qu’allez-vous en faire ? Est-ce que vous êtes trop effrayés pour parler de ça à vos amis et à votre entourage ? Comment réagissez-vous à la résurrection de Jésus ? Ces femmes  au tombeau étaient sous le choc, elles ne savaient pas comment réagir. Peut-être même qu’elles doutaient des paroles de l’ange, ou qu’elles avaient peur d’être incomprises ou considérées comme folles parce qu’à l’époque, le témoignage d’une femme n’était pas considéré comme étant fiable. Et c’est d’ailleurs ce qui s’est passé. L’Évangile de Luc nous raconte ça avec beaucoup de réalisme : « Du tombeau elles s’en retournèrent pour annoncer tout cela aux onze et à tous les autres. C’étaient Marie-Madelaine, Jeanne, Marie (mère) de Jacques ; et les autres avec elles le dirent aux apôtres ; mais ces paroles leur apparurent comme une niaiserie et ils ne crurent pas ces femmes » (Lc 24,9-11). Voilà ce qui peut expliquer une partie de la peur des femmes de raconter ce qu’elles ont vu et entendu.

Mais ce verset de l’Évangile de Marc a d’abord été écrit pour nous confronter nous avec notre manque de zèle et de joie pour partager cette bonne nouvelle qui change tout. Souvent on peut être bloqués dans le fait de parler de la résurrection du Christ aux personnes qui nous entourent parce qu’on a peur des réactions, on a peur d’être considéré comme un fou ou un extrémiste qui croit aux miracles. On a peut-être aussi peur de devoir changer qui l’on est. Alors que si Christ est ressuscité ça change toute notre compréhension du monde autour de nous ! Si Christ est bien ressuscité, alors ça veut dire que la vie sur terre n’est pas tout ce qu’il y a. Si Christ est ressuscité, ça veut dire que Dieu existe, ça veut dire que ce que Jésus a dit est vrai, ça veut dire que la mort est vaincue et qu’il existe quelqu’un qui est plus fort que la mort. La mort n’a pas le dernier mot, puisque Jésus a lui-même vaincu la mort. Ça veut dire que nous sommes appelés à nous tourner vers l’éternité.

C’est comme lorsque Christophe Colomb est allé aux Amériques et qu’il est revenu. En faisant cela, il a ouvert une voie pour des milliers de personnes qui sont allés aux Amériques après lui. Il a montré, que l’océan Atlantique ne s’arrêtait pas dans un vide mais qu’il existe bien un continent de l’autre côté de l’océan. Avant ça, tout le monde considérait cette idée comme de la folie. Ce n’est que quand il est revenu qu’il a montré qu’il y avait un chemin possible.

  1. Dépasser la crainte de parler de l’Évangile

Mais là où tout ça devient magnifique c’est qu’on sait que les femmes ne se sont pas arrêtées à leur silence et à leur incertitude. Elles ont réussi à en parler avec les disciples, mais là où tout a complètement changé c’est lorsqu’elles ont rencontré Jésus lui-même. On le voit bien dans l’Évangile de Jean où Marie reste au tombeau vide à pleurer et que sa rencontre avec Jésus-Christ ressuscité a tout changé, si bien qu’elle va annoncer la résurrection du Christtout de suite aux disciples. En fait, les choses changent dans notre vie lorsque nous passons de l’annonce que Christ est ressuscité à la rencontre personnelle avec Dieu.

C’est une chose que de lire sur notre star préférée mais c’est une autre chose que de le rencontrer personnellement. Il y a certaines personnes qui se sont lancé dans une carrière de football ou de musique suite à la rencontre avec leur joueur ou musicien préféré.

De notre côté, la question se pose : comment pouvons-nous vivre notre vie spirituelle ? Comment pouvons-nous dépasser notre tristesse de la mort, de nos épreuves, de nos difficultés ? Nous avons exactement la même solution que celle que nous venons de lire : rencontrer le Christ ressuscité dans nos vies. Alors, bien sûr, ça ne sera peut-être pas aussi dramatique que la la conversion de Paul. Mais rencontrer Jésus personnellement, ça veut dire premièrement, reconnaître qu’il est encore en vie et qu’il a vaincu la mort, mais ça veut aussi dire de lui laisser la place dans nos vies et dans nos coeurs. Peut-être qu’en étant chrétien, on a rencontré Jésus personnellement mais que ça fait longtemps qu’on ne s’est pas arrêté pour être réellement disponibles et à son écoute et que Jésus et sa résurrection est devenu une annonce un peu théorique plus que vivante. Peut-être que si l’on ne partage plus trop l’Évangile c’est qu’il nous manque cette relation vivante et vibrante avec le Christ. 

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