Comment avoir des relations saines? Colombiens 3,6-17

Vous vous rappelez peut-être que ça fait un petit moment que j’aimerais prêcher sur la vision d’Église. Il y a quelques années, vous avez choisi d’être une Église qui vit un relationnel fort, une vie de prière intense, un témoignage dans la cité et une vie de discipulat profonde. Pendant la fin de l’année dernière j’ai essayé de mettre l’accent sur la vie de disciple de Christ. C’est pour ça qu’on a reçu Donald Cobb pour parler du discipulat. On va continuer à avancer sur ce sujet mais j’aimerais maintenant qu’on évoque un sujet qui découle de la vie de disciple c’est celui de la communauté chrétienne. Et c’est le premier point de notre vision d’Église. Vivre des relations est peut-être une des choses les plus complexes qui existe au monde. Parce que, plus on passe du temps avec les autres, et plus on est confrontés à leurs problèmes et aux nôtres. Certaines études en France montrent qu’environ un mariage sur deux finit en divorce1. En France, plus de 12 % des personnes se trouvent en situation d’isolement personnel et un sur trois des jeunes actifs2. Les relations sont parfois complexes entre les parents et les enfants, ou même avec les autres personnes dans l’Église. Parfois, on a des attentes non verbalisées pour les autres et du coup on s’énerve quand ils ne les réalisent pas. Parfois, on garde de la rancune pendant des années contre une personne sans qu’elle ne sache et ça explose à un moment donné. Parfois on se base plus sur des préjugés ou des ouïs-dire que sur la réalité. Alors, je vous pose cette question : comment arriver à avoir des relations solides et stables ? Comment en tant que chrétiens pouvons-nous vivre un témoignage profond à ce sujet ? Il y a beaucoup de personnes qui sont chrétiennes mais qui ont arrêté d’aller à l’Église parce qu’elle y ont vu autant de problèmes relationnels dans l’Église qu’à l’extérieur. C’est tellement important de vivre des relations saine parce que ça montre ce que l’on a vraiment compris de la Bible et de l’amour de Dieu pour nous.

« C’est à cause de ces choses que la colère de Dieu vient sur les fils de la rébellion, parmi lesquels vous marchiez autrefois, lorsque vous viviez dans ces péchés. Mais maintenant, renoncez à toutes ces choses, à la colère, à l’animosité, à la méchanceté, à la calomnie, aux paroles déshonnêtes qui pourraient sortir de votre bouche. Ne mentez pas les uns aux autres, vous étant dépouillés du vieil homme et de ses oeuvres, 10 et ayant revêtu l’homme nouveau, qui se renouvelle, dans la connaissance, selon l’image de celui qui l’a créé. 11 Il n’y a ici ni Grec ni Juif, ni circoncis ni incirconcis, ni barbare ni Scythe, ni esclave ni libre; mais Christ est tout et en tous. 12 Ainsi donc, comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés, revêtez-vous d’entrailles de miséricorde, de bonté, d’humilité, de douceur, de patience. 13 Supportez-vous les uns les autres, et, si l’un a sujet de se plaindre de l’autre, pardonnez-vous réciproquement. De même que Christ vous a pardonné, pardonnez-vous aussi. 14 Mais par-dessus toutes ces choses revêtez-vous de la charité, qui est le lien de la perfection. 15 Et que la paix de Christ, à laquelle vous avez été appelés pour former un seul corps, règne dans vos coeurs. Et soyez reconnaissants. 16 Que la parole de Christ habite parmi vous abondamment; instruisez-vous et exhortez-vous les uns les autres en toute sagesse, par des psaumes, par des hymnes, par des cantiques spirituels, chantant à Dieu dans vos coeurs sous l’inspiration de la grâce 17 Et quoi que vous fassiez, en parole ou en oeuvre, faites tout au nom du Seigneur Jésus, en rendant par lui des actions de grâces à Dieu le Père. » (Colossiens 3,6-17)

  1. Ne pas faire le mal

Alors, comment réussir à avoir des relations saine ? Le texte de Colossiens nous dit que la première étape est tout simplement est de regarder en soi-même et d’arrêter de laisser le mal régner dans nos coeurs. En fait, dans nos vies, il y a beaucoup d’obstacles aux relations. Paul nous dit que « la colère, l’animosité, la méchanceté, la calomnie, les paroles grossières » (v. 8) et le mensonge (v. 9) sont de véritables obstacles pour commencer à entrer dans une vraie relation profonde avec une personne qui nous a fait du tort ou que nous n’aimons pas vraiment. Pourquoi ? Parce que si l’on est en colère, quoi que la personne devant nous fasse, nous allons tout de même nous défouler sur elle. Et souvent ce sont les enfants, les parents ou les conjoints qui prennent le plus parce que c’est ceux qui sont présents avec nous lorsqu’on se sent libre de se mettre enfin en colère après le travail ou après un souci avec une autre personne. Mais du coup, ça détruit nos relations dans la famille et avec les personnes en question. Par rapport à la calomnie, on peut aussi voir à quel point ça peut détruire une relation. C’est parce qu’on vit notre relation en fonction de ce qu’on imagine de la personne et pas en fonction de la réalité. Du coup, on se fait des films dans la tête de comment la personne va réagir et de ce qu’elle pense alors que tout est complètement faux et que si on agit comme ça, ce n’est que parce que quelqu’un nous a dit quelque chose sur quelqu’un. Et tout ça, ça complique énormément toutes les relations que l’on peut avoir les uns avec les autres. Mais ça, ce n’est que la première étape. C’est déjà une grosse et bonne étape mais ça ne va que nous amener à réduire nos conflits et pas à construire une relation. 

Je connais quelqu’un qui avait trop peur de faire des fausses notes à la guitare qu’il a décidé de ne jamais enjouer. On peut dire qu’il n’a pas fait de fausse note, et on est reconnaissant pour ça, mais il n’a rien construit non plus. Il n’y a rien qui a vraiment changé. 

C’est pareil avec nous, on est appelé à rejeter la colère, l’animosité, la rancune, la jalousie, la calomnie et le mensonge, parce que ce sont ces choses qui détruisent nos relations. Mais on ne peut pas se contenter de ça, parce que ce n’est pas suffisant.

  1. Faire le bien parce que Dieu nous a sauvé

Pour construire une relation, c’est important de construire, et de savoir ce avec quoi on aimerait construire. Pour construire une relation, Dieu nous appelle à nous rappeler combien il nous aime profondément et à quel point il nous a pardonné. Regardez le verset 13 : « Supportez-vous les uns les autres et faites-vous grâce réciproquement ; si quelqu’un a à se plaindre d’un autre, comme le Christ vous a fait grâce, vous aussi, faites de même » (v. 13). Pour construire quelque chose, il est fondamental que l’on se base sur l’amour du Christ pour nous. Pourquoi ? Parce que ça va nous conduire à nous regarder différemment. En fait, beaucoup de problèmes relationnels viennent du fait qu’on se croit supérieur aux autres et du coup, on finit par dire « là, il a fait une erreur que je n’aurais jamais commise et du coup j’arrête de lui pardonner » ou bien on va dire « je lui ai déjà laissé sa chance ». Souvent ce n’est pas ce qu’on va dire réellement mais si on est honnête, je crois que c’est ce qui se passe bien souvent dans notre tête. D’ailleurs souvent on dit quelque chose comme « mais je ne comprends pas, parce que moi je ne lui aurais jamais fait un truc comme ça ». De l’autre côté, lorsqu’on se reconnaît dans la faute de l’autre, sauf si on a un problème d’orgueil, c’est beaucoup plus facile de pardonner.

Quand j’ai fait mon stage au Vigan, le pasteur Serge Regruto m’avait prêté la voiture pour que je rende visite à ma mère qui venait d’apprendre qu’elle allait devoir se faire opérer à coeur ouvert et il se trouve qu’au moment de la lui rendre j’ai fait une belle éraflure à la voiture. J’étais assez mal à l’aise de rendre la voiture comme ça, d’autant plus que je n’avais pas l’argent pour arranger la voiture, mais il m’a dit que ce n’était pas grave et on est passé à autre chose. Mais ça a fait que du coup, je ne tiens pas vraiment rigueur aux personnes qui font des éraflures à ma voiture parce qu’on m’a pardonné une même erreur.

Jésus a vu toutes nos fautes et il aurait très bien les comptabiliser et nous demander de rendre des comptes mais il ne l’a pas fait. Il s’est abaissé vers nous, il a pris nos fautes sur lui en mourant et ressuscitant à la croix. Il a fait ça pour qu’on soit libéré de la colère, de la calomnie et du mensonge mais aussi pour nous permettre de construire quelque chose de nouveau. Maintenant, au lieu d’agir avec par la colère, l’animosité et la jalousie, nous allons agir en nous revêtant d’ardente compassion, en nous revêtant d’humilité, de douceur, de patience, de paix et surtout d’amour qui est le lien de la perfection. Et là, on sera prêts à entrer dans une relation profonde quelles que soient les circonstances. Parce qu’on sera nous-mêmes, ancrés au bon endroit. 

  1. S’instruire les uns les autres

On arrive maintenant au dernier paragraphe de ce passage : « Que la parole du Christ habite en vous avec sa richesse » (v. 16). Qu’est-ce que ça veut dire qu’être une communauté qui vit des relations profondes ? Le but de tout cela c’est que la parole du Christ habite en nous. Ça veut dire qu’on se rappelle des versets de la Bible les uns aux autres, ça veut dire qu’on cherche à lire la Bible ensemble à deux ou à 10 et qu’on essaie de comprendre ce que ça implique pour notre vie. Ça veut dire de chanter des psaumes, des cantiques ensemble même lorsqu’on a pas le super accompagnement de tous nos super musiciens et chanteuses. Pour être une communauté profonde, en fait cette culture de se rappeler des passages de la Bible les uns les autres, de la lire ensemble ou de lire un livre de spiritualité ensemble est fondamental. Sans ça, on peut être une communauté unie mais ça ne sera pas forcément autour du Christ et de ce qu’il veut nous communiquer. On est appelés à créer une culture d’Église où c’est normal de parler de nos défis spirituels ensemble, où on a cette soif de s’instruire les uns les autres et de recevoir des uns des autres la parole du Christ. 

Je fais partie d’un club d’échec. Et j’aime beaucoup y aller parce que quand j’y vais il y a une culture des échecs. Quand j’entre dans la salle, il y a une vingtaine de plateaux de jeux qui sont installés, il y a certaines personnes qui ont commencé à jouer et d’autres qui discutent de stratégies qu’ils apprennent ou qu’ils pourraient améliorer. Quand quelqu’un finit sa partie, il se lève et il regarde une autre partie qui semble intéressante. Tout est fait pour qu’on puisse progresser aux échecs et du coup tout est question d’échecs. Ça ne veut pas dire qu’on ne discute que de ça ou qu’on est une bulle fermée mais ça veut dire que tout favorise cette progression.

C’est pareil dans la vie chrétienne. En créant une culture de la Parole du Christ, nous allons avancer dans la foi. Et c’est pour ça, je pense, que Paul termine ce passage en disant : « Quoi que vous fassiez, en parole ou en œuvre, faites tout au nom du Seigneur Jésus, en rendant grâces par lui à Dieu le Père » (v. 17). En créant cette culture, qu’est-ce qui va se passer ? Nous allons créer des liens de plus en plus profonds et du coup, nos relations vont aussi s’approfondir. Nous allons apprendre à pardonner et à aimer. Alors, n’hésitons pas à développer ces relations en abandonnant la colère, la jalousie, le mensonge et les calomnies ; en développant notre amour en contemplant ce que Dieu a fait pour nous et en se disant la Parole du Christ les uns aux autres.

1https://www.onsesepare.com/articles/ma-separation/avant-de-me-separer-ou-de-divorcer/crise-de-couple-ou-fin-de-l-histoire/les-chiffres-du-divorce-en-france#:~:text=Quand%20on%20y%20regarde%20de,se%20terminent%20par%20un%20divorce

2https://www.fondationdefrance.org/fr/cat-personnes-vulnerables/etude-solitudes-2025#:~:text=Un%20taux%20d%27isolement%20qui,physiques%20avec%20d%27autres%20personnes

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