Notre vocation dans 2 Timothée 1,1-14

Pour ce baptême j’ai décidé de ne pas faire comme d’habitude et prêcher sur un texte qui parle du baptême mais plutôt d’un texte qui, je l’espère, va rester à vie pour toi Nathalie, un peu comme un mot d’ordre de la vie chrétienne qui t’accompagnera jusqu’à ta mort. Le texte que j’ai choisi est un extrait d’une lettre que l’apôtre Paul a écrite en prison juste avant de mourir. Il voulait partager à son fils spirituel ce qui lui semblait le plus important à garder, et à travers lui, il voulait laisser un message à toute l’Église de tous les temps sur ce que nous sommes appelés à vivre en tant que chrétiens. Je vous invite alors, sans plus tarder, à écouter la lecture de ce passage.

« Paul, apôtre de Jésus Christ, par la volonté de Dieu, pour annoncer la promesse de la vie qui est en Jésus Christ, à Timothée, mon enfant bien-aimé: que la grâce, la miséricorde et la paix te soient données de la part de Dieu le Père et de Jésus Christ notre Seigneur! Je rends grâces à Dieu, que mes ancêtres ont servi, et que je sers avec une conscience pure, de ce que nuit et jour je me souviens continuellement de toi dans mes prières, me rappelant tes larmes, et désirant te voir afin d’être rempli de joie, gardant le souvenir de la foi sincère qui est en toi, qui habita d’abord dans ton aïeule Loïs et dans ta mère Eunice, et qui, j’en suis persuadé, habite aussi en toi. C’est pourquoi je t’exhorte à ranimer le don de Dieu que tu as reçu par l’imposition de mes mains. Car ce n’est pas un esprit de timidité que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d’amour et de sagesse. N’aie donc point honte du témoignage à rendre à notre Seigneur, ni de moi son prisonnier. Mais souffre avec moi pour l’Évangile, par la puissance de Dieu qui nous a sauvés, et nous a adressé une sainte vocation, non à cause de nos oeuvres, mais selon son propre dessein, et selon la grâce qui nous a été donnée en Jésus Christ avant les temps éternels, 10 et qui a été manifestée maintenant par l’apparition de notre Sauveur Jésus Christ, qui a détruit la mort et a mis en évidence la vie et l’immortalité par l’Évangile. 11 C’est pour cet Évangile que j’ai été établi prédicateur et apôtre, chargé d’instruire les païens. 12 Et c’est à cause de cela que je souffre ces choses; mais j’en ai point honte, car je sais en qui j’ai cru, et je suis persuadé qu’il a la puissance de garder mon dépôt jusqu’à ce jour-là. 13 Retiens dans la foi et dans la charité qui est en Jésus Christ le modèle des saines paroles que tu as reçues de moi. 14 Garde le bon dépôt, par le Saint Esprit qui habite en nous. » (2 Timothée 1,1-14)

  1. L’appel de Dieu

Paul écrit à Timothée pour lui rappeler sa mission et son rôle en tant que pasteur mais ça nous concerne tous. Timothée était appelé à lire cette lettre à l’Église dans laquelle il était le pasteur. Et justement, lorsque Paul a écrit cette lettre et qu’il dit à Timothée au verset 9 : Dieu « nous a sauvé et… nous a adressé un saint appel », je pense qu’il s’adresse à toute l’Église en nous disant : « Dieu t’appelle et a un plan merveilleux pour toi, il sait ce qui est le mieux pour toi et ce qui va t’aider à avancer. Que tu sois chrétien ou non, ne néglige pas cet appel merveilleux que Dieu te fais à vivre pour lui ». 

La première fois que j’ai rencontré Nathalie, c’était dans les larmes et les pleurs parce qu’elle venait pour que je préside la cérémonie d’obsèque de Patrick, son mari. Je peux dire « je me souviens de tes larmes » (v. 4). Mais àtravers ce décès et cette période difficile dans la vie de Nathalie, Dieu lui a adressé un appel profond en lui disant qu’il l’avait accompagnée toute sa vie et que c’était maintenant le moment de répondre à cet appel à vivre pour lui. Et dès notre premier rdv l’année dernière, Nathalie m’a dit : « J’ai envie de me faire baptiser ». Elle avait compris que c’était le moment de répondre à l’appel de Dieu sans tarder.

Alors, pourquoi est-ce que je raconte ça ? C’est parce que dans quelques instants, Nathalie va se faire baptiser et ça sera, ce qu’on appelle un baptême par effusion ou aspersion. Peut-être qu’à Saint-Christol on est un peu moins habitué aux baptêmes par aspersion, sauf peut-être pour les enfants mais avec Nathalie, on a choisi le baptême par aspersion pour la symbolique que ça communique. Quand on baptise par immersion, la symbolique qui est mise en avant est plutôt le fait qu’on meurt à notre ancienne vie pour ressusciter à une nouvelle vie en Christ. Par contre, quand on baptise par aspersion c’est pour rappeler que Dieu nous donne une vocation, un appel particulier. Dans l’Ancien Testament quand on recevait une onction ça voulait dire que Dieu nous appelait à un ministère particulier de prêtre, de roi ou de prophète. Quand je vais baptiser Nathalie, en mettant de l’eau sur sa tête et en posant les mains sur elle, elle va recevoir un appel particulier à vivre en tant que baptisée : à être une ambassadrice de Dieu sur terre, à proclamer sa parole au monde qui nous entoure et à partager avec l’Église et le monde les dons spirituels que Dieu lui a donné. Elle va aussi recevoir une onction particulière de l’Esprit pour vivre cet appel, c’est pour cela que Paul dit : « ranime la flamme du don de Dieu que tu as reçu par l’imposition des mains » (v. 6). Et c’est aussi pour ça que dans la lettre aux Hébreux (Hb 6,2) on associe le baptême avec l’imposition des mains.

  1. Les difficultés de l’appel

C’est l’appel que tous les baptisés ont reçu de la part de Dieu, c’est-à-dire que si vous avez été baptisés, Dieu vous appelle à être son ambassadeur, à proclamer sa parole et à partager avec l’Églises vos dons spirituels. Et si vous n’avez pas été baptisés et/ou que vous n’êtes pas chrétiens, Dieu vous appelle comme même parce que la Bible dit que nous avons été créés à l’image de Dieu. Ça veut dire qu’on a de la valeur mais aussi qu’on et appelés à refléter la personne de Dieu et que lorsqu’une personne nous regarde, il se dise Dieu est comme ça : aimant, juste, patient, profond, etc. Mais pour ceux qui ont été baptisés il y a un certain temps, ils savent que les choses ne sont pas aussi faciles que ça. Si Paul dit « souffre avec moi » (v. 8), ce n’est pas pour rien. Peut-être qu’en entendant ça on peut dire : « très peu pour moi » ou bien que, comme Timothée, on peut avoir tendance à fuir son appel à cause des difficultés. On peut imaginer que Timothée pouvait avoir peur de la prison et de la persécution et que c’est pour cela que Paul lui dit de ne pas avoir « honte du témoignage à rendre à notre Seigneur, ni de moi, prisonnier pour lui » (v. 8). On peut aussi imaginer que Timothée était naturellement timide et qu’il avait de la peine à prendre sa place de pasteur dans l’Église. Mais Paul lui dit que l’onction particulière de l’Esprit qu’il a reçu n’est pas un esprit de « timidité » et même littéralement de « couardise » ou de « lâcheté » (v. 7).

Le mot grec qui est employé ici fait référence à quelqu’un qui fuit alors qu’il est sur le champs de bataille et qui abandonne tous les autres. C’est quelqu’un qui ne vit pas ce que Dieu lui appelle à vivre.

Que pensons-nous de cet appel merveilleux que Dieu nous donne ? Quelles sont les responsabilités qu’il nous a confié qu’on est en train de fuir ? Ça peut être dans différents rôles : en tant que baptisé, peut-être que l’on fuit notre responsabilité de répondre à l’appel de Dieu. En tant que chrétiens, peut-être qu’on fuit notre responsabilité de développer une vraie vie de prière ou de parler de l’évangile ou de se séparer d’un péché. En tant que mari ou épouse, peut-être qu’on fuit notre responsabilité de prendre soin, d’être un vis-à-vis, de se sacrifier et de faire de notre mariage une priorité avant même le travail ou les études. En tant que parents, peut-être que l’on fuit le fait de reprendre un enfant ou de demander pardon. En tant que membre d’Église, peut-être qu’on fuit notre responsabilité d’accueillir les nouvelles personnes. En tant que membre du conseil, peut-être que l’on fuit notre place de direction de l’Église. En tant que frère et sœur en Christ, peut-être qu’on fuit notre rôle de se reprendre les uns les autres. Et pour finir, peut-être qu’en tant que prédicateur, on fuit notre responsabilité de dire des choses difficiles parce qu’on a peur des réactions. Il y a-t-il des endroits où nous avons tendance à fuir notre responsabilité et l’appel que Dieu nous fait ?

  1. Un Esprit de force et de délivrance

Ça peut être décourageant mais la suite de notre passage nous permet de voir une solution : nous avons reçu un esprit de « force, d’amour et de sagesse » (v. 7). En fait, ce qui nous permet de vivre notre vocation avec courage, amour et sagesse c’est le Saint-Esprit. Si vous voulez vivre l’appel de Dieu, il n’y a qu’à demander à Dieu qu’il vous donne son Esprit et si vous êtes déjà croyant, il faut simplement ne pas négliger ce don si impressionnant que Dieu nous a fait pour vivre notre vocation. Le verset 9 nous rappelle bien que ce n’est pas grâce à nos œuvres que nous arrivons à vivre cela mais par la grâce de Dieu qui a été manifestée en Jésus-Christ « qui a réduit à l’impuissance la mort et mis en lumière la vie et l’incorruptibilité par l’Évangile » (v. 10). Qu’est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire tout simplement que puisque Jésus est mort et qu’il est ressuscité, il nous donne son Esprit de vie et nous permet de vivre notre appel. La responsabilité que vous fuyez en tant que parents, allez-y par l’Esprit en priant et le Saint-Esprit vous donnera le courage, l’amour et la sagesse. La demande de pardon que vous hésitez à faire à votre conjoint, allez-y par l’Esprit en priant et Dieu vous donnera le courage, l’amour et la sagesse, etc.

Je ne sais pas si vous avez vu le film Tu ne tueras point. Ce n’est pas un film que je conseillerai à tout le monde parce qu’il est comme même trop violent à mon goût, mais il retrace l’histoire de Desmond Doss, un adventiste objecteur de conscience qui part à la guerre sans arme parce qu’il veut simplement être infirmier. Il y va avec beaucoup de courage mais lors du combat, alors que tous se mettent à fuir, il fuit avec les autres et tout à coup, il entend quelqu’un quicrie avoir besoin d’aide. Alors saisi par l’Esprit, il va l’aider et sauve 75 personnes sur le champs de bataille, au péril de sa vie, en sauvant également des blessés ennemis japonais.

Alors bien sûr, nos actes de bravoure n’ont pas nécessairement besoin d’être aussi grands ! Mais lorsque Dieu nous dit : « Ce n’est pas un esprit de lâcheté que Dieu nous a donné mais un esprit de force, d’amour et de sagesse », ça peut aller jusque là. Voilà ce que l’Esprit de Dieu est capable de faire avec nous, des êtres humains comme les autres. Desmond Doss insistait sur le fait qu’il n’était pas spécial mais que c’était Dieu qui l’employait pour son œuvre. Alors saisissons-nous de cet Esprit qui nous est donné pour vivre nos responsabilité, notre appel. Quels sont les choses que nous avons délaissé parce que notre appel nous semblait trop dur ou difficile ? Quels sont les choses que Dieu nous appelle à reprendre en main par son Esprit ? 

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