Aujourd’hui, j’aimerais qu’on réfléchisse un peu sur la tristesse. Je pense que pour tout le monde dans la salle ici présent, la tristesse est quelque chose de plutôt négatif. Quand on pense à la tristesse, on pense à quelque chose que l’on doit éviter à tout prix en nous et qu’on doit à tout prix éviter de créer chez les autres. Le problème c’est que ça serait vrai dans un monde parfait. Le problème c’est que nos coeurs s’attachent très facilement à des choses auxquelles elles ne devraient pas s’attacher et que nous faisons des choses que nous ne devrions pas faire. En partant du principe qu’on ne doit jamais attrister les gens autour de nous, on finit par tomber dans des situations très compliquées. On n’arrive jamais à dire « non » et du coup, au final, on ne fait pas du bien pour les autres. Je vous invite donc à écouter ce que la Bible dit à ce sujet.
Donnez-nous une place dans vos coeurs! Nous n’avons fait tort à personne, nous n’avons ruiné personne, nous n’avons tiré du profit de personne. 3 Ce n’est pas pour vous condamner que je parle de la sorte; car j’ai déjà dit que vous êtes dans nos coeurs à la vie et à la mort. 4 J’ai une grande confiance en vous, j’ai tout sujet de me glorifier de vous; je suis rempli de consolation, je suis comblé de joie au milieu de toutes nos tribulations. 5 Car, depuis notre arrivée en Macédoine, notre chair n’eut aucun repos; nous étions affligés de toute manière: luttes au dehors, craintes au dedans. 6 Mais Dieu, qui console ceux qui sont abattus, nous a consolés par l’arrivée de Tite, 7 et non seulement par son arrivée, mais encore par la consolation que Tite lui-même ressentait à votre sujet: il nous a raconté votre ardent désir, vos larmes, votre zèle pour moi, en sorte que ma joie a été d’autant plus grande. 8 Quoique je vous aie attristés par ma lettre, je ne m’en repens pas. Et, si je m’en suis repenti, -car je vois que cette lettre vous a attristés, bien que momentanément, – 9 je me réjouis à cette heure, non pas de ce que vous avez été attristés, mais de ce que votre tristesse vous a portés à la repentance; car vous avez été attristés selon Dieu, afin de ne recevoir de notre part aucun dommage. 10 En effet, la tristesse selon Dieu produit une repentance à salut dont on ne se repent jamais, tandis que la tristesse du monde produit la mort. 11 Et voici, cette même tristesse selon Dieu, quel empressement n’a-t-elle pas produit en vous! Quelle justification, quelle indignation, quelle crainte, quel désir ardent, quel zèle, quelle punition! Vous avez montré à tous égards que vous étiez purs dans cette affaire. 12 Si donc je vous ai écrit, ce n’était ni à cause de celui qui a fait l’injure, ni à cause de celui qui l’a reçue; c’était afin que votre empressement pour nous fût manifesté parmi vous devant Dieu. 13 C’est pourquoi nous avons été consolés. Mais, outre notre consolation, nous avons été réjouis beaucoup plus encore par la joie de Tite, dont l’esprit a été tranquillisé par vous tous. 14 Et si devant lui je me suis un peu glorifié à votre sujet, je n’en ai point eu de confusion; mais, comme nous vous avons toujours parlé selon la vérité, ce dont nous nous sommes glorifiés auprès de Tite s’est trouvé être aussi la vérité. 15 Il éprouve pour vous un redoublement d’affection, au souvenir de votre obéissance à tous, et de l’accueil que vous lui avez fait avec crainte et tremblement. 16 Je me réjouis de pouvoir en toutes choses me confier en vous. (2 Corinthiens 7,2-16)
- La tristesse selon le monde
Qu’est-ce que la tristesse ? D’après les recherches que j’ai fait sur internet, « La tristesse est une émotion douloureuse, liée à la perte de quelque chose, et souvent associée au chagrin. Généralement, l’individu qui la ressent a tendance à adopter un comportement de repli sur soi »1. Autant dire que l’on n’a pas envie de ressentir la tristesse ! Maispourtant, la Bible ne condamne jamais la tristesse en tant que tel. Dans les évangiles, on voit Jésus pleurer plusieurs fois de tristesse et d’angoisse. David a écrit des dizaines et des dizaines de psaumes de lamentation. Et pourtant… on continue souvent à voir la tristesse comme un péché. La Bible nous encourage à accepter notre tristesse lorsque nous traversons des moments de souffrance, de deuil ou de perte. Le problème, c’est plutôt ce que l’on fait de cette tristesse. Pour moins souffrir, nous avons tous des méthodes différentes qui sont généralement malsaines :
– Nous avons souvent tendance à nier ou à minimiser la souffrance que nous traversons (ou celle des autres) : « Je ne m’inquiète pas le moins du monde que je sois viré », « le péché dans lequel je suis n’est pas si dramatique » !
– Ou bien nous avons tendance à blâmer les autres : « Si mon frère n’a pas guéri c’est parce qu’il n’a pas eu les bons docteurs ».
– À se blâmer soi-même : « tout est de ma faute ».
– À tout rationaliser ou à tout intellectualiser. Une phrase qui revient souvent : « quand je pense à ce que ceux-ci vivent, je me dis que je ne peux pas me plaindre ».
– On cherche un moyen de se distraire pour ne pas penser à la souffrance que quelque chose nous cause. Ça peut être une addiction ou même des personnes.
Mais en fait toutes ces manières de faire sont des tristesses selon le monde parce qu’elles sont des tristesses qui ne se tournent pas vers le vrai problème ou qui ne voient pas le problème de la bonne manière. Plus on vit la tristesse de cette manière et plus on a tendance à entrer dans une culpabilisation qui nous paralyse, de la rancoeur, ou de l’amertume.
Souvent, on peut garder cette rancoeur, cette amertume ou cette culpabilité pendant des années comme un poids qui est attaché à nos jambes et qui nous empêche d’avancer. Ça nous conduit à avoir des tas de préjugés contre les autres et à construire dans nos têtes tout un monde imaginaire où tout le monde est méchant et où on ne se remet pas en question, où tout le monde est bon mais que c’est nous qui sommes nuls, etc. Et ces pensées qui nous trottent dans la tête deviennent de plus en plus fortes, elles sont de plus en plus difficiles à enlever. Comme des moisissures qui se propagent de plus en plus vite et qui détruisent tout sur leur chemin. Ce qui pouvait être facile à traiter au début est devenu un problème énorme parce que l’on a conservé cette tristesse pendant des années et que cette tristesse devient constitutive de notre personne.
En fait, la tristesse selon le monde nous conduit à nous éloigner du véritable problème, parce que Satan veut qu’on se focalise sur quelque chose qui n’est pas le vrai problème. On n’arrive pas à changer parce qu’on blâme les autres ou parce que l’on a trop de culpabilité pour aller de l’avant.
- La tristesse selon Dieu
Mais la tristesse selon Dieu conduit à « la repentance qui mène au salut » (v. 10) ! En fait, la tristesse selon Dieu est quelque chose qui nous mène vers le changement intérieur, vers le mouvement, plutôt que de se replier sur soi. En fait, quand on est triste, on est appelé à réfléchir à ce que ça peut impliquer dans nos vies et ce que nous sommes appelés à vivre dans nos vies. On a le droit d’être triste parce qu’on vit un deuil, parce qu’on a perdu la force de notre jeunesse, parce qu’on a perdu un travail ou parce qu’on vit une situation complexe dans notre famille. On a le droit d’être triste mais il ne faut pas que l’on s’arrête à cet état de tristesse. Parce que sinon, on finit par se replier sur soi et on n’arrive plus à avancer. Et Paul savait que ce n’était pas trop grave s’il disait des choses qu’il pouvait attrister les Corinthiens en disant des choses qui sont parfois difficiles à entendre. Il les a dites pour les faire bouger et non pour les culpabiliser.
Les professeurs dans la salle savent bien ça. On sait qu’il faut parfois remuer ses élèves et leur faire prendre conscience que ça ne va pas du tout et qu’ils doivent se ressaisir. Ce ne sont pas des discussions qu’on apprécie avoir avec nos élèves mais qui sont souvent primordiales pour qu’il avance. C’est souvent ça qui va le motiver à aller de l’avant.
Arrêtons donc de nous replier sur notre tristesse et cherchons ce que Dieu a à nous apprendre dans ces moments difficiles. Apprenons à nous dire les choses difficiles avec amour. La lettre aux Hébreux nous dit que « Toute correction, il est vrai, paraît être au premier abord un sujet de tristesse et non de joie ; mais plus tard il procure un paisible fruit de justice à ceux qu’elle a formées » (Hé 12,11-12). Je crois qu’un des problèmes de notre temps c’est qu’on n’accepte pas qu’on se reprenne les uns les autres et donc qu’on s’attriste les uns les autres (selon Dieu). Du coup, ce qui se passe c’est que dès qu’on est heurté par quelqu’un on coupe la relation ou on change d’Église mais en faisant cela on reste à l’arrêt et on est incapables de grandir spirituellement comme un élève qui est incapable d’écouter ce que son maître a à lui dire. Pour pouvoir aller de l’avant et pour apprendre, on a besoin de laisser de côté notre orgueil et notre amour propre. C’est d’ailleurs une des choses que l’on a retenu dans l’enseignement de notre week-end d’Église. En tant que chrétiens, nous sommes imparfaits et donc en chemin, la seule chose que l’on ne peut pas être c’est être à l’arrêt et de refuser de se laisser façonner par Dieu.
- La tristesse du Christ
La personne qui, par excellence, a été obéissante au Père, c’est Jésus-Christ. L’épitre aux Hébreux nous dit que « C’est lui qui, dans les jours de sa chair, offrit à grands cris et avec larmes, des prières et des supplications à Celui qui pouvait le sauver de la mort. Ayant été exaucé à cause de sa piété, il a appris, bien qu’il fût le Fils, l’obéissance par ce qu’il a souffert » (Hé 5,7-8). Au jardin de Gethsémané, juste avant sa mort, il est écrit qu’il était « saisi de tristesse et d’angoisse » (Mt 26,37) il dit à ses disciples : « Mon âme est triste jusqu’à la mort » (Mt 26,38). Dans cette tristesse, il aurait très bien pu se replier sur lui-même, abandonner sa mission. Mais non ! Il savait que dans cette tristesse, il était appelé à l’action, à aller plus loin jusqu’à la mort à la croix pour nous. Et au tout début de 2 Corinthiens, Paul nous appelle à nous saisir de ce sacrifice pour aller plus loin.
Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation, 4 qui nous console dans toutes nos afflictions, afin que, par la consolation dont nous sommes l’objet de la part de Dieu, nous puissions consoler ceux qui se trouvent dans quelque l’affliction! 5 Car, de même que les souffrances de Christ abondent en nous, de même notre consolation abonde par Christ. 6 Si nous sommes affligés, c’est pour votre consolation et pour votre salut; si nous sommes consolés, c’est pour votre consolation, qui se réalise par la patience à supporter les mêmes souffrances que nous endurons. 7 Et notre espérance à votre égard est ferme, parce que nous savons que, si vous avez part aux souffrances, vous avez part aussi à la consolation. (2 Co 1,3-7)
Si nous sommes attristés, c’est pour recevoir la consolation de Dieu et consoler les autres. C’est pour ça que Jésus dit : « Heureux ceux qui pleurent car ils seront consolés » (Mt 5,4) et on pourrait même rajouter « car vous consolerez également d’autres » ! Parce qu’après la mort de Jésus, il y a aussi sa résurrection glorieuse. On a de la peine à le voir à l’instant t mais Dieu peut transformer le mal en bien. Il peut employer notre tristesse du moment pour sa gloire.
Au K-Day, hier, nous avons raconté l’histoire de Joseph qui a été vendu par ses frères comme esclave et qui a finit en prison à cause de sa rectitude morale. On a vu avec les enfants qu’il aurait très bien pu en vouloir à ses frères et etse venger. Mais il a décidé de voir la main de Dieu dans tout cela et ne pas se replier sur lui-même. Il a décidé de pardonner pour aller de l’avant. Et lui-même dit que tout cela c’est Dieu qui l’a guidé pour sauver son peuple. Ce que ses frères ont voulu en mal, Dieu l’a changé en bien.
Alors, n’hésitons pas à être tristes mais n’oublions jamais que cette tristesse ne doit pas se changer en amertume, en rancoeur ou en culpabilisation. Cette tristesse est appelée à nous ouvrir vers Dieu qui nous console et qui nous promet une résurrection future où la souffrance, la tristesse et le deuil ne seront plus.




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