On avance petit à petit dans l’étude du livre de Daniel et on arrive maintenant au chapitre 4 ! On se rappelle que Daniel a été écrit pour aider les Juifs à savoir comment vivre en situation d’exil et que les conseils qu’il donnait c’était à la fois d’accepter la différence d’avec le monde et d’être au contact du monde. La semaine dernière, on avait parlé de la pression qu’on pouvait recevoir à cause du conformisme et qu’on doit être prêts à payer le prix de notre différence pour réaliser un profond changement dans notre société. Si on n’accepte pas d’être différent, on ne va rien pouvoir apporter à notre société. Et aujourd’hui, j’aimerais vous poser une question… Croyez-vous réellement que Dieu peut agir dans notre société ? J’entends souvent autour de moi un défaitisme à ce sujet avec un rappel du bon vieux temps où les personnes agissaient encore comme des chrétiens, où tous les temples de la région étaient remplis et où même les villages étaient protestants. Et je crois qu’il y a toujours cette part en nous où on sait intellectuellement que Dieu peut agir dans le monde mais en fait on ne le croit pas réellement au plus profond de notre coeur. C’est un peu la même chose avec la prière, on sait que Dieu utilise la prière de manière extraordinaire mais notre temps de prière ne reflète pas cette réalité. Est-ce qu’on croit que Dieu peut toucher le coeur de notre président ? De Donald Trump ? De Vladimir Poutine ? De Kim Jong-Un ? Ou est-ce qu’on pense que ces personnes sont trop élevées et trop éloignées pour être touchées par la grâce de Dieu ? Ce matin, je vous propose de lire avec moi un passage qui va nous remettre à notre place et qui va nous corriger sur notre manière de voir les choses.
Nebucadnetsar, roi, à tous les peuples, aux nations, aux hommes de toutes langues, qui habitent sur toute la terre. Que la paix vous soit donnée avec abondance! 2Il m’a semblé bon de faire connaître les signes et les prodiges que le Dieu suprême a opérés à mon égard. 3Que ses signes sont grands! que ses prodiges sont puissants! Son règne est un règne éternel, et sa domination subsiste de génération en génération. 4Moi, Nebucadnetsar, je vivais tranquille dans ma maison, et heureux dans mon palais. 5J’ai eu un songe qui m’a effrayé; les pensées dont j’étais poursuivi sur ma couche et les visions de mon esprit me remplissaient d’épouvante. 6J’ordonnai qu’on fît venir devant moi tous les sages de Babylone, afin qu’ils me donnassent l’explication du songe. 7Alors vinrent les magiciens, les astrologues, les Chaldéens et les devins. Je leur dis le songe, et ils ne m’en donnèrent point l’explication. 8En dernier lieu, se présenta devant moi Daniel, nommé Beltschatsar d’après le nom de mon dieu, et qui a en lui l’esprit des dieux saints. Je lui dis le songe: 9Beltschatsar, chef des magiciens, qui as en toi, je le sais, l’esprit des dieux saints, et pour qui aucun secret n’est difficile, donne-moi l’explication des visions que j’ai eues en songe. 10Voici les visions de mon esprit, pendant que j’étais sur ma couche. Je regardais, et voici, il y avait au milieu de la terre un arbre d’une grande hauteur. 11Cet arbre était devenu grand et fort, sa cime s’élevait jusqu’aux cieux, et on le voyait des extrémités de toute la terre. 12Son feuillage était beau, et ses fruits abondants; il portait de la nourriture pour tous; les bêtes des champs s’abritaient sous son ombre, les oiseaux du ciel faisaient leur demeure parmi ses branches, et tout être vivant tirait de lui sa nourriture. 13Dans les visions de mon esprit, que j’avais sur ma couche, je regardais, et voici, un de ceux qui veillent et qui sont saints descendit des cieux. 14Il cria avec force et parla ainsi: Abattez l’arbre, et coupez ses branches; secouez le feuillage, et dispersez les fruits; que les bêtes fuient de dessous, et les oiseaux du milieu de ses branches! 15Mais laissez en terre le tronc où se trouvent les racines, et liez-le avec des chaînes de fer et d’airain, parmi l’herbe des champs. Qu’il soit trempé de la rosée du ciel, et qu’il ait, comme les bêtes, l’herbe de la terre pour partage. 16Son coeur d’homme lui sera ôté, et un coeur de bête lui sera donné; et sept temps passeront sur lui. 17Cette sentence est un décret de ceux qui veillent, cette résolution est un ordre des saints, afin que les vivants sachent que le Très-Haut domine sur le règne des hommes, qu’il le donne à qui il lui plaît, et qu’il y élève le plus vil des hommes. 18Voilà le songe que j’ai eu, moi, le roi Nebucadnetsar. Toi, Beltschatsar, donnes-en l’explication, puisque tous les sages de mon royaume ne peuvent me la donner; toi, tu le peux, car tu as en toi l’esprit des dieux saints. 19Alors Daniel, nommé Beltschatsar, fut un moment stupéfait, et ses pensées le troublaient. Le roi reprit et dit: Beltschatsar, que le songe et l’explication ne te troublent pas! Et Beltschatsar répondit: Mon seigneur, que le songe soit pour tes ennemis, et son explication pour tes adversaires! 20L’arbre que tu as vu, qui était devenu grand et fort, dont la cime s’élevait jusqu’aux cieux, et qu’on voyait de tous les points de la terre;21cet arbre, dont le feuillage était beau et les fruits abondants, qui portait de la nourriture pour tous, sous lequel s’abritaient les bêtes des champs, et parmi les branches duquel les oiseaux du ciel faisaient leur demeure, 22c’est toi, ô roi, qui es devenu grand et fort, dont la grandeur s’est accrue et s’est élevée jusqu’aux cieux, et dont la domination s’étend jusqu’aux extrémités de la terre. 23Le roi a vu l’un de ceux qui veillent et qui sont saints descendre des cieux et dire: Abattez l’arbre, et détruisez-le; mais laissez en terre le tronc où se trouvent les racines, et liez-le avec des chaînes de fer et d’airain, parmi l’herbe des champs; qu’il soit trempé de la rosée du ciel, et que son partage soit avec les bêtes des champs, jusqu’à ce que sept temps soient passés sur lui. 24Voici l’explication, ô roi, voici le décret du Très-Haut, qui s’accomplira sur mon seigneur le roi. 25On te chassera du milieu des hommes, tu auras ta demeure avec les bêtes des champs, et l’on te donnera comme aux boeufs de l’herbe à manger; tu seras trempé de la rosée du ciel, et sept temps passeront sur toi, jusqu’à ce que tu saches que le Très-Haut domine sur le règne des hommes et qu’il le donne à qui il lui plaît. 26L’ordre de laisser le tronc où se trouvent les racines de l’arbre signifie que ton royaume te restera quand tu reconnaîtras que celui qui domine est dans les cieux. 27C’est pourquoi, ô roi, puisse mon conseil te plaire! mets un terme à tes péchés en pratiquant la justice, et à tes iniquités en usant de compassion envers les malheureux, et ton bonheur pourra se prolonger. 28Toutes ces choses se sont accomplies sur le roi Nebucadnetsar. 29Au bout de douze mois, comme il se promenait dans le palais royal à Babylone, 30le roi prit la parole et dit: N’est-ce pas ici Babylone la grande, que j’ai bâtie, comme résidence royale, par la puissance de ma force et pour la gloire de ma magnificence?31La parole était encore dans la bouche du roi, qu’une voix descendit du ciel: Apprends, roi Nebucadnetsar, qu’on va t’enlever le royaume. 32On te chassera du milieu des hommes, tu auras ta demeure avec les bêtes des champs, on te donnera comme aux boeufs de l’herbe à manger; et sept temps passeront sur toi, jusqu’à ce que tu saches que le Très-Haut domine sur le règne des hommes et qu’il le donne à qui il lui plaît. 33Au même instant la parole s’accomplit sur Nebucadnetsar. Il fut chassé du milieu des hommes, il mangea de l’herbe comme les boeufs, son corps fut trempé de la rosée du ciel; jusqu’à ce que ses cheveux crussent comme les plumes des aigles, et ses ongles comme ceux des oiseaux. 34Après le temps marqué, moi, Nebucadnetsar, je levai les yeux vers le ciel, et la raison me revint. J’ai béni le Très-Haut, j’ai loué et glorifié celui qui vit éternellement, celui dont la domination est une domination éternelle, et dont le règne subsiste de génération en génération. 35Tous les habitants de la terre ne sont à ses yeux que néant: il agit comme il lui plaît avec l’armée des cieux et avec les habitants de la terre, et il n’y a personne qui résiste à sa main et qui lui dise: Que fais-tu? 36En ce temps, la raison me revint; la gloire de mon royaume, ma magnificence et ma splendeur me furent rendues; mes conseillers et mes grands me redemandèrent; je fus rétabli dans mon royaume, et ma puissance ne fit que s’accroître. 37Maintenant, moi, Nebucadnetsar, je loue, j’exalte et je glorifie le roi des cieux, dont toutes les oeuvres sont vraies et les voies justes, et qui peut abaisser ceux qui marchent avec orgueil. (Daniel 3,31-4,34 ou simplement le chapitre 4 en fonction des versions)
- L’orgueil de Nabuchodonosor
Ce qu’il faut savoir en lisant ce passage, c’est que Nabuchodonosor a été l’empereur le plus grand de tout l’empire Babylonien. Lorsqu’il n’était pas encore roi, il a combattu la grande bataille de Karkemish où il a mis en déroute les deux grands pouvoirs de la région, (les restes de) l’Assyrie et l’Égypte. Après cela, il devient empereur et conduit son royaume vers une grande prospérité. Il a fait construire de nombreux édifices dont la porte d’Ishtar, qui est une porte immense qu’on peut voir au British Musuem mais aussi de nombreux temples et les fameux jardins suspendus. La statue en or qu’il a faite construire au chapitre trois ne faisait que 6 mètres de moins que le Colosse de Rhodes, qui lui était en bronze. Lorsque l’on parle de Nabuchodonosor, on ne parle pas de n’importe qui ! On retrouve même des inscriptions de l’époque de Nabuchodonosor qui disait : « J’ai construit un mur solide, avec du bitume et des briques cuites, il ne peut être ébranlé… J’ai posé ses fondations sur le sein du monde souterrain, et j’ai élevé son sommet aussi haut qu’une montagne… J’ai renforcé les fortifications d’Esagila et de Babylone, et j’ai établi le nom de mon règne pour toujours » ! Sur cette grande porte d’Ishtar, Nabuchodonosor se décrit comme étant quelqu’un de sage, qui a compris l’essence divine et de très humble. Et c’est vrai que son règne a été extraodinaire.
C’était un peu comme les trente glorieuses en France où tout était en train de se développer et d’être construit ou reconstruit. C’était un période d’expansion et de paix dans le royaume de Babylone.
Seulement, Nabuchodonosor ne voyait pas que s’il avait réussi à construire tout cela, ce n’était pas uniquement parce qu’il était très fort et intelligent, mais surtout parce que Dieu l’avait laissé grandir. Nabuchodonosor n’en était pas encore au point où il comprenait que c’était vraiment l’Éternel qui dirige tout. D’ailleurs, l’image de l’arbre qui grandit jusqu’à toucher le ciel fait penser à une autre histoire de la Bible qui s’est passé exactement au même endroit, c’est la tour de Babel (Babel est l’ancien nom de Babylone). L’homme veut se construire un nom, une renommée et se savoir utile et pour ça, il trouve son identité dans ce qu’il fait. Et plus ses œuvres sont impressionnantes et plus il croit qu’il a de la valeur. Nous tous qui sommes ici, nous ne sommes pas différents de Nabuchodonosor ! Lorsque l’on se met à admirer un peu trop notre travail, lorsqu’on se glorifie que notre Église à St-Christol a beaucoup grandi par nos efforts, lorsqu’on prend des décisions sans concerter Dieu et même lorsqu’on quo fait plein de choses pour enlever notre sentiment de culpabilité… c’est de l’orgueil. Et cet orgueil détruit notre relation avec Dieu parce qu’il nous conduit à penser qu’on n’a pas besoin de lui.
- Les conséquences de l’orgueil
Comme on pense que l’on n’a pas besoin de Dieu, notre manière de voir les choses est biaisée. L’orgueil de Nabuchodonosor, par exemple, le conduisait à négliger les tâches qui étaient réellement importantes et qu’il devait accomplir. Puisque tout tournait autour de lui, pourquoi aurait-il dû aider les plus faibles et les pauvres ? Pourquoi aurait-il dû rechercher la justice ? Humainement parlant, il a raison ! Les archéologues ne retiennent pas le nom de Nabuchodonosor parce qu’il a été cruel envers les plus faibles mais parce qu’il a construit et accomplit de grandes choses. Pour se construire un nom, il vaut mieux avoir accompli de grandes choses. Dieu n’est pas contre le fait que l’on accomplisse de grandes choses, mais il veut qu’on les fasse en prenant conscience que c’est lui qui dirige tout et du coup que l’on doit se centrer sur ce qui est vraiment important. Autrement, notre vie n’aura plus de sens parce qu’une fois qu’on aura atteint le sommet, qu’est-ce qui nous reste à vivre ? Et si on se met un sommet inatteignable, on sera toujours frustrés de ne pas réussir à y arriver.
Il existe plein de témoignages de personnes qui ont atteint le sommet de leur carrière mais qui se sentent vides. Alors, curieusement, en cherchant sur internet ces témoignages j’ai mis un peu de temps à les trouver, comme s’ils étaient cachés de notre société, pour pas qu’on imagine quand même que c’est ça qui va satisfaire nos besoins. L’acteur Brad Pitt disait ceci : « Je sais que toutes ces choses sont censées nous sembler importantes – la voiture, l’appartement, notre conception du succès – mais si tel est le cas, pourquoi le sentiment général qui prévaut reflète-t-il davantage l’impuissance, l’isolement, le désespoir et la solitude ? Si vous me demandez mon avis, je vous dirais de tout jeter et de trouver autre chose. Car tout ce que je sais, c’est qu’à l’heure actuelle, nous nous dirigeons vers une impasse, un engourdissement de l’âme, une atrophie complète de l’être spirituel. Et je ne veux pas de cela ». Lady Gaga quant à elle a déclaré : « J’ai remporté un Oscar, j’ai chanté au Super Bowl, mais d’une certaine manière, je me sens toujours vide à l’intérieur. Je pense que c’est parce que je suis toujours à la recherche de qui je suis et de ma place dans le monde ».
La Bible le dit de cette manière : « L’arrogance précède la ruine, et l’orgueil précède la chute. 19 Mieux vaut être humble avec les humbles que de partager le butin avec les orgueilleux. 20 Celui qui réfléchit sur les choses trouve le bonheur, et celui qui se confie en l’Éternel est heureux » (Prov 16,18-20). L’orgueil et la recherche de la gloire va toujours nous conduire à une impasse que l’on ne peut traverser que si l’on s’humilie devant Dieu. Imaginez-vous devant un mur que l’on ne peut traverser que si l’on se met à terre dans la boue et que l’on accepte de se salir pour enfin accéder au vrai chemin de la vie.
- L’humiliation devant Dieu
Si nous refusons de le faire, Dieu va le faire pour nous et ça ne sera pas agréable du tout. Daniel espérait que Nabuchodonosor allait se repentir avant la sentence de Dieu. Mais Dieu l’a fait pour son bien, pour qu’il puisse enfin se repentir et faire ce qui est juste. De la même manière, Dieu a envoyé son Fils Jésus pour mourir sur la croix et ressusciter des morts afin de nous délivrer du mal. Mais pour accepter ce cadeau de Dieu, il nous faut d’abord accepter de s’humilier devant lui, en lui demandant pardon pour nos fautes, en vivant pour lui, en recherchant la justice et en laissant à Dieu le contrôle de sa vie. Qu’on soit chrétien ou non-chrétien, on a la même démarche à faire, nous devons nous placer devant Dieu et lui dire qu’il a raison et pas nous. Il n’y a pas d’autre chemin pour aller de l’avant, la repentance par la foiest le seul chemin pour changer.
Il n’y a qu’une seule porte pour entrer dans le royaume de Dieu, qu’un seul chemin et c’est Jésus. Et ce Jésus n’est reçu qu’à travers la foi !
Par contre, lorsque nous vivrons cette repentance par la foi, Dieu nous promet une véritable paix intérieure, une joie profonde et une vie renouvelée : « Celui qui réfléchit sur les choses trouve le bonheur, et celui qui se confie en l’Éternel est heureux » (Prov 16,20). Puissions-nous prendre le temps de méditer sur ces choses et trouver le vrai bonheur qui se vit dans l’humilité.




Laisser un commentaire