Pour ceux qui n’étaient pas là les derniers dimanches de juillet, on a commencé une série de prédications sur le livre de Daniel. On avait vu qu’un des grands appels qu’on a en tant que chrétiens c’est d’être le sel de la terre. Pour ça, on doit être à la fois différent du monde qui nous entoure et au contact du monde qui nous entoure. Un des points de différence qu’on doit avoir c’est qu’on est prêt à construire notre vie en la basant sur le fait que le monde invisible existe, que Dieu existe, qu’il nous aime et qu’il agit dans le monde. Si on ne fait pas cela, on n’arrivera pas à montrer la réalité de l’existence de Dieu. Mais pour être sel de la terre, il nous faut également savoir résister à la pression du conformisme de notre monde. La suite du livre de Daniel nous en parle. Je vous invite donc à lire avec moi Daniel 3,1-30.
1Le roi Nebucadnetsar fit une statue d’or, haute de soixante coudées et large de six coudées. Il la dressa dans la vallée de Dura, dans la province de Babylone. 2Le roi Nebucadnetsar fit convoquer les satrapes, les intendants et les gouverneurs, les grands juges, les trésoriers, les jurisconsultes, les juges, et tous les magistrats des provinces, pour qu’ils se rendissent à la dédicace de la statue qu’avait élevée le roi Nebucadnetsar. 3Alors les satrapes, les intendants et les gouverneurs, les grands juges, les trésoriers, les jurisconsultes, les juges, et tous les magistrats des provinces, s’assemblèrent pour la dédicace de la statue qu’avait élevée le roi Nebucadnetsar. Ils se placèrent devant la statue qu’avait élevée Nebucadnetsar. 4Un héraut cria à haute voix: Voici ce qu’on vous ordonne, peuples, nations, hommes de toutes langues! 5Au moment où vous entendrez le son de la trompette, du chalumeau, de la guitare, de la sambuque, du psaltérion, de la cornemuse, et de toutes sortes d’instruments de musique, vous vous prosternerez et vous adorerez la statue d’or qu’a élevée le roi Nebucadnetsar. 6Quiconque ne se prosternera pas et n’adorera pas sera jeté à l’instant même au milieu d’une fournaise ardente. 7C’est pourquoi, au moment où tous les peuples entendirent le son de la trompette, du chalumeau, de la guitare, de la sambuque, du psaltérion, et de toutes sortes d’instruments de musique, tous les peuples, les nations, les hommes de toutes langues se prosternèrent et adorèrent la statue d’or qu’avait élevée le roi Nebucadnetsar. 8A cette occasion, et dans le même temps, quelques Chaldéens s’approchèrent et accusèrent les Juifs. 9Ils prirent la parole et dirent au roi Nebucadnetsar: O roi, vis éternellement! 10Tu as donné un ordre d’après lequel tous ceux qui entendraient le son de la trompette, du chalumeau, de la guitare, de la sambuque, du psaltérion, de la cornemuse, et de toutes sortes d’instruments, devraient se prosterner et adorer la statue d’or, 11et d’après lequel quiconque ne se prosternerait pas et n’adorerait pas serait jeté au milieu d’une fournaise ardente. 12Or, il y a des Juifs à qui tu as remis l’intendance de la province de Babylone, Schadrac, Méschac et Abed-Nego, hommes qui ne tiennent aucun compte de toi, ô roi; ils ne servent pas tes dieux, et ils n’adorent point la statue d’or que tu as élevée. 13Alors Nebucadnetsar, irrité et furieux, donna l’ordre qu’on amenât Schadrac, Méschac et Abed-Nego. Et ces hommes furent amenés devant le roi. 14Nebucadnetsar prit la parole et leur dit: Est-ce de propos délibéré, Schadrac, Méschac et Abed-Nego, que vous ne servez pas mes dieux, et que vous n’adorez pas la statue d’or que j’ai élevée? 15Maintenant tenez-vous prêts, et au moment où vous entendrez le son de la trompette, du chalumeau, de la guitare, de la sambuque, du psaltérion, de la cornemuse, et de toutes sortes d’instruments, vous vous prosternerez et vous adorerez la statue que j’ai faite; si vous ne l’adorez pas, vous serez jetés à l’instant même au milieu d’une fournaise ardente. Et quel est le dieu qui vous délivrera de ma main? 16Schadrac, Méschac et Abed-Nego répliquèrent au roi Nebucadnetsar: Nous n’avons pas besoin de te répondre là-dessus. 17Voici, notre Dieu que nous servons peut nous délivrer de la fournaise ardente, et il nous délivrera de ta main, ô roi. 18Sinon, sache, ô roi, que nous ne servirons pas tes dieux, et que nous n’adorerons pas la statue d’or que tu as élevée. 19Sur quoi Nebucadnetsar fut rempli de fureur, et il changea de visage en tournant ses regards contre Schadrac, Méschac et Abed-Nego. Il reprit la parole et ordonna de chauffer la fournaise sept fois plus qu’il ne convenait de la chauffer. 20Puis il commanda à quelques-uns des plus vigoureux soldats de son armée de lier Schadrac, Méschac et Abed-Nego, et de les jeter dans la fournaise ardente. 21Ces hommes furent liés avec leurs caleçons, leurs tuniques, leurs manteaux et leurs autres vêtements, et jetés au milieu de la fournaise ardente. 22Comme l’ordre du roi était sévère, et que la fournaise était extraordinairement chauffée, la flamme tua les hommes qui y avaient jeté Schadrac, Méschac et Abed-Nego. 23Et ces trois hommes, Schadrac, Méschac et Abed-Nego, tombèrent liés au milieu de la fournaise ardente. 24Alors le roi Nebucadnetsar fut effrayé, et se leva précipitamment. Il prit la parole, et dit à ses conseillers: N’avons-nous pas jeté au milieu du feu trois hommes liés? Ils répondirent au roi: Certainement, ô roi! 25Il reprit et dit: Eh bien, je vois quatre hommes sans liens, qui marchent au milieu du feu, et qui n’ont point de mal; et la figure du quatrième ressemble à celle d’un fils des dieux. 26Ensuite Nebucadnetsar s’approcha de l’entrée de la fournaise ardente, et prenant la parole, il dit: Schadrac, Méschac et Abed-Nego, serviteurs du Dieu suprême, sortez et venez! Et Schadrac, Méschac et Abed-Nego sortirent du milieu du feu. 27Les satrapes, les intendants, les gouverneurs, et les conseillers du roi s’assemblèrent; ils virent que le feu n’avait eu aucun pouvoir sur le corps de ces hommes, que les cheveux de leur tête n’avaient pas été brûlés, que leurs caleçons n’étaient point endommagés, et que l’odeur du feu ne les avait pas atteints. 28Nebucadnetsar prit la parole et dit: Béni soit le Dieu de Schadrac, de Méschac et d’Abed-Nego, lequel a envoyé son ange et délivré ses serviteurs qui ont eu confiance en lui, et qui ont violé l’ordre du roi et livré leurs corps plutôt que de servir et d’adorer aucun autre dieu que leur Dieu! 29Voici maintenant l’ordre que je donne: tout homme, à quelque peuple, nation ou langue qu’il appartienne, qui parlera mal du Dieu de Schadrac, de Méschac et d’Abed-Nego, sera mis en pièces, et sa maison sera réduite en un tas d’immondices, parce qu’il n’y a aucun autre dieu qui puisse délivrer comme lui. 30Après cela, le roi fit prospérer Schadrac, Méschac et Abed-Nego, dans la province de Babylone. (Daniel 3,1-30)
- La pression de se conformer au monde
Je ne sais pas si vous avez entendu parlé de l’expérience de Asch. C’est une expérience qui a été faite en 1951 pour démontrer à quel point on est influencé par les autres lorsque l’on prend des décisions. Cette étude a démontré que plus les personnes autour de nous sont unanimes et confiantes et plus nous aurons tendance à suivre le groupe même si nous savons (ou pensons très fortement) que la réponse est évidemment fausse. Souvent, on préfère suivre le groupe que de payer le prix d’être différent et on se fait manipuler inconsciemment dans notre manière de faire.
Je peux prendre plein d’exemples à ce sujet. Un des exemples qui arrive assez souvent c’est quand il y a des personnes qui se lèvent dans une salle. Vous savez, quand on voit que 80 % de la salle s’est levé, on a cette impression qu’on doit aussi se lever. Ou bien, parfois on se lève et on voit que personne ne suit et donc on se rassoit assez rapidement. Maintenant, imaginez seulement Chadrak, Méchak et Abed-Nego avec ces centaines de personnes qui se prosternent tous sans exception devant cette statue et qu’ils ne sont que trois à rester debout. En sachant, bien sûr qu’ils risquent la peine de mort. Imaginez la pression qu’ils ont dû avoir de se prosterner devant cette statue !

Alors, bien sûr, nous n’aurons probablement pas la pression de nous prosterner devant des statues en or maisque faisons-nous lorsque tout le monde autour de nous se moque d’une personne, la ridiculise et qu’on a cette pression de se conformer au groupe qui fait de mauvaises choses ? Que faisons-nous lorsque tous nos collègues de travail trichent sur leurs heures de travail et qu’on a envie de faire la même chose ? Que faisons-nous lorsque la société nous met la pression d’abandonner notre éthique sur la sexualité ? Que faisons-nous lorsque notre société promeut la réussite financière plutôt que la générosité ? Que faisons-nous lorsque la société d’aujourd’hui met en avant la stabilité à tout prix alors que Dieu nous appelle à vivre la dépendance de sa main ? Que faisons-nous lorsque les migrants autour de nous sont traités comme des chiens, sont placés dans des camps et que notre société nous appelle à les détester et à les fuir, plutôt que de les aimer et aller vers eux ? En fait, naturellement et bien souvent, on finit par faire ce que tout le monde autour de nous fait, même si on sait que ce n’est pas ça que l’on devrait faire. Comme on l’a vu il y a quelques semaines, on finit par faire comme si tout ce qui existait était le monde matériel et notre mission d’être le sel de la terre n’est pas accomplie. On finit par agir comme si Dieu n’existait pas. Je m’inclue dedans. Je crois que trop souvent, on perd de vue ce que Dieu nous appelle réellement à vivre parce que tout le monde vit différemment autour de nous. Comment faire, du coup pour éviter de tomber dans ce piège ?
- Vaincre la pression du groupe pour Dieu en acceptant de payer le prix
Je crois que l’expérience de Asch et surtout la Bible nous donnent deux points importants à prendre en compte. Le premier, c’est qu’on a besoin d’une communauté qui aime Dieu autour de nous, pour succomber moins facilement à la pression du monde qui nous entoure. Si on sent qu’on fait partie d’un groupe qui a une identité profonde, on arrivera plus facilement à se différencier. Ça, on le voit partout dans la Bible et tout particulièrement dans l’Ancien Testament. Ensuite, une des choses qui revient c’est qu’on a cette pression de se conformer au groupe parce que nous n’avons pas une identité qui est assez ancrée, parce que notre identité est trop liée au regard des autres. Et comme notre identité est trop rattachée au regard des autres, on finit par faire ce qu’ils font. Donc pour vaincre la pression de se conformer au monde qui nous entoure, il nous faut trouver notre place dans l’Église mais aussi ancrer toujours plus notre identité en Christ et être prêts à payer le prix de cette différence. Parfois, il n’y aura pas de grandes conséquences, mais parfois on sera moqués, isolés, battus, critiqués, emprisonnés ou tués à cause de notre différence.

Je ne sais pas si vous connaissez cette photo ? Je ne sais pas si vous remarquez cette personne au centre, qui a refusé de faire un salut nazi dans une foule pleine de nazis en face d’Hitler, le 13 juin 1936. Cet homme s’appelle August Landmesser. Il était fiancé avec une Juive mais le gouvernement allemand lui a refusé son mariage à cause des nouvelles lois de Nuremberg. Cela l’a conduit à refuser le conformisme totalitaire du régime nazi. Il a été ensuite arrêté et conduit dans un camp de concentration et est probablement mort en Croatie en 1944. Le refus de faire ce salut nazi est un acte frappant, n’est-ce pas ? Et heureusement qu’il y a eu des personnes comme lui qui ont fait preuve de courage pour relever les atrocités de la société.
En tant que chrétiens, nous sommes appelés à vivre exactement la même chose. Nous sommes appelés à être prêts à payer les conséquences, même si ces conséquences c’est la mort dans t’atroces souffrances. Tout comme Chadrak, Méchak et Abed-Nego ont accepté de payer le prix de leur vie, nous devrions être prêts à refuser le compromis en sachant quel est le prix à payer. Ce n’est que de cette manière que l’on pourra apporter quelque chose au monde. Si on n’est pas prêts à souffrir et à accepter notre différence du monde, nous n’apporterons rien d’intéressant. Quand l’Église fait exactement la même chose que le monde, le monde ne voit pas ce qu’il pourrait trouver dans l’Église.
- La balance qui se tourne
Mais un point encourageant c’est que l’expérience de Ash a montré que les effets de groupe perdaient en influence si une personne nous rejoint dans ce que nous faisons et dans ce que nous disons. C’est bien sûr, ce qu’il s’est passé dans l’histoire de Chadrak, Méchak et d’Abed-Nego. Ce Fils de Dieu qui a été présent dans la fournaise avec eux, les a réconfortés et soutenus. De la même manière, nous n’avons pas à avoir peur du regard des autres, de la pression du monde, parce que nous ne sommes pas seuls ! C’est ce que Paul dit dans la lettre aux Romains : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Lui, qui n’a point épargné son propre Fils [Jésus], mais qui l’a livré pour nous tous, comment ne nous donnera-t-il pas aussi toutes choses avec lui? Qui accusera les élus de Dieu? C’est Dieu qui justifie! Qui les condamnera? Christ est mort; bien plus, il est ressuscité, il est à la droite de Dieu, et il intercède pour nous! Qui nous séparera de l’amour de Christ? Sera-ce la tribulation, ou l’angoisse, ou la persécution, ou la faim, ou la nudité, ou le péril, ou l’épée? selon qu’il est écrit: C’est à cause de toi qu’on nous met à mort tout le jour, Qu’on nous regarde comme des brebis destinées à la boucherie. Mais dans toutes ces choses nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés. Car j’ai l’assurance que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni les choses présentes ni les choses à venir, ni les puissances, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur. » (Rm 8,31-39). Dieu ne nous promet pas qu’il va nous épargner les souffrances, même s’il en est capable et que parfois il le fait. Mais comme avec les amis de Daniel, nous savons que Dieu est avec nous au coeur des souffrances, nous n’avons plus à avoir peur de payer le prix de la différence. Nous n’avons plus à avoir peur de la mort, parce que Jésus a vaincu la mort pour nous, nous n’avons plus à avoir peur de la souffrance, parce que la souffrance n’est qu’une étape et que dans cette souffrance, Dieu nous entoure de ses bras d’amour. Et la Bible et l’histoire sont unanimes pour nous montrer que lorsque les chrétiens sont prêts à payer le prix, il y aura des miracles qui se feront. Le monde découvrira qui est Dieu par ces actes de courage extraordinaire.
Je pense en particulier à la mort d’Étienne, qui était un des premiers diacres de l’Église. Lorsqu’il se fait lapider, il est en paix parce qu’il voit Jésus l’entourer et l’accepter dans son royaume. Et c’est suite à sa mort que l’Église va se propager partout en Israël et ensuite dans le monde.
Parfois, lorsque l’on paie le prix de notre différence, on croit que l’on a perdu alors qu’en fait parfois il en ressort plus de bien qu’autre chose. L’histoire des amis de Daniel le montre bien. Alors qu’à la base, ceux qui devaient se faire tuer c’était ceux qui n’adoraient que Dieu, en fin de compte, ce sont les soldats de Neboukanestar qui meurent et même la sentence du roi vient à changer… Croyons, frères et sœurs, qu’à chaque fois que nous accepterons de vivre notre différence pour Dieu, il y a aura de grandes choses qui vont se passer, d’une manière ou d’une autre. Parfois, nous serons délivrés des tourments et parfois Dieu emploiera nos tourments pour qu’encore plus de personnes se tournent vers lui et croient en lui. Mais quoi qu’il en soit, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ ! Et c’est ça qui va nous permettre de tenir bon dans les plus grandes souffrances ! C’est ça qui va nous permettre d’accepter de payer le prix de la différence et c’est cela qui va conduire à un réel changement de notre société autour de nous.




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