L’écoute et la parabole du semeur, Luc 8,4-21

Ces prédications sont disponibles en audio sur le site de l’Église de Saint-Christol-lez-alès

Il y a deux semaines, pour le culte de clôture, j’avais prêché sur le fait d’écouter et c’est un thème qui m’est resté en tête encore ces derniers jours. Ce qui m’avais frappé en travaillant sur l’écoute il y a deux semaines c’est cette dimension où parfois nous pouvons répéter les mêmes mots qu’on nous a dit mais on n’écoute pas réellement : on n’est pas toujours présents comme on devrait l’être et on n’est pas toujours prêts à changer au contact de l’autre. Du coup, cette dernière semaine j’ai essayé de développer mes compétences d’écoute, en étant notamment à l’écoute de Dieu. J’ai aussi cherché d’autres textes de la Bible qui vont dans ce sens. J’aimerais bien ce matin vous partager une partie de mes réflexions sur un passage bien connu de l’évangile de Luc : la parabole du semeur !

Une grande foule s’étant assemblée, et des gens étant venus de diverses villes auprès de lui, il dit cette parabole: Un semeur sortit pour semer sa semence. Comme il semait, une partie de la semence tomba le long du chemin: elle fut foulée aux pieds, et les oiseaux du ciel la mangèrent. Une autre partie tomba sur le roc: quand elle fut levée, elle sécha, parce qu’elle n’avait point d’humidité. Une autre partie tomba au milieu des épines: les épines crûrent avec elle, et l’étouffèrent. Une autre partie tomba dans la bonne terre: quand elle fut levée, elle donna du fruit au centuple. Après avoir ainsi parlé, Jésus dit à haute voix: Que celui qui a des oreilles pour entendre entende! Ses disciples lui demandèrent ce que signifiait cette parabole. 10 Il répondit: Il vous a été donné de connaître les mystères du royaume de Dieu; mais pour les autres, cela leur est dit en paraboles, afin qu’en voyant ils ne voient point, et qu’en entendant ils ne comprennent point. 11 Voici ce que signifie cette parabole: La semence, c’est la parole de Dieu. 12 Ceux qui sont le long du chemin, ce sont ceux qui entendent; puis le diable vient, et enlève de leur coeur la parole, de peur qu’ils ne croient et soient sauvés. 13 Ceux qui sont sur le roc, ce sont ceux qui, lorsqu’ils entendent la parole, la reçoivent avec joie; mais ils n’ont point de racine, ils croient pour un temps, et ils succombent au moment de la tentation. 14 Ce qui est tombé parmi les épines, ce sont ceux qui, ayant entendu la parole, s’en vont, et la laissent étouffer par les soucis, les richesses et les plaisirs de la vie, et ils ne portent point de fruit qui vienne à maturité. 15 Ce qui est tombé dans la bonne terre, ce sont ceux qui, ayant entendu la parole avec un coeur honnête et bon, la retiennent, et portent du fruit avec persévérance. 16 Personne, après avoir allumé une lampe, ne la couvre d’un vase, ou ne la met sous un lit; mais il la met sur un chandelier, afin que ceux qui entrent voient la lumière. 17 Car il n’est rien de caché qui ne doive être découvert, rien de secret qui ne doive être connu et mis au jour. 18 Prenez donc garde à la manière dont vous écoutez; car on donnera à celui qui a, mais à celui qui n’a pas on ôtera même ce qu’il croit avoir. 19 La mère et les frères de Jésus vinrent le trouver; mais ils ne purent l’aborder, à cause de la foule. 20 On lui dit: Ta mère et tes frères sont dehors, et ils désirent te voir. 21 Mais il répondit: Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la mettent en pratique. (Luc 8,4-21)

  1. Les mauvaises écoutes

Nous l’avons déjà vu il y a deux semaines, ce qui est fondamental dans l’écoute c’est notre disposition de coeur. Parfois, notre coeur est tellement fermé que la Parole de Dieu n’a pas l’occasion de se planter et Satan l’enlève directement. Parfois nos coeurs sont tellement fermés que nous n’arrivons même pas à recevoir quoi que ce soit des autres ou de Dieu. On en a déjà parlé il y a deux semaines, donc je ne vais pas m’attarder sur ça. J’aimerais plutôt m’arrêter sur les autres terrains dont Jésus parle. Parfois nos coeurs sont relativement ouverts mais ils ne sont pas assez travaillés pour recevoir réellement la Parole de Dieu. Ça ne veut pas dire nécessairement que l’on est fermé mais plutôt qu’on n’arrive pas à donner à la Parole de Dieu sa juste place. En fait, dans les deux cas (le sol pierreux et les ronces), le problème c’est qu’on ne donne pas assez de place à la Parole de Dieu et que du coup elle ne peut pas se développer comme elle ledevrait. Ça peut marcher pendant un temps mais pas plus longtemps.

À la maison, Aglaé m’a donné une plante il y a quelques mois. Depuis qu’elle me l’a donné elle a beaucoup grandi, mais je n’ai pas trouvé le temps d’aller acheter un pot plus grand pour lui permettre de grandir. Le résultat, c’est qu’elle n’arrive pas à grandir comme il faudrait. Elle est un peu atrophié et risque de mourir si je ne fais pas quelque chose rapidement. Vous comprenez ? Ce n’est pas qu’une question de croissance. Il s’agit avant tout d’une question de vie et de mort.

Je vous repose donc cette question : comment écoutons-nous et lisons-nous la Bible ? Comment écoutons-nous ce que Dieu essaie de nous dire à travers les circonstances, les autres personnes et notre conscience ? Ça m’a marqué en re-lisant ce passage cette semaine. Nous ne pouvons pas espérer que la Parole de Dieu fasse son effet si nous ne labourons pas nos coeurs avant et peut-être que si nous avons l’impression de ne pas mûrir dans la foi, c’est parce que l’on ne laisse pas la place à la Parole de Dieu et que les soucis, les plaisirs et les richesses de la vie étouffent ce que Dieu veut nous dire. Mais plus que ça, je dirai que c’est une question de vie ou de mort spirituelle. Si nous n’agrandissons pas régulièrement notre espace pour Dieu, nous risquons de mourir spirituellement. Pas plus tard que cette semaine, j’ai essayé de mettre en pratique la prédication avant de la donner en essayant de ralentir dans ma lecture de la Bible. Ce que je fais, c’est que lis de grandes sections de la Bible pour rester immergé dans la Parole et avoir en tête la grande trame mais je lis aussi des toutes petites sections que j’essaie de méditer en profondeur. Méditer en profondeur nécessite une capacité à s’arrêter et à apprécier le moment présent avec Dieu. J’ai vite réalisé que ce n’était pas facile parce que je voulais passer à toutes activités de la journée qui m’attendaient et parce que lorsqu’on est à l’écoute de Dieu, on sait que l’on va devoir changer. Ça m’a demandé un véritable combat pour ne pas abandonner mais pour persévérer dans la méditation de la Parole. Le premier pas pour bien écouter ce que Dieu veut nous dire c’est donc de bien entretenir notre coeur et d’agrandir la place où Dieu peut agir et enlever les ronces de nos vies qui peuvent nous étouffer. Quelle est la place que nous laissons à Dieu dans nos vies et dans notre Église ? Quelle est la place que nous laissons à la croissance spirituelle dans nos vies et dans notre Église ? Parce que si nous ne laissons qu’une petite place il n’y aura qu’une petite croissance.

  1. La bonne écoute

C’est là qu’entre en jeu la bonne écoute. Jésus nous dit que la bonne terre qui porte du fruit ce sont « ceux qui entendent la parole avec un coeur bon et honnête, [qui] la retiennent et portent du fruit par la persévérance/patience » (v. 15). La deuxième étape, une fois qu’on a agrandi l’espace pour Dieu et qu’on a débroussaillé, c’est de façonner notre coeur, chercher à le transformer en un coeur honnête et bon. Ça commence par le fait d’abandonner tout faux-semblant qui nous éloignerait de Dieu parce que justement, « il n’y a rien de caché qui ne doive venir au grand jour » (v. 17), dit Jésus. Mais ce qui est intéressant ici c’est qu’il est question de persévérance et de patience. En lisant la parabole du semeur un peu rapidement, on peut avoir l’impression que la Parole de Dieu va faire son effet très rapidement et porter des fruits, mais en fait les fruits n’apparaissent que si l’on fait preuve de patience et de persévérance dans le fait de tailler les épines, d’agrandir l’espace pour Dieu et en travaillant nos coeurs. Le faire une fois ne va pas suffire, il nous faudra le faire encore et encore pour pouvoir voir des résultats profonds.

Un des exemples les plus visibles de cette réalité-là c’est celui du sport. Mon ancien pasteur à Berre fait du triathlon et il m’expliquait que le sport ne doit pas forcément être composé de sessions très intensives mais qu’il doit être relativement régulier (pas forcément tous les jours, mais au moins tous les deux-trois jours). Il m’expliquait aussi que ce qui était le plus mauvais pour la santé c’était d’être un sportif du dimanche et ne faire du sport qu’une fois par semaine mais de manière très intensive, parce que ça épuise notre coeur et ne le transforme pas.

Je crois que parfois, on est des chrétiens du dimanche. On met plein d’énergie pour avoir des périodes spirituelles profondes et riches mais on s’épuise rapidement parce qu’on n’est pas capable de tenir sur la durée. Une des choses les plus importantes à entretenir dans notre vie spirituelle c’est la persévérance et la constance.

  1. Jésus le grand laboureur !

Entretenir cette constance dans l’écoute n’est jamais facile mais il y a plusieurs choses qui peuvent nous encourager. Déjà, nous savons que le semeur va continuer à semer d’une manière ou d’une autre. Le silence de Dieu dont j’ai parlé il y a deux semaines est surtout lié à la dureté de nos coeurs mais Dieu continue à nous donner sa Parole qu’elles que soient les circonstances et Dieu nous promet qu’elle va faire son effet. Ça c’est important : quel que soit le moment où nous ouvrons notre coeur à Dieu, nous savons que Dieu va nous parler parce que le véritable obstacle n’est pas Dieu mais notre coeur. Mais ce qui est aussi fort c’est que nous sommes entre les mains du grand laboureur.

Un peu plus tard, Jésus raconte une autre parabole : 

Il dit aussi cette parabole: Un homme avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint pour y chercher du fruit, et il n’en trouva point. Alors il dit au vigneron: Voilà trois ans que je viens chercher du fruit à ce figuier, et je n’en trouve point. Coupe-le: pourquoi occupe-t-il la terre inutilement? Le vigneron lui répondit: Seigneur, laisse-le encore cette année; je creuserai tout autour, et j’y mettrai du fumier. Peut-être à l’avenir donnera-t-il du fruit; sinon, tu le couperas. (Luc 13,6-9)

Jésus fait tout pour que son peuple produise du fruit. Il est même allé jusqu’à donner sa vie en mourant sur une croix et ressusciter pour nous, pour labourer nos coeurs et que l’on produise du fruit. Il nous aime et attend avec patience que nous soyons prêts à le recevoir et à l’écouter. Tout ce que nous avons à faire c’est d’ouvrir nos coeurs à ce qu’il veut nous dire et nous allons le recevoir. « Écoutez et votre âme vivra » ! Laissons-nous labourer par Jésus et nous porterons du fruit.

Une réponse à « L’écoute et la parabole du semeur, Luc 8,4-21 »

  1. Avatar de zestful720bb89d00
    zestful720bb89d00

    tres belle prédication, très enrichissante… merci.

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