J’aimerais commencer cette prédication en vous demandant si vous vous êtes déjà imaginé ce qu’Israël avait dû vivre lorsqu’il était dans le désert et qu’il vivait en présence de l’Éternel, du dieu infini. Au milieu de leur camp il y avait le tabernacle avec la nuée de fumée qui était dessus et qui les guidait. Quand ils étaient au mont Sinaï, ils ont vu la gloire de Dieu avec les éclairs, le tonnerre, la puissance de la présence de Dieu. Ils étaient tellement impressionnés qu’ils ont dit qu’ils ne voulaient plus que ça se reproduise.
Lorsque vous eûtes entendu la voix du milieu des ténèbres, et tandis que la montagne était tout en feu, vos chefs de tribus et vos anciens s’approchèrent tous de moi, 24 et vous dîtes: Voici, l’Éternel, notre Dieu, nous a montré sa gloire et sa grandeur, et nous avons entendu sa voix du milieu du feu; aujourd’hui, nous avons vu que Dieu a parlé à des hommes, et qu’ils sont demeurés vivants. 25 Et maintenant pourquoi mourrions-nous? car ce grand feu nous dévorera; si nous continuons à entendre la voix de l’Éternel, notre Dieu, nous mourrons. 26 Quel est l’homme, en effet, qui ait jamais entendu, comme nous, la voix du Dieu vivant parlant du milieu du feu, et qui soit demeuré vivant? 27 Approche, toi, et écoute tout ce que dira l’Éternel, notre Dieu; tu nous rapporteras toi-même tout ce que te dira l’Éternel, notre Dieu; nous l’écouterons, et nous le ferons. 28 L’Éternel entendit les paroles que vous m’adressâtes. Et l’Éternel me dit: J’ai entendu les paroles que ce peuple t’a adressées: tout ce qu’ils ont dit est bien. 29 Oh! s’ils avaient toujours ce même coeur pour me craindre et pour observer tous mes commandements, afin qu’ils fussent heureux à jamais, eux et leurs enfants! (Deutéronome 5,23-29)
Plus tard, on a aussi le récit d’Ésaïe qui rencontre Dieu sur son trône. Dieu est tellement saint que les anges se couvrent la face. Quand Ésaïe voit Dieu, il dit : « malheur à moi ! Je suis perdu, car je suis un homme dont les lèvres sont impures, j’habite au milieu d’un peuple dont les lèvres sont impures, et mes yeux ont vu le roi, l’Éternel des armées » (És 6,5). Tout à la fin de la Bible, Jean écrit sa rencontre avec Jésus glorifié. Quand il le voit il tombe à ses pieds et Jésus lui dit : « Ne crains point ! Je suis le premier et le dernier, et le vivant. J’étais mort ; et voici, je suis vivant aux siècles des siècles. Je tiens les clés de la mort et du séjour des morts » (Ap 1,17-18). Imaginez-vous un instant être devant ce Dieu saint et puissant. Comment est-ce que vous réagiriez ? Qu’est-ce qui se passerait ? Qu’est-ce qui changerait ? Comment est-ce que vous vous comporteriez ? Imaginez ça un instant.
Aujourd’hui nous allons lire un des récit qui va nous aider à comprendre tout cela. C’est pour cela que je vous invite à ouvrir vos Bibles au livre des Actes, chapitre 2, versets 1-21.
Le jour de la Pentecôte, ils étaient tous ensemble dans le même lieu. 2 Tout à coup il vint du ciel un bruit comme celui d’un vent impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. 3 Des langues, semblables à des langues de feu, leur apparurent, séparées les unes des autres, et se posèrent sur chacun d’eux. 4 Et ils furent tous remplis du Saint Esprit, et se mirent à parler en d’autres langues, selon que l’Esprit leur donnait de s’exprimer. 5 Or, il y avait en séjour à Jérusalem des Juifs, hommes pieux, de toutes les nations qui sont sous le ciel. 6 Au bruit qui eut lieu, la multitude accourut, et elle fut confondue parce que chacun les entendait parler dans sa propre langue. 7 Ils étaient tous dans l’étonnement et la surprise, et ils se disaient les uns aux autres: Voici, ces gens qui parlent ne sont-ils pas tous Galiléens? 8 Et comment les entendons-nous dans notre propre langue à chacun, dans notre langue maternelle? 9 Parthes, Mèdes, Élamites, ceux qui habitent la Mésopotamie, la Judée, la Cappadoce, le Pont, l’Asie, 10 la Phrygie, la Pamphylie, l’Égypte, le territoire de la Libye voisine de Cyrène, et ceux qui sont venus de Rome, Juifs et prosélytes, 11 Crétois et Arabes, comment les entendons-nous parler dans nos langues des merveilles de Dieu? 12 Ils étaient tous dans l’étonnement, et, ne sachant que penser, ils se disaient les uns aux autres: Que veut dire ceci? 13 Mais d’autres se moquaient, et disaient: Ils sont pleins de vin doux. 14 Alors Pierre, se présentant avec les onze, éleva la voix, et leur parla en ces termes: Hommes Juifs, et vous tous qui séjournez à Jérusalem, sachez ceci, et prêtez l’oreille à mes paroles! 15 Ces gens ne sont pas ivres, comme vous le supposez, car c’est la troisième heure du jour. 16 Mais c’est ici ce qui a été dit par le prophète Joël: 17 Dans les derniers jours, dit Dieu, je répandrai de mon Esprit sur toute chair; Vos fils et vos filles prophétiseront, Vos jeunes gens auront des visions, Et vos vieillards auront des songes. 18 Oui, sur mes serviteurs et sur mes servantes, Dans ces jours-là, je répandrai de mon Esprit; et ils prophétiseront. 19 Je ferai paraître des prodiges en haut dans le ciel et des miracles en bas sur la terre, Du sang, du feu, et une vapeur de fumée; 20 Le soleil se changera en ténèbres, Et la lune en sang, Avant l’arrivée du jour du Seigneur, De ce jour grand et glorieux. 21 Alors quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. (Actes 2,1-21)
- Contexte : incapacité de l’homme à venir vers Dieu
Il y a quelques temps, j’ai suivi une formation de discipulat où nous avons parlé du pardon. On a un peu dérivé du sujet et on a beaucoup parlé des personnes qui disent qu’elles ne sont pas mauvaises. Un des participants à ce groupe disait qu’il avait croisé une personne cette semaine qui lui avait dit qu’elle n’avait jamais fait quelque chose de mal. Parfois, même en tant que chrétiens nous pensons qu’il n’y a presque plus de mal en nous et que nous sommes presque parfaits. Et puis, nous avons lu la première lettre de Jean qui affirme que « si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n’est point en nous » (1 Jn 1,8). C’est quelque chose de très difficile à notre époque de réaliser à quel point on est mauvais, à quelle point nos envies sont égocentriques, à quel point on est capable de faire ce qui est mauvais et à quel point faire ce qui est bon nous demande un véritable combat.
Je me rappellerai toujours d’un de mes cours d’histoire au lycée où nous avons travaillé la seconde guerre mondiale. Le professeur nous avait demandé si nous étions prêts à protéger des juifs si des problèmes comme ça revenaient. Tout le monde disait fièrement qu’ils étaient prêts à souffrir pour aider les autres et notre professeur nous avait dit qu’on ne pouvait pas réellement savoir parce qu’on ne réalise pas vraiment à quel point c’était un combat. La plupart des français était plutôt en position de « neutralité » vis-à-vis du régime nazi et très peu se sont véritablement engagé pour ou contre le régime nazi. Lorsque mon professeur nous avait expliqué tout cela, je me rappelle avoir été très attristé parce que je comprenais à quel point je pouvais faire ce qui était mauvais mais mes autres camarades étaient choqués, ils ne s’imaginaient pas capables de choses aussi atroces. Notre société se voit capable de faire ce qui est juste et droit mais dès qu’on arrive dans une situation critique, elle n’arrive pas à le faire.
Pourtant, lorsqu’on se présente devant le Dieu très saint, il n’y a pas de faux-semblants. Nos motivations les plus profondes sont examinées, nos plus petites actions sont placées sous le regard de Dieu. Devant Dieu, on ne peut pas argumenter et dire, oui mais ce que j’ai fait n’était pas si mauvais parce que… Dans les chroniques de Narnia, dans Le prince Capsian il y a un dialogue entre Lucie et Alsan que j’aime beaucoup :
« Lucy, dit [Aslan], nous ne devons pas rester ici longtemps. Vous avez du travail à faire, et nous avons perdu beaucoup de temps aujourd’hui. « Oui, n’est-ce pas dommage ? » dit Lucy. « Je vous ai bien vue. Ils n’ont pas voulu me croire. Ils sont tous si… » De quelque part au plus profond du corps d’Aslan, il y eut la plus faible suggestion d’un grognement. « Je suis désolée », dit Lucy, qui comprenait certains de ses états d’âme. « Je ne voulais pas commencer à critiquer les autres. Mais ce n’était pas ma faute de toute façon, n’est-ce pas ? Le Lion la regarda droit dans les yeux. « Oh, Aslan, dit Lucy. « Tu ne veux pas dire que c’était de ma faute ? Comment aurais-je pu – je n’aurais pas pu laisser les autres et venir vers toi toute seule, n’est-ce pas ? Ne me regarde pas comme ça… Oh, je suppose que j’aurais pu. Oui, et ça n’aurait pas été seul, je sais, pas si j’étais avec toi. Mais à quoi cela aurait-il servi ? Aslan ne dit rien. « Vous voulez dire, dit Lucy d’une voix faible, que tout se serait bien passé, d’une manière ou d’une autre ? Mais comment ? S’il te plaît, Aslan ! Ne dois-je pas savoir ? » « Savoir ce qui se serait passé, mon enfant ? » dit Aslan. « Non. On ne le dit jamais à personne. »1
Quand nous sommes sous le regard de Dieu, il n’a rien besoin de dire et on va finir par comprendre à quel point nous avons fait ce qui était mal. À cause de ce mal, de nos motivations, nous avons détruit notre relation avec Dieu.
- Le Saint-Esprit descend pour vivre dans la présence de Dieu
Être en présence de Dieu peut donc être quelque chose d’un peu douloureux parce que ça révèle notre propre faiblesse et son regard percent peut nous apeurer parce que rien n’est caché à Dieu. Mais ce passage nous aide à voir quelque chose d’incroyable. C’est qu’alors que nous étions loin de Dieu et que sa présence était tellement sainte que nous ne pouvions pas tenir une seule seconde devant lui, Dieu descend vers nous. Par la mort, la résurrection et l’ascension du Christ, nous pouvons nous présenter comme étant juste devant Dieu et vivre ce moment de Pentecôte. Dans la Bible, le vent et le feu symbolisent souvent la présence de Dieu. Ce passage nous montre que l’Esprit de Dieu vient en nous et que nous avons en nous la présence de ce Dieu saint ! C’est quelque chose que j’ai de la peine à réaliser moi-même. En relisant ce passage et en le travaillant, je me suis dit : « mais en fait, cette gloire et cette sainteté de Dieu que les hommes ne pouvaient même pas apercevoir sont en moi ? » Le Dieu qui était dans la fumée du tabernacle et du Temple, celui qui était dans le tonnerre du mont Sinaï, sur son trône céleste devant Ésaïe et là ! C’est le même Dieu ! Je suis un tabernacle/temple du Dieu saint ! C’est pas fou ça ? La fête juive de la Pentecôte (ou le Chavouot) célèbre le don des dix commandements. Mais ici, au lieu que ce soit Moïse qui soit monté vers Dieu pour intercéder, c’est Jésus qui le fait pour nous. Lorsque Moïse descend, il donne les dix commandements mais Jésus fait descendre son Esprit sur les chrétiens de tout types (qu’ils soient vieux ou jeunes, hommes ou femmes, serviteurs ou empereurs, etc) pour que nous puissions vivre sa Loi et vivre en sa présence.
Alors à quoi ressemble le fait d’être rempli de l’Esprit ? C’est une question que je me suis posé et je dois dire que ce n’est pas facile à décrire. Les apôtres étaient critiqués et certains disaient qu’ils étaient ivres. Ça peut nous donner un peu une indication de ce à quoi être rempli du Saint-Esprit ressemble. Les personnes remplies par l’Esprit sont pleines de joie et n’ont pas peur du regard des autres. Sarah Edwards qui était l’épouse d’un grand prédicateur d’un réveil auxÉtats-Unis, Jonathan Edwards, décrit son expérience ainsi :
Je me sentais plus parfaitement sevrée du monde et plus entièrement soumise à Dieu que je n’en avais jamais eu conscience auparavant. Je ressentais un indifférence totale aux opinions, aux remarques et comportements des gens me concernant. Ainsi qu’une complète acceptation que Dieu utilise d’autres instruments que mon mari pour répandre la grâce à Northampton.2
Voilà ce que fait la présence de Dieu en nous ! Il nous aide à voir nos péchés mais il nous aide aussi à nous en débarrasser et à voir ce qui est réellement important. L’Esprit de Dieu nous aide à vivre la Loi que nous avons reçu dans la Bible.
- Ça nous permet de vivre les prémices du royaume
Mais ce qui est encore plus extraordinaire avec tout ça c’est que ça va encore plus loin ! La fête de Pentecôte n’était pas seulement une commémoration du don de la Loi mais aussi une fête où les Juifs donnaient les prémices/avant-goût des récoltes à Dieu. Ce que nous voyons dans ce chapitre ce n’est donc que le début. Être temple du Saint-Esprit maintenant c’est déjà assez incroyable mais ce sera encore plus impressionnant lorsque Jésus reviendra. La suite du livre de Joël qui est cité par Pierre donne la description d’un jugement divins contre les nations mauvaises et contre le mal. Pour l’instant on donne à Dieu nos prémices, le début de notre travail mais on sait qu’à son retour la moisson sera aussi belle et bonne que cet avant-goût du royaume de Dieu que nous avons parce que tout mal sera exterminé.
La Bible décrit l’Église comme une fiancée ou une épouse qui attend avec impatience d’être avec son mari. Paul dans sa lettre aux Éphésiens écrit ceci : « Maris, que chacun aime sa femme, comme Christ a aimé l’Église, et s’est livré lui-même pour elle, afin de la sanctifier en la purifiant et en la lavant par l’eau de la Parole, pour faire paraître devant lui cette Église glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irréprochable. » (Éph 5,25-27). Quand Jésus reviendra pour être enfin pleinement présent avec l’Église ça sera magnifique parce qu’il verra l’Église belle comme une mariée qui attend son époux. Quand Jésus reviendra, on pourra se regarder mutuellement et se dire les uns aux autres, tu es enfin pleinement la personne que tu devais être. Toutes les belles choses que je voyais germer en toi ont enfin leur maturation : tu es prête à être avec Dieu et vivre en sa présence pour l’éternité. La Pentecôte nous amène beaucoup plus loin que simplement nos petits quotidiens mais nous appelle à regarder à l’avenir radiant que Jésus nous donne où chacun vivra pleinement sa vie chrétienne, sera guéri de ses fautes et de ses maladies et vivra la plénitude de la vie de l’Esprit. Puisse Dieu nous garder pour que nous puissions déjà en vivre les prémices maintenant.
1 C. S. Lewis, Le Prince Capsian, ch. 10.
2 Cité de la prédication de Joël Favre sur Ac 2,1-21: https://www.erb-grenoble.fr/tag/actes-des-apotres/




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