1 Six jours après, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, frère de Jacques, et les conduit à l’écart sur une haute montagne. 2 Il fut transformé devant eux ; son visage se mit à briller comme le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière. 3 Soudain Moïse et Élie leur apparurent et tous deux parlaient avec Jésus. 4 Pierre dit à Jésus : « Seigneur, il est bon que nous soyons ici. Si tu le veux, je dresserai ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie. » 5 Il parlait encore, lorsqu’une nuée lumineuse vint les couvrir, et de la nuée une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon fils bien-aimé, en qui je mets toute ma joie. Écoutez-le ! » 6 Quand les disciples entendirent cette voix, ils eurent tellement peur qu’ils se jetèrent face contre terre. 7 Jésus s’approcha, les toucha et dit : « Relevez-vous, n’ayez pas peur ! » 8 Ils levèrent alors les yeux et ne virent plus que Jésus, seul. 9 Tandis qu’ils descendaient de la montagne, Jésus leur fit cette recommandation : « Ne parlez à personne de cette vision, jusqu’à ce que le Fils de l’homme ressuscite d’entre les morts. » (Mt 17,1-9)
Six jours après…
Il est intéressant que notre passage commence directement avec une référence temporelle précise. Cela est plutôt rare dans les évangiles. Cette indication semble avoir été donnée pour lier la déclaration de Pierre, qui affirme que Jésus est le Christ, avec le passage de la transfiguration. Le chapitre 16 se termine en disant : « quelques-uns de ceux qui sont ici ne mourront pas avant d’avoir vu le Fils de l’homme venir comme roi » (Matt 16.28). La transfiguration de Jésus semble donc être l’accomplissement de cette promesse.
La grandeur de Jésus
Pour comprendre ce que Jésus voulait dire par là, il nous faut nous arrêter sur le sens de la transfiguration elle-même. L’apparition de Moïse et d’Élie est significative. En effet, Moïse représente la Loi de l’Ancien Testament et Élie, les prophètes. Par leur présence, ils montrent que Jésus se situe en continuité avec tout l’enseignement de l’Ancien Testament (Cf. Matt 5.17), puisque dans la tradition juive, l’expression « la Loi et les prophètes » est synonyme de l’Ancien Testament (Cf. Matt 22.40). De plus, Jésus montre qu’il est de la même stature que les plus grands hommes de Dieu et même que ceux-ci doivent être à son écoute parce qu’il est l’accomplissement de toutes les promesses faites à Israël dans la Loi et les prophètes. Jésus est ainsi revêtu de ses habits célestes, semblables à ceux des anges (Matt 28.3), montrant que Jésus est déjà roi sur les réalités d’en-haut et que, par sa résurrection, il va réconcilier le ciel et la terre.
La voix se fait entendre
Comme pour confirmer aux disciples que Jésus est bien roi, le Père fait entendre sa voix : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je mets toute ma joie. Écoutez-le » (Matt 17.5). De nos jours, cette déclaration ne nous choque pas réellement parce que nous avons reçu l’adoption de Dieu, mais pour les Juifs de l’époque, cela est une référence très claire au Psaume 2 qui proclame la royauté du Messie. Dieu fait donc comprendre aux disciples que Jésus n’est pas simplement le Messie, comme ils l’avaient compris en Matthieu 16, mais qu’il est également le roi et qu’il va diriger le monde entier (Ps 2.9).
La culture du secret
Comme il l’a déjà fait de nombreuses fois auparavant, Jésus déclare à ses disciples de ne pas parler de ce qu’ils ont vu ou vécu en sa présence. C’est ce que l’on appelle le « secret messianique ». Cela peut nous sembler étrange au premier abord. Jésus ne voulait-il pas que les Juifs se convertissent et apprennent à le connaître pour ce qu’il est vraiment ? Oui, bien sûr mais Dieu n’a pas la même vision de l’efficacité que nous. Il sait que certaines choses doivent prendre du temps pour être mieux comprises. Ses disciples ont vécu ce moment mais ne l’avaient pas compris. Il aurait été dangereux que d’autres personnes le sachent parce que les Juifs auraient voulu faire les choses trop vite, comme dans Jean 6.15 où ils veulent faire de Jésus leur roi.
« Même les meilleurs de l’équipe dirigeante de Jésus… n’écoutaient pas bien. [À la transfiguration] on aurait pu s’attendre à ce que Pierre tombe face contre terre… ou du moins à ce qu’il attende et écoute. Au contraire, Pierre fait ce que nous faisons souvent. Il voit une fenêtre de tir et interrompt avec un plan de son cru… Mais… la parole de Dieu pour Pierre et… pour nous est celle-ci : Écoute Jésus. » (Peter Scazzero, Devenir un disciple émotionnellement sain, Excelsis, Charols, 2021, p. 128-129)
Apprenons donc à écouter Jésus avant quoi que ce soit. Il sait ce dont nous avons besoin.




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