L’abandon de Jésus à la croix (Matthieu 27.32-38 et 45-51, 54)

32En sortant de la ville, ils rencontrèrent un homme venu de Cyrène du nom de Simon ; les soldats l’obligèrent à porter la croix de Jésus. 33Ils arrivèrent au lieu dit Golgotha, ce qui veut dire “le lieu du crâne”. 34Et là, ils donnèrent à boire à Jésus du vin mélangé avec un liquide amer ; après l’avoir goûté, il ne voulut pas en boire. 35Ils le crucifièrent et se partagèrent ses vêtements en tirant au sort. 36Puis, ils s’assirent là pour le garder. 37Au-dessus de sa tête, ils placèrent une inscription qui indiquait la raison de sa condamnation : « Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs. » 38Deux brigands furent alors crucifiés avec lui, l’un à sa droite et l’autre à sa gauche. 39Les passants l’insultaient en hochant la tête ; 40ils disaient : « Toi qui détruis le temple et le rebâtis en trois jours, sauve-toi toi-même, si tu es le Fils de Dieu, et descends de la croix ! » 41De même, les grands-prêtres, les spécialistes des Écritures et les anciens se moquaient de lui et disaient : 42« Il en a sauvé d’autres, mais il est incapable de se sauver lui-même ! Il est le roi d’Israël ? Qu’il descende maintenant de la croix et nous croirons en lui. 43Il a mis sa confiance en Dieu et a déclaré : “Je suis le Fils de Dieu.” Eh bien, si Dieu l’aime, qu’il le sauve maintenant ! » 44Et les brigands qui avaient été crucifiés avec lui l’insultaient de la même manière. 45À midi, l’obscurité se fit sur toute la terre et dura jusqu’à trois heures de l’après-midi. 46Vers trois heures, Jésus cria d’une voix forte : « Éli, Éli, lema sabactani ? » ce qui se traduit “Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?” 47Quelques-uns de ceux qui se tenaient là l’entendirent et s’écrièrent : « Il appelle Élie ! » 48L’un d’eux courut aussitôt prendre une éponge, la remplit de vin aigre et la fixa au bout d’un roseau, puis il la tendit à Jésus pour qu’il boive. 49Mais les autres dirent : « Attends, voyons si Élie vient le sauver ! » 50Jésus poussa de nouveau un grand cri et mourut. 51À ce moment, le rideau suspendu dans le sanctuaire se déchira depuis le haut jusqu’en bas. La terre trembla, les rochers se fendirent, …. 54Le centurion et les soldats qui étaient avec lui pour garder Jésus virent le tremblement de terre et tout ce qui arrivait ; ils eurent très peur et dirent : « Il était vraiment le Fils de Dieu ! »  (Matthieu 27.32-38 et 45-51, 54)

La mort du Messie

On arrive maintenant à la fin du récit de l’évangile de Matthieu. Alors que Jésus semblait avoir tellement de popularité, tout s’est renversé et son ministère semble avoir été inefficace. De fait, pour les Juifs de l’époque, la mort de Jésus révélait qu’il n’était pas réellement le Messie. Les disciples eux-mêmes semblent avoir perdu tout espoir mais contrairement à tout ce que nous aurions pu penser, Dieu a voulu faire de cette croix la source de salut pour son peuple.

Un Dieu à la fois juste et bon

À notre époque, l’idée qu’un Dieu envoie quelqu’un mourir en sacrifice nous paraît assez étrange, si ce n’est repoussant. C’est parce que notre société a perdu de vue la notion de la justice de Dieu. En effet, à chaque fois que nous nous détournons de sa volonté, nous créons une dette éternelle que nous devrions lui rembourser. Toutefois, ni notre vie, ni notre mort, ne peut suffire à la rembourser. Comme Dieu est juste, il ne peut pas simplement passer l’éponge. Il doit punir tout le mal qui a été fait sur terre, autrement il ne serait plus un Dieu parfaitement juste. La bonté et la justice de Dieu sont deux revers d’une même médaille que nous ne pouvons pas complètement voir en même temps.

Ce qu’il se passe réellement à la croix

Loin de parler de la croix comme d’un échec, la Bible la décrit comme étant le plan de Dieu pour sauver les pécheurs. En effet, lorsque Jésus est allé sur la croix, il a porté nos souffrances et nos péchés sur lui-même (És 53.3-5). Il a pris la condamnation que nous aurions dû avoir à cause de notre révolte contre Dieu. Comprendre l’ampleur de la souffrance de Jésus nous permet de réaliser la noirceur de nos péchés. En effet, lorsque Jésus s’écrie « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné » (v. 46), il a littéralement vécu l’enfer pour nous. C’est-à-dire qu’il a vécu l’abandon de son Père céleste (il ne l’appelle plus « mon Père » mais « mon Dieu ») et le retrait du regard favorable de son Père. Bien sûr, Jésus étant la deuxième personne de la Trinité, il est toujours compliqué de comprendre réellement ce qu’il s’est réellement passé ce jour-là. Cela n’enlève pas la réalité profonde de ce sacrifice : par amour pour nous, le Fils s’est donné à la croix, qui n’était pas simplement une souffrance physique mais surtout spirituelle, marquée par l’abandon de son Père.

Et la résurrection du Christ ?

Souvent dans nos milieux évangéliques nous oublions de parler de la résurrection. Toutefois, la résurrection est tout aussi essentielle que la croix de Jésus. Si la croix nous libère de nos péchés, la résurrection nous permet de vivre en nouveauté de vie par l’Esprit-Saint. La croix ne peut rien sans la résurrection.

Nos vies en sacrifice

Ce sacrifice de Jésus nous appelle à vivre nous-mêmes une vie de sacrifice. Paul nous le dit bien : « Frères et sœurs, puisque Dieu a ainsi manifesté sa bonté pour nous, je vous invite à vous offrir vous-mêmes en sacrifice vivant, qui appartient à Dieu et qui lui est agréable. C’est là le véritable culte conforme à la parole de Dieu » (Rm 12,1). Comme Jésus, êtes-vous prêts à donner vos vies à Dieu pour accomplir sa volonté ? Êtes-vous prêts à supporter les souffrances qui seront sur votre chemin ?

Laisser un commentaire