Récoltez ce que vous semez : Une leçon de Galates 6

Ce matin, nous finissons enfin l’épitre aux Galates. On se rappelle que dans les derniers textes que nous avions lu dans Galates, Paul voulait que l’on comprenne cette distinction entre la marche par la chair et la marche par l’Esprit. Lorsque nous recherchons la volonté de Dieu en comptant sur ses forces, nous marchons par l’Esprit. Par contre, lorsque nous faisons notre propre volonté en nous appuyant sur notre propre force, nous marchons par la chair. Dans le dernier chapitre que nous allons étudier, Paul veut nous donner des pratiques personnelles et communautaires pour nous aider à vivre une marche par l’Esprit. La semaine dernière, on avait passé pas mal de temps à chercher à comprendre ce que ça signifier que de marcher par la chair, et à quel point notre nature humaine était corrompue mais nous avions aussi vu que la vie par l’Esprit créait en nous des valeurs bonnes qui nous transforment et qui grandissent petit à petit, comme un fruit. Ces valeurs sont celles de l’amour, de la joie, de la paix, de la patience, de la bonté, de la bienveillance, de la fidélité et de la douceur, de la maitrise de soi. La Loi de Dieu n’est pas contre ces choses, au contraire elle nous encourage à les vivre par l’Esprit. Alors, je vous invite maintenant à ouvrir vos Bible à Galates 6 pour qu’on puisse voir un peu plus concrètement ce à quoi ressemble la vie par l’Esprit.

Frères, si un homme vient à être surpris en quelque faute, vous qui êtes spirituels, redressez-le avec un esprit de douceur. Prends garde à toi-même, de peur que tu ne sois aussi tenté. Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la loi de Christ. Si quelqu’un pense être quelque chose, quoiqu’il ne soit rien, il s’abuse lui-même. Que chacun examine ses propres oeuvres, et alors il aura sujet de se glorifier pour lui seul, et non par rapport à autrui; car chacun portera son propre fardeau. Que celui à qui l’on enseigne la parole fasse part de tous ses biens à celui qui l’enseigne. Ne vous y trompez pas: on ne se moque pas de Dieu. Ce qu’un homme aura semé, il le moissonnera aussi. Celui qui sème pour sa chair moissonnera de la chair la corruption; mais celui qui sème pour l’Esprit moissonnera de l’Esprit la vie éternelle. Ne nous lassons pas de faire le bien; car nous moissonnerons au temps convenable, si nous ne nous relâchons pas. 10 Ainsi donc, pendant que nous en avons l’occasion, pratiquons le bien envers tous, et surtout envers les frères en la foi. 11 Voyez avec quelles grandes lettres je vous ai écrit de ma propre main. 12 Tous ceux qui veulent se rendre agréables selon la chair vous contraignent à vous faire circoncire, uniquement afin de n’être pas persécutés pour la croix de Christ. 13 Car les circoncis eux-mêmes n’observent point la loi; mais ils veulent que vous soyez circoncis, pour se glorifier dans votre chair. 14 Pour ce qui me concerne, loin de moi la pensée de me glorifier d’autre chose que de la croix de notre Seigneur Jésus Christ, par qui le monde est crucifié pour moi, comme je le suis pour le monde! 15 Car ce n’est rien que d’être circoncis ou incirconcis; ce qui est quelque chose, c’est d’être une nouvelle créature. 16 Paix et miséricorde sur tous ceux qui suivront cette règle, et sur l’Israël de Dieu! 17 Que personne désormais ne me fasse de la peine, car je porte sur mon corps les marques de Jésus. 18 Frères, que la grâce de notre Seigneur Jésus Christ soit avec votre esprit! Amen! (Galates 6)

  1. Nous récoltons ce que nous semons

Il y a plein de sagesse dans le passage que nous venons de lire. Ce qui est le plus frappant est la notion de la moisson. Paul nous donne une leçon qui est assez évidente mais que l’on oublie souvent : on récolte ce que l’on a semé.

Si l’on plante du blé dans le sol, on ne doit pas s’attendre à ce qu’il y ait des tournesols qui poussent. C’est assez indéniable, mais quelles en sont les implications spirituelles ? C’est qu’il ne faut pas s’attendre, après avoir vécu par la chair, à voir des résultats spirituels. C’est une réalité qui est beaucoup plus profonde que ce que l’on pourrait imaginer. Parce que, parfois on s’amuse à aller jusqu’à la limite du péché et on s’étonne qu’on tombe dans le péché.

On le voit dans tout type de péché. On peut se dire : je ne pèche pas, je ne fais que flirter avec une collègue de travail et avant qu’on ne le réalise on commet un adultère, ou j’ai bien raison de me mettre en colère, il s’est conduit comme un idiot, et avant qu’on ne le réalise on devient comme Caïn et on tue quelqu’un. Ou encore, je ne regarde la télé ou mon téléphone que quelques minutes de plus et on finit par y rester collé plusieurs heures. On économise trop « au cas où » et on devient cupide, on admire trop son travail et on devient orgueilleux, on mange seulement un gâteau de plus et on devient glouton, on prend un verre d’alcool de plus et on finit ivre, on convoite et on tombe dans des péchés sexuels, etc. En fait, peu importe de quoi on parle. À l’étude biblique, jeudi, on disait à quel point, même un tasse de café peut aller jusqu’à devenir une addiction ou quelque chose qui nous fait vivre par la chair. Ce que nous dit Paul c’est que l’on a tous des endroits et des moments dans nos vies où on plante des racines dans le péché et on s’étonne que le péché en découle alors qu’on ne devrait pas, c’est normal que le péché arrive lorsque l’on vit par la chair. Le revers positif de la médaille, par contre, c’est que lorsque l’on vit par l’Esprit, on voit des fruits spirituels. Et lorsque l’on sème par l’Esprit et pour l’Esprit, nous savons que nous allons récolter une moisson spirituelle. Si l’on se met à prier, même lorsque c’est difficile ou lorsqu’on se met à l’écoute de ce que Dieu veut vraiment, on va commencer de plus en plus à vivre selon son Esprit et à voir ce fruit de l’Esprit naître en nous et dans les personnes autour de nous.

  1. La communauté de l’Esprit

C’est dans ce sens que l’on peut comprendre les recommandations de Paul à l’Église de Galatie. L’Église est la communauté de l’Esprit. C’est là, normalement, où l’on rencontre des personnes qui se laissent diriger par l’Esprit de Dieu en étant à son écoute pour rechercher sa volonté par sa force. Le nombre de choses que l’on apprend en vivant au quotidien avec l’Église : au culte, à la réunion de prière, aux groupes de maison, à l’étude biblique, etc, est extraordinaire. On serait surpris de savoir à quel point on peut apprendre simplement en étant avec d’autres personnes. Dieu nous appelle à être cette communauté où on peut se reprendre les uns les autres avec douceur. Alors, lorsque Paul parle des personnes spirituelles, il ne veut pas dire qu’il y a plusieurs classes de chrétiens : ceux qui sont spirituels et ceux qui ne le sont pas. En fait, Paul emploie le mot spirituel comme il l’a fait jusqu’ici, pour parler des personnes qui se laissent diriger par l’Esprit. Lorsque, par l’action du Saint-Esprit, nous voyons un péché dans la vie d’un de nos frère ou une sœur en Christ, nous nous devons d’aller l’aider à avancer. Pas sous le coup de l’accusation mais avec douceur et amour, en tenant compte de sa vie et de là où il en est spirituellement. Comme on l’a dit à l’étude biblique, ça ne doit pas se faire dans un esprit de supériorité mais en sachant que nous aussi nous pouvons tomber et être tentés. Ça ne sert à rien de se comparer parce que ce qui est le plus important c’est de soutenir et aider les autres à aller de l’avant.

C’est un peu comme si on avait des jumelles que l’on employait pour regarder le paysage et que tout à coup on découvrait un chamois. On a tellement envie que l’autre le voit, mais il ne peut le voir que si on lui prête les jumelles. 

C’est la même chose pour nous et c’est pour ça que Paul s’adresse surtout à des chrétiens. On peut se dire des choses parfois difficiles à entendre parce que nous avons le même Esprit qui nous révèle les mêmes choses. Ce qu’il nous faut, en fait, ce sont les jumelles. Dans les deux cas, on a besoin de l’Esprit pour voir les différents problèmes qu’il y a chez les autres et en nous. C’est quelque chose qui ne peut marcher que lorsque l’on est dans une communauté qui vit à l’écoute de l’Esprit-Saint, parce qu’autrement nous ferons des reproches qui ne seront pas guidés par l’Esprit et nous n’écouterons pas ceux qui viennent de l’Esprit.

  1. La croix du Christ

Et c’est là où la croix de Jésus prend tout son sens. On sait que l’on aimé malgré la noirceur de nos coeurs parce que Jésus a accompli le geste suprême d’amour pour son Église, celui de donner sa vie. Par la croix de Jésus, nos péchés sont pardonnés et nous n’avons plus le poids de la culpabilité de nos fautes qui tombent sur nous. Qu’est-ce que ça veut dire concrètement ? C’est que lorsque quelqu’un révèle en nous une faute, nous n’avons pas à nous sentir condamnés. Et ça, c’est quelque chose d’extraordinaire ! Nous savons déjà tellement que Dieu nous a pardonné et qu’il nous aime que même si l’on voit des péchés dans nos vies, ça ne va pas changer son regard sur nous ni notre identité. En fait, on est tellement enracinés en Christ, que même si on voit des défauts dans nos vies, on va en profiter pour grandir mais ça ne change pas le coeur de notre identité. Une des raisons pour lesquelles on a de la peine à entendre ce que les autres nous disent c’est la chair, c’est notre orgueil et notre égocentrisme, parce qu’on a l’impression que lorsque l’on touche à cette partie de nous, on perd notre identité. Mais si notre identité est en Christ, alors ce qui nous importe c’est d’avancer par l’Esprit en sachant que l’on est déjà pardonné. En y réfléchissant cette semaine, ça m’a beaucoup marqué parce que souvent je sais que je suis pardonné et aimé de Dieu mais parfois lorsque je reçois des commentaires négatifs ou une remise en question, j’ai le sentiment que je perd mon identité en Christ parce que j’ai ce sentiment de toujours devoir faire pour plaire à Dieu. En fait, il n’y a pas besoin de devoir construire mon identité en Christ, je l’ai déjà reçu par la foi. Je suis tellement aimé et pardonné que je suis capable d’entendre des reproches et des corrections. 

Le conseiller conjugal Gary Chapman aime bien employer l’image d’un réservoir d’amour. Il emploie cette image par rapport aux couples qui sont en incapacités de donner de l’amour parce que leur réservoir est vide. Parfois, c’est très dur de donner de l’amour parce que nous ne sommes pas bien entourés et nous avons reçu que peu d’amour dans nos vies. Mais ce qui devrait transparaître c’est l’amour de Dieu qui est tellement plus grand que notre réservoir d’amour qu’il déborde et si on nous montre des problèmes dans nos vies, nous avons une identité qui est suffisamment ancrée pour que nous ne puissions pas le prendre mal.

Alors, bien sûr on parle de l’amour de Dieu mais on voit aussi cela avec l’amour dans la communauté. Lorsque nous transmettons cet amour et que nous sommes si remplis de cet amour, nous pouvons être en capacité d’être à l’écoute des autres. Alors, n’ayons pas peur de nous dire les choses les uns aux autres. Seulement, il faut que ce soit fait avec l’Esprit, avec douceur et avec l’humilité de comprendre qu’on est au même niveau et portons les fardeaux les uns des autres. Soyons à d’abord à l’écoute lorsqu’un frère ou une sœur en Christ nous montre quelque chose dans nos vies. Tout cela en n’oubliant que nous sommes tellement aimés et pardonnés que ce n’est pas la découverte d’un péché dans nos vies qui doit nous démoraliser ou nous arrêter. Au contraire, ça devrait nous motiver à avancer vers Christ.

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