Un repas énigmatique
Pour beaucoup, ce repas de la cène est très énigmatique. Déjà à son époque, le langage de Jésus à ce sujet a choqué plus d’une personne (Jn 6.53-66). Pourquoi parle-t-il donc de son corps et de son sang que nous devons manger et boire ? Il faut savoir que dans l’ancien testament, boire du sang était complètement interdit (Dt 12.23). Les apôtres y ont également vu un des commandements fondamentaux à respecter dans le nouveau testament (Ac 15.19-29). Jésus ne faisait donc pas référence au fait de boire son sang littéralement. Comme à de nombreux autres endroits des évangiles, il nous faut comprendre autrement ce que Jésus voulait nous communiquer.
Manger la chair et le sang ?
Un des passages qui nous éclaire le mieux à ce sujet est la lettre de Paul aux Corinthiens : « Pensez à la coupe du repas du Seigneur pour laquelle nous bénissons Dieu : lorsque nous en buvons, ne nous met-elle pas en communion avec le sang du Christ ? Et le pain que nous partageons : lorsque nous en mangeons, ne nous met-il pas en communion avec le corps du Christ ? » (1 Co 10.16). La théologie réformée met l’accent sur cette réalité que nous retrouvons dans 1 Corinthiens. À la fois, le pain et le vin ne se transforment pas en sang et en corps, comme le dirait les catholiques, mais il ne s’agit pas, non plus, d’un simple symbole, comme le dirait de nombreux évangéliques. Il y a une véritable communion mystérieuse et inexprimable qui s’opère avec le corps et le sang du Christ qui nous élève jusqu’à lui. De plus, dans la Bible le sang est synonyme de « vie ». Lorsque Jésus nous appelle à boire son sang, il nous demande aussi d’accepter la vie qu’il nous donne par son sacrifice et par le Saint-Esprit.
Un repas d’alliance
Le parallèle avec le repas de Pâque est saisissant. La sainte-cène est un repas d’alliance qui est donc destiné à ceux qui font partie de cette alliance (les baptisés) et qui ont la foi. Jésus précise également qu’il s’agit de l’alliance nouvelle qui est en continuité avec l’ancienne mais qui la prolonge en lui donnant sa finalité pleine et entière.
« Nous confessons que la Sainte Cène nous apporte le témoignage de notre unité avec Jésus-Christ. [Il] nous repaît et nourrit vraiment aussi de sa chair et de son sang, afin que nous soyons un avec lui et que sa vie nous soit communiquée. Or, bien qu’il soit au ciel jusqu’à ce qu’il revienne pour juger le monde, nous croyons toutefois qu’il nous nourrit et vivifie -par l’action secrète et incompréhensible de son Esprit- de la substance de son corps et de son sang. Nous affirmons que cela se fait spirituellement… parce que ce mystère dépasse par sa grandeur notre humaine capacité, et tout l’ordre de la nature, bref : parce qu’il est céleste, nous estimons qu’il ne peut être saisi que par la foi » (La confession de foi de la Rochelle, art. 36).
Cet article de la confession de foi de la Rochelle nous appelle à nous saisir de ce don gratuit de Dieu par la foi. Paul nous explique d’ailleurs que lorsque ce sacrement n’est pas accepté par la foi, il nous conduit à des malédictions d’alliance parce que nous vivons une alliance sans s’engager à respecter les exigences de Dieu. Vivons donc cette grâce par la foi !




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