Aujourd’hui nous allons continuer à étudier l’épitre aux Galates et j’étais très content de voir que l’on avait bientôt fini d’étudier cette lettre. Aujourd’hui on va terminer le chapitre quatre qui clôture toute cette partie où Paul essaie de prouver aux Galates qu’il ne faut pas vivre sous la Loi mais qu’il faut vivre par l’Esprit et on va tout doucement commencer le chapitre cinq où Paul nous explique concrètement ce que cela signifie que de marcher par l’Esprit. Mais avant de commencer ça, il nous faut regarder cette dernière partie où Paul parle de la relation entre la Loi et la foi. Vous allez voir, au premier abord, ce que Paul dit semble contredire un peu ce qu’il disait avant. Je ne sais pas si vous vous rappelez des prédications précédentes où Paul disait que la Loi n’était pas mauvaise et qu’elle ne pouvait pas annuler la grâce qui a été donnée 430 ans plus tôt ! Pourquoi ? C’est parce que la substance de la Loi n’est pas mauvaise. C’est Dieu qui l’a créée, comment pourrait-elle être mauvaise ? Mais si cette Loi n’est pas mauvaise, il faut bien comprendre la raison pour laquelle elle a été créée. Elle a été donnée parce que nous étions comme des enfants qui avions beaucoup d’un cadre précis et défini sur chaque petit point. Maintenant que l’Esprit est venu, c’est totalement différent. Lorsque nous nous laissons diriger par l’Esprit, nous sommes plus mûrs et nous voyons les choses différemment, avec plus de profondeur. Dans le chapitre que nous allons lire, Paul va essayer de montrer que de se placer sous la Loi c’est comme si l’on vivait par la chair, c’est-à-dire par nos propres désirs, et non pas par l’Esprit. Il faut comprendre que dans ce chapitre, il parle de la Loi d’une manière différente que dans les chapitres précédents. Avant, il parlait de la Loi comme elle devait être vécue par le peuple d’Israël et comment nous devons la vivre et maintenant, il critique les personnes qui veulent vivre sous la Loi. C’est aussi pour ça que le langage de Paul semble si différent des chapitres précédents. Je vous invite donc à lire Galates 4,21-5,12.
21 Dites-moi, vous qui voulez être sous la loi, n’entendez-vous point la loi? 22 Car il est écrit qu’Abraham eut deux fils, un de la femme esclave, et un de la femme libre. 23 Mais celui de l’esclave naquit selon la chair, et celui de la femme libre naquit en vertu de la promesse. 24 Ces choses sont allégoriques; car ces femmes sont deux alliances. L’une du mont Sinaï, enfantant pour la servitude, c’est Agar, – 25 car Agar, c’est le mont Sinaï en Arabie, -et elle correspond à la Jérusalem actuelle, qui est dans la servitude avec ses enfants. 26 Mais la Jérusalem d’en haut est libre, c’est notre mère; 27 car il est écrit: Réjouis-toi, stérile, toi qui n’enfantes point! Éclate et pousse des cris, toi qui n’as pas éprouvé les douleurs de l’enfantement! Car les enfants de la délaissée seront plus nombreux Que les enfants de celle qui était mariée. 28 Pour vous, frères, comme Isaac, vous êtes enfants de la promesse; 29 et de même qu’alors celui qui était né selon la chair persécutait celui qui était né selon l’Esprit, ainsi en est-il encore maintenant. 30 Mais que dit l’Écriture? Chasse l’esclave et son fils, car le fils de l’esclave n’héritera pas avec le fils de la femme libre. 31 C’est pourquoi, frères, nous ne sommes pas enfants de l’esclave, mais de la femme libre. 5 C’est pour la liberté que Christ nous a affranchis. Demeurez donc fermes, et ne vous laissez pas mettre de nouveau sous le joug de la servitude. 2 Voici, moi Paul, je vous dis que, si vous vous faites circoncire, Christ ne vous servira de rien. 3 Et je proteste encore une fois à tout homme qui se fait circoncire, qu’il est tenu de pratiquer la loi tout entière. 4 Vous êtes séparés de Christ, vous tous qui cherchez la justification dans la loi; vous êtes déchus de la grâce. 5 Pour nous, c’est de la foi que nous attendons, par l’Esprit, l’espérance de la justice. 6 Car, en Jésus Christ, ni la circoncision ni l’incirconcision n’a de valeur, mais la foi qui est agissante par la charité. 7 Vous couriez bien: qui vous a arrêtés, pour vous empêcher d’obéir à la vérité? 8 Cette influence ne vient pas de celui qui vous appelle. 9 Un peu de levain fait lever toute la pâte. 10 J’ai cette confiance en vous, dans le Seigneur, que vous ne penserez pas autrement. Mais celui qui vous trouble, quel qu’il soit, en portera la peine. 11 Pour moi, frères, si je prêche encore la circoncision, pourquoi suis-je encore persécuté? Le scandale de la croix a donc disparu! 12 Puissent-ils être retranchés, ceux qui mettent le trouble parmi vous! (Galates 4,21-5,12)
- Vivre en vertu de la promesse ou par nos efforts ?
Ce que Paul essaie de faire dans ce passage, c’est de présenter deux démarches opposées. L’une que l’on doit faire et l’autre que l’on doit éviter. Il nous rappelle l’histoire d’Abraham qui avait reçu la promesse de Dieu que, malgré son grand âge et celui de sa femme qui était stérile, il aurait une descendance nombreuse, plus nombreuse que les étoiles dans le ciel. En entendant cette promesse de Dieu, Abraham lui a fait confiance et il s’appuie sur le Saint-Esprit pour voir cette promesse se réaliser. Mais qu’est-ce qu’il se passe. Après avoir attendu longtemps, en voyant sa femme devenir de plus en plus vielle, Abraham commence à s’inquiéter. Il se dit que Dieu tarde à lui répondre. C’est à ce moment que Sara se dit : « j’ai une idée géniale ! Si tu couches avec Agar, ta servante, elle portera des enfants pour toi et Dieu accomplira réellement la promesse qu’il a faite ». C’était un peu la P.M.A. de l’époque. Mais quel était le problème de cette idée, outre le fait qu’elle était complètement immorale ? C’est que Sara et Abraham voulaient vivre les promesses de Dieu par leur propres efforts et selon leur propre vision des choses.
Je ne sais pas si vous connaissez l’histoire de McBeth, écrite par Shakespeare. À un moment donné dans l’histoire, il y a des sorcières qui lui montre son avenir. Il est écrit qu’il va devenir roi. Le problème, c’est que cette révélation lui monte à la tête et toute l’histoire de McBeth est centrée sur le fait qu’il veut vivre son destin de la manière qu’il veut et exactement au moment où il veut. Il décide alors de tuer le roi et de forcer le pouvoir pour prendre sa place. La promesse des sorcières s’est accompli mais par sa propre force ! Du coup, il y a plusieurs personnes qui se rebellent contre lui et il finit par mourir.
Je trouve que ça illustre bien ce que l’on a tendance à faire naturellement lorsque Dieu nous fait des promesses. En fin de compte, ça finit souvent par nous retomber dessus parce que, même si ce que Dieu promet est vrai, notre manière de vivre ces promesses n’est pas toujours bonne. On se dit : « Dieu me promet la paix donc je peux vivre dans des situations complètement stressantes », « Dieu me promet qu’il n’y a pas de tentation trop grande pour moi donc je vais m’entourer de choses qui me tentent », « Dieu m’a promis de prendre soin de moi donc j’utilise mon argent pour acheter tout et n’importe quoi », « Dieu m’a promis un mariage heureux donc ce n’est pas grave avec qui je sors », « Dieu m’a promis la guérison donc je fait comme si je n’étais pas malade », « Dieu nous a donné une vision d’un nouveau local donc si on voit quelque chose à vendre ça doit forcément être ça », etc.
- Qu’est-ce que la vie par la chair implique ?
En fait, qu’est-ce que ça implique réellement de vivre de cette manière ? Ce que nous dit Paul c’est que ça ressemble, en fait, à vivre la Loi sans chercher à faire la volonté de Dieu. C’est le fait de s’obliger à respecter des règles sans chercher à les comprendre et à comprendre leurs implications.
C’est le fait de dire : « Je n’ai pas désobéi parce que je n’ai rien fait de contraire à ce qui est écrit » ou, comme les enfants, de dire : « mais maman, tu ne m’avais jamais dit qu’il ne fallait pas casser ce vase-là, tu m’avais parlé de l’autre, mais pas de celui-ci ».
Combien de fois jouons-nous sur les mots avec Dieu ? Combien de fois décidons-nous de prendre notre vie en main et d’enlever la place qui revient à Dieu seul ? En fait, vivre la Loi par nos propres efforts et selon notre propre volonté implique que l’on rejette Dieu lui-même. Ce que Paul dit aux Galates c’est ça : « vous voulez vivre la Loi sans Dieu, très bien faites ce que vous voulez mais comprenez bien que l’implication c’est que vous n’avez pas Dieu ». Encore une fois, la Loi en elle-même ne sert à rien. Vivre les exigences de Dieu ne sert à rien si l’on n’est pas à son écoute, en train de rechercher sa volonté, ce qu’il nous demande au quotidien et que l’on ne compte pas sur sa force pour faire ce qu’il nous demande. Si on ne fait pas ça, Paul va jusqu’à dire que l’on n’est pas sauvé et que l’on a l’accès au paradis qui est fermé. Alors, si ce n’est pas votre cas, je vous invite à vous lancer là-dedans et à rechercher la volonté de Dieu et à lui demander son aide. Si vous pensez que vous le faites déjà, je pense que ce qu’il nous faut comprendre c’est qu’à chaque fois que l’on agit de manière « charnelle » ou « naturelle », nous nous privons à cet instant t, de Dieu et de ses plans glorieux.
- Justifiés par la foi pour une vie d’amour
Il ne nous reste donc qu’une solution ! Vivre les promesses de Dieu par la foi et par l’Esprit, c’est-à-dire en recherchant sa volonté et en employant sa force. C’est ça qui nous rend réellement libres. Ce qui est intéressant c’est que, dans ce passage, on retrouve la foi, l’espérance et l’amour ensemble. Le plus grand désir de Paul pour l’Église, et donc celui de Dieu, c’est que nous ayons une espérance vivante que nous saisissons par la foi et qui nous conduit à une vie pleine d’amour. C’est qu’en s’appuyant sur ses promesses, nous puissions vivre le présent et l’avenir dans la sérénité et dans l’amour. On va voir dans les prochaines prédications sur les derniers chapitres de Galates ce que ça implique un peu plus. Mais ce qu’il nous faut comprendre c’est que ce qui est important pour Dieu, ce n’est pas d’abord que nous respections chacun des commandements, même s’il y a une raison importante pour laquelle il les donne, mais c’est que nous grandissions toujours plus, que nous cherchions sa volonté toujours plus et que nous lui donnions entièrement nos vies.
Je reprends encore l’illustrations de l’éducations des enfants parce qu’il y a beaucoup de parallèles avec ce que Dieu fait avec nous. Lorsque l’on donne plein d’ordres aux enfants, bien sûrs qu’on veut qu’ils les respectent, mais la totalité de ces ordres mis ensembles sont là, normalement, pour qu’ils deviennent matures, sages, responsables, aimants Dieu et spirituels. Bien sûr que c’est important qu’ils respectent les règles qu’on leur donne mais il ne faut pas que l’on oublie la grande image.
Frères et sœurs, Jésus-Christ est mort sur la croix et il est ressuscité pour nous donner l’Esprit et cette maturité. Il s’est donné pour que nous puissions vivre les promesses de Dieu selon sa volonté, ses desseins et par sa force. « C’est pour la liberté que Christ nous a libérés. Demeurez donc fermes, et ne vous remettez pas de nouveau sous le joug de l’esclavage. » (Gal 5,1). Dieu nous laisse ce choix : ou bien essayer d’accomplir ses promesses par notre propre force et selon sa volonté, mais du coup cela se fera sans lui, ou bien recevoir les promesses qu’il nous fait et les vivre par la foi. Pas comme un dû, mais comme une grâce. Dieu met devant nous la mort et la vie mais il nous dit : « choisis la vie » ! Alors, choisissons la vraie vie avec lui. Soyons à son écoute et acceptons de faire sa volonté et non la nôtre.




Laisser un commentaire