Aujourd’hui, c’est le dimanche de l’avent où nous réfléchissons à ce que la foi et l’espérance veulent dire. C’est très important de définir la foi parce que, d’une certaine manière, c’est ce qui nous définit en tant que chrétiens. Si nous n’avons pas la foi, nous ne sommes pas chrétiens. Le problème, c’est que nous avons souvent une mauvaise définition de la foi. Mark Twain, par exemple, disait que « La foi c’est croire en ce que l’on sait être faux ». À d’autres occasion, le monde définit parfois la foi comme étant simplement le fait de croire que quelque chose existe. Pourtant, Jacques nous dit que les démons croient en Dieu et qu’ils tremblent (Jc 2,19-20). Ce n’est pas cette foi qui va les sauver ! Alors qu’est-ce que la foi qui sauve ? L’auteur de l’épitre aux Hébreux veut répondre à cette question. L’Église à laquelle il écrit est une Église qui a vécu plusieurs crises où plusieurs personnes sont parties à cause de la persécution. Il aimerait donc les encourager à vivre la foi et à ne pas abandonner l’Église, comme c’était le cas de plusieurs personnes à ce moment. Pour cela, il va donner une définition partielle de la foi pour nous aider à comprendre un peu ce qu’elle est et son lien, notamment avec l’espérance. Il va aussi donner des tas d’exemple de personnes qui ont vécu cette foi, pour nous aider à comprendre tout ce que ça peut englober. Alors, comme c’est un long chapitre, nous n’aurons pas l’occasion de tout lire. Je vous invite à lire les versets que je vais sauter à la maison pour que vous puissiez encore mieux comprendre ce que représente la foi lorsqu’elle mise en pratique. Nous lisons donc Hébreux 10,35-11,16 et 11,32-12,3.
N’abandonnez donc pas votre assurance, à laquelle est attachée une grande rémunération. 36 Car vous avez besoin de persévérance, afin qu’après avoir accompli la volonté de Dieu, vous obteniez ce qui vous est promis. 37 Encore un peu, un peu de temps: celui qui doit venir viendra, et il ne tardera pas. 38 Et mon juste vivra par la foi; mais, s’il se retire, mon âme ne prend pas plaisir en lui. 39 Nous, nous ne sommes pas de ceux qui se retirent pour se perdre, mais de ceux qui ont la foi pour sauver leur âme. 11 Or la foi est une ferme assurance des choses qu’on espère, une démonstration de celles qu’on ne voit pas. 2 Pour l’avoir possédée, les anciens ont obtenu un témoignage favorable. 3 C’est par la foi que nous reconnaissons que le monde a été formé par la parole de Dieu, en sorte que ce qu’on voit n’a pas été fait de choses visibles. 4 C’est par la foi qu’Abel offrit à Dieu un sacrifice plus excellent que celui de Caïn; c’est par elle qu’il fut déclaré juste, Dieu approuvant ses offrandes; et c’est par elle qu’il parle encore, quoique mort. 5 C’est par la foi qu’Énoch fut enlevé pour qu’il ne vît point la mort, et qu’il ne parut plus parce Dieu l’avait enlevé; car, avant son enlèvement, il avait reçu le témoignage qu’il était agréable à Dieu. 6 Or sans la foi il est impossible de lui être agréable; car il faut que celui qui s’approche de Dieu croie que Dieu existe, et qu’il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent. 7 C’est par la foi que Noé, divinement averti des choses qu’on ne voyait pas encore, et saisi d’une crainte respectueuse, construisit une arche pour sauver sa famille; c’est par elle qu’il condamna le monde, et devint héritier de la justice qui s’obtient par la foi. 8 C’est par la foi qu’Abraham, lors de sa vocation, obéit et partit pour un lieu qu’il devait recevoir en héritage, et qu’il partit sans savoir où il allait. 9 C’est par la foi qu’il vint s’établir dans la terre promise comme dans une terre étrangère, habitant sous des tentes, ainsi qu’Isaac et Jacob, les cohéritiers de la même promesse. 10 Car il attendait la cité qui a de solides fondements, celle dont Dieu est l’architecte et le constructeur. 11 C’est par la foi que Sara elle-même, malgré son âge avancé, fut rendue capable d’avoir une postérité, parce qu’elle crut à la fidélité de celui qui avait fait la promesse. 12 C’est pourquoi d’un seul homme, déjà usé de corps, naquit une postérité nombreuse comme les étoiles du ciel, comme le sable qui est sur le bord de la mer et qu’on ne peut compter. 13 C’est dans la foi qu’ils sont tous morts, sans avoir obtenu les choses promises; mais ils les ont vues et saluées de loin, reconnaissant qu’ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre. 14 Ceux qui parlent ainsi montrent qu’ils cherchent une patrie. 15 S’ils avaient eu en vue celle d’où ils étaient sortis, ils auraient eu le temps d’y retourner. 16 Mais maintenant ils en désirent une meilleure, c’est-à-dire une céleste. C’est pourquoi Dieu n’a pas honte d’être appelé leur Dieu, car il leur a préparé une cité. (…) 32 Et que dirai-je encore? Car le temps me manquerait pour parler de Gédéon, de Barak, de Samson, de Jephthé, de David, de Samuel, et des prophètes, 33 qui, par la foi, vainquirent des royaumes, exercèrent la justice, obtinrent des promesses, fermèrent la gueule des lions, 34 éteignirent la puissance du feu, échappèrent au tranchant de l’épée, guérirent de leurs maladies, furent vaillants à la guerre, mirent en fuite des armées étrangères. 35 Des femmes recouvrèrent leurs morts par la résurrection; d’autres furent livrés aux tourments, et n’acceptèrent point de délivrance, afin d’obtenir une meilleure résurrection; 36 d’autres subirent les moqueries et le fouet, les chaînes et la prison; 37 ils furent lapidés, sciés, torturés, ils moururent tués par l’épée, ils allèrent çà et là vêtus de peaux de brebis et de peaux de chèvres, dénués de tout, persécutés, maltraités, 38 eux dont le monde n’était pas digne, errants dans les déserts et les montagnes, dans les cavernes et les antres de la terre. 39 Tous ceux-là, à la foi desquels il a été rendu témoignage, n’ont pas obtenu ce qui leur était promis, 40 Dieu ayant en vue quelque chose de meilleur pour nous, afin qu’ils ne parvinssent pas sans nous à la perfection. 12 Nous donc aussi, puisque nous sommes environnés d’une si grande nuée de témoins, rejetons tout fardeau, et le péché qui nous enveloppe si facilement, et courons avec persévérance dans la carrière qui nous est ouverte, 2 ayant les regards sur Jésus, le chef et le consommateur de la foi, qui, en vue de la joie qui lui était réservée, a souffert la croix, méprisé l’ignominie, et s’est assis à la droite du trône de Dieu. 3 Considérez, en effet, celui qui a supporté contre sa personne une telle opposition de la part des pécheurs, afin que vous ne vous lassiez point, l’âme découragée. (Hébreux 10,35-11,16 puis 11,32-12,3)
- Qu’est-ce que la foi
Qu’est-ce donc que la foi ? La foi englobe plusieurs choses en même temps. Il y a la notion de confiance. Si j’ai foi en cette chaise, j’ai confiance que je peux m’assoir dessus et je le fait tellement ma confiance est grande. La foi est aussi orientée vers un objet ou une personne : il y a une personne ou une chose en qui nous mettons notre foi, notre confiance. Là c’est en la chaise, mais si je dis que j’ai foi en Dieu, c’est que j’ai confiance en lui et que j’écoute ce qu’il me dit. Mais la foi est aussi orientée vers quelque chose dont on ne peut pas faire une preuve empirique. Ça ne rend pas la foi irrationnelle mais ça place les arguments au bon endroit.
Comment est-ce que je sais que je peux faire confiance à quelqu’un ? Il n’y a rien qui peut me garantir à 100 % que je puisse faire confiance à quelqu’un, mais j’ai souvent de bonnes raisons de croire ou de ne pas croire quelqu’un. Comment est-ce que je sais que sais que mes parents m’aiment ? Je ne peux pas le prouver à 100 % mais j’ai de bonnes raisons de croire que c’est vrai. Est-ce que j’ai raison d’avoir foi en cette chaise ? Elle me paraît solide, lorsque je la bouge, elle n’a pas l’air de craquer, je ne connaît personne dans l’Église qui voudrait piéger cette chaise, j’ai vu d’autres personnes s’assoir dessus, etc. Alors bien sûr, je peux me tromper et faire une erreur de jugement mais ça ne change pas le fait que la chaise soit solide ou pas. Ultimement, je ne peux vraiment savoir (à 100%) si la chaise supporte mon poids qu’en m’asseyant dessus. Lorsque je m’assois dessus, c’est la démonstration des choses que l’on ne voit pas. Vous savez maintenant que cette chaise est solide, parce que je me suis assis dessus.
La foi chrétienne c’est la même chose. On peut la regarder de loin et essayer de regarder les arguments en faveur de la foi chrétienne (et il y en a beaucoup), mais tant qu’on ne met pas sa confiance en Dieu, qu’on ne vit pas pour lui, nous ne pouvons pas recevoir les bénédictions qu’il nous promet. C’est pour cela qu’en 10,38-39 il est écrit : « mon juste vivra par la foi ; mais s’il se retire, mon âme ne prend pas plaisir en lui. Nous, nous ne sommes pas de ceux qui se retirent pour se perdre, mais de ceux qui ont la foi pour sauver leur âme » et en 11,6 : « Or, sans la foi, il est impossible de lui [Dieu] être agréable ; car il faut celui que celui qui s’approche de Dieu croie que Dieu existe, et qu’il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent ». L’épitre aux Hébreux nous appelle à vivre cette foi et à saisir les promesses de Dieu.
- La foi et l’espérance
Mais la foi peut aussi être portée vers des choses que l’on ne voit pas encore. Abraham, Isaac et Jacob n’ont pas vu l’accomplissement de la promesse de Dieu par rapport à une descendance nombreuse. Moïse n’est pas entré dans le pays promis. C’est parce que leur foi était orientée vers quelque chose qui n’était pas encore révélé. Ils avaient cette attente dans quelque chose de céleste, ils avaient foi en Jésus-Christ sans qu’il l’aient rencontré ni encore vu. Nous savons que Jésus revient et qu’il va faire toute chose nouvelle mais nous ne le voyons pas encore complètement.
Quand j’étais plus petit, pendant nos vacances en Suisse, mon père nous amenait voir les étoiles filantes pendant la nuit. Il me disait toujours, avant d’aller me coucher de bonne heure, que je devais bien dormir en attendant le moment où il allait me réveiller pour qu’on prenne la voiture, qu’on aille à un endroit où il n’y avait pas de pollution lumineuse et qu’on admire les étoiles filantes. On préparait la voiture plein d’enthousiasme, on mettait les couvertures, les chaises pour pouvoir s’asseoir et être protéger du froid lorsqu’on regardera les étoiles filantes et après, la partie la plus compliquée était de se laisser dormir. À ce moment-là, j’avais la foi qui était dirigée vers quelque chose de futur, que je ne pouvais pas encore voir. La raison pour laquelle j’avais autant confiance que j’allais voir des étoiles filantes c’est que je savais que mon père faisait attention aux dates particulières où l’on voit des étoiles filantes dans le ciel et qu’il savait très bien quel était les meilleurs endroits pour voir ces étoiles filantes. D’une certaine manière, ma confiance en mon père m’a permis d’avoir cette foi que j’allais voir ces choses futures.
Lorsque nous disons que la foi est la ferme assurance des choses que l’on espère, une démonstration de celles qu’on ne voit pas, c’est justement ça que la Bible veut dire. Nous savons que ces choses que l’on ne voit pas vont arriver parce que nous avons confiance dans le Dieu qui va les réaliser. Mais il y a plus que ça ! Lorsque j’ai cru à mon père, cela m’a aidé supporter les épreuves de la nuit, parce que j’étais impatient de voir ce spectacle que mon père m’avait promis de voir. J’ai été capable de supporter le fait de me coucher plus tôt que d’habitude, de me lever en plein milieu de la nuit, de peu dormir le restant de la matinée, etc. L’attente certaine et plein d’espérance de cet avenir proche m’a aidé à tenir bon et à faire des choses que je n’aurais jamais fait habituellement. C’est exactement la même chose pour la foi. La vision de cette espérance nous donne des forces que nous ne pourrions jamais imaginer. La fin d’Hébreux 11 le montre bien parce qu’on y trouve des histoires de personnes torturées, tuées ou même déchiquetés. Lorsque nous sommes dans l’espérance de quelque chose, les épreuves restent compliquées mais elles ne semblent plus insurmontables. Maintenant, imaginez que je n’ai pas fait confiance à mon père et que je lui dise que je préfère dormir et qu’il ne devait pas réveiller. Cela ne va pas empêcher l’accomplissement de la pluie d’étoiles filantes mais, je ne vais pas pouvoir les voir et les admirer. Mon manque de foi m’a empêché de voir l’accomplissement des promesses de mon père. Qu’est-ce que notre manque de foi nous empêche de voir ? Il y a plein de choses que l’on ne fait pas et que, du coup, on ne peut pas voir.
- Jésus qui a souffert pour nous pour susciter en nous la foi et la mener à la perfection
Mais heureusement, Dieu sait que nous sommes bien faibles. Si je m’arrêtais là dans ma prédication, même si je disais que nous sommes justifiés par la foi, ça resterait quelque chose de moralisant parce que tout ce que j’aurais dit c’est : « cherchez à avoir plus de foi ». Ce qui est passionnant dans cette liste de héros de la foi, que l’on trouve dans ce passage, c’est qu’il y a très peu de personnes qui avaient une foi inébranlable au départ. Abraham et Sara ont eu beaucoup de peine à croire en l’accomplissement des promesses divines, Jacob a forcé la main à son père pour recevoir sa bénédiction, Moïse est parti d’Égypte en ayant peur de pharaon (Ex 2,14), etc. Toutes ces personnes n’étaient pas des exemples de foi et d’espérance au cours de leur vie. Toutefois, ils sont devenus des héros dans la foi. Pourquoi ? C’est parce que Dieu a été patient avec eux et qu’il les a transformés. L’auteur de l’épître nous demande d’avoir « les regards fixés sur Jésus, qui suscite la foi et la mène à la perfection ; en échange de la joie qui lui était réservée, il a souffert la croix, méprisé l’ignominie, et s’est assis à la droite du trône de Dieu. Considérez, en effet, celui qui a supporté contre sa personne une telle opposition de la part des pécheurs, afin que vous ne vous lassiez point, l’âme découragée » (Hé 12,2-3). Jésus n’est pas simplement un exemple de foi à suivre, c’est ce qu’il a enduré à la croix qui nous donne la force de vivre cette foi. Il suscite en nous la foi et la fait grandir, de tant de manières différentes. À travers la Parole, les sacrements, l’Église, la prière, etc, pour que nous soyons enfin prêts à vivre comme des étrangers sur cette terre et à espérer ce royaume de Dieu de tout notre coeur ! Il travaille en nous pour que nos désirs soient modelés sur les siens.
Je ne sais pas si vous imaginez l’image que Paul essaie de communiquer ici. C’est comme si le Vélodrome était rempli de personnes qui vous encourageait et, contrairement à la plupart des supporters de football, vous disent : « je te comprends, moi aussi je suis passé par là et j’ai eu beaucoup de progrès à faire et Dieu m’a transformé, maintenant je suis auprès de lui et ça vaut le coup ! » Et toutes ces personnes t’encouragent et t’applaudissent ! C’est une vision qui est profonde et qui est profondément réelle. Nous ne voyons pas encore cette nuée de témoins mais nous savons qu’elle nous entoure et qu’elle est vraie. Et on se rappelle la vision de l’apôtre Jean dans l’apocalypse où il voit la grande foule, tous les chrétiens qui ont existé de tous les temps et qui adorent Dieu en lui disant : Saint, Saint, Saint est le Seigneur, les cieux et la terre sont remplis de sa gloire ! Quand on pense à cela, comment pouvons-nous abandonner ? C’est quelque chose de très différent que de dire : « Tu dois t’asseoir sur cette chaise » et « Je comprends tes doutes. Moi aussi, cette chaise ne me semblait pas très solide et je suis parti plusieurs fois, ça m’a pris du temps pour m’asseoir dessus et même au départ je n’ai pas mis tout mon poids. Mais regarde cette chaise est solide, on voit qu’elle est stable, je connais bien son fabriquant et en plus, je viens de m’asseoir dessus et je suis plus lourd que toi. Alors, je t’encourage à le faire, tu es fatigué de rester debout et cette chaise te promet du repos. En plus, je vais t’aider dans chacune des étapes pour que tu fasses confiance en cette chaise. Je vais te tenir pour que tu ne tombes pas si jamais la chaise se casse, etc ».
Je ne sais pas si vous réalisez à quel point ces deux manières de faire sont très différentes. L’une est moralisante et l’autre est encourageante et donne envie d’être vécue. Mais combien de fois ne faisons-nous pas cela, lorsque nous évangélisons ou lorsque nous voulons aider quelqu’un à lutter contre un péché, ou même lorsque nous voulons, nous-mêmes, avancer dans notre foi. Mais lorsqu’il y a ce partage de nos vécus, qu’il y a une mise en avant de l’espérance vivante qui nous est donnée, c’est très différent ! Parce que l’on est encouragé à aller à Christ lui-même qui transforme notre foi et la mène à sa pleine maturité. Vous vous sentez coincés dans votre foi, dans vos luttes contre vos péchés ? Allez à Christ, il n’y a pas d’autre solution. Il a souffert les mêmes souffrances que nous et il est à nos côtés pour nous aider.




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