Jésus et la Foi: Le Miracle à Cana et Bethesda (Jean 4,43-5,9)

Après ces deux jours, Jésus partit de là, pour se rendre en Galilée; 44 car il avait déclaré lui-même qu’un prophète n’est pas honoré dans sa propre patrie. 45 Lorsqu’il arriva en Galilée, il fut bien reçu des Galiléens, qui avaient vu tout ce qu’il avait fait à Jérusalem pendant la fête; car eux aussi étaient allés à la fête. 46 Il retourna donc à Cana en Galilée, où il avait changé l’eau en vin. Il y avait à Capernaüm un officier du roi, dont le fils était malade. 47 Ayant appris que Jésus était venu de Judée en Galilée, il alla vers lui, et le pria de descendre et de guérir son fils, qui était près de mourir. 48 Jésus lui dit: Si vous ne voyez des miracles et des prodiges, vous ne croyez point. 49 L’officier du roi lui dit: Seigneur, descends avant que mon enfant meure. 50 Va, lui dit Jésus, ton fils vit. Et cet homme crut à la parole que Jésus lui avait dite, et il s’en alla. 51 Comme déjà il descendait, ses serviteurs venant à sa rencontre, lui apportèrent cette nouvelle: Ton enfant vit. 52 Il leur demanda à quelle heure il s’était trouvé mieux; et ils lui dirent: Hier, à la septième heure, la fièvre l’a quitté. 53 Le père reconnut que c’était à cette heure-là que Jésus lui avait dit: Ton fils vit. Et il crut, lui et toute sa maison. 54 Jésus fit encore ce second miracle lorsqu’il fut venu de Judée en Galilée. Après cela, il y eut une fête des Juifs, et Jésus monta à Jérusalem. Or, à Jérusalem, près de la porte des brebis, il y a une piscine qui s’appelle en hébreu Béthesda, et qui a cinq portiques. Sous ces portiques étaient couchés en grand nombre des malades, des aveugles, des boiteux, des paralytiques, qui attendaient le mouvement de l’eau; car un ange descendait de temps en temps dans la piscine, et agitait l’eau; et celui qui y descendait le premier après que l’eau avait été agitée était guéri, quelle que fût sa maladie. Là se trouvait un homme malade depuis trente-huit ans. Jésus, l’ayant vu couché, et sachant qu’il était malade depuis longtemps, lui dit: Veux-tu être guéri? Le malade lui répondit: Seigneur, je n’ai personne pour me jeter dans la piscine quand l’eau est agitée, et, pendant que j’y vais, un autre descend avant moi. Lève-toi, lui dit Jésus, prends ton lit, et marche. Aussitôt cet homme fut guéri; il prit son lit, et marcha. (Jean 4,43-5,9)

v. 43-54: Après son départ de la Samarie, Jésus voit une grande différence entre les samaritains et les Galiléens. Alors que les samaritains n’ont eu aucun miracle ou signe fort pour croire en lui, les galiléens ne cessent de demander des miracles et des oeuvres puissantes de la part de Jésus (v. 48). Jean l’avait déjà souligné en Jean 2,24-25, la foi de la plupart de ces Juifs est superficielle, là où celle de la samaritaine a opéré un changement radical. Pour Jésus, au contraire, il nous faut apprendre à croire sans voir (Jean 20,29-31). La démarche de l’officier était donc probablement liée à cela. Le fait qu’il demande à Jésus de venir chez lui, à Capernaüm (à 30 km de Cana), révèle également son désir de voir le miracle de ses propres yeux.

Note: La guérison du fils de l’officier et la transformation de l’eau en vin ont de nombreux parallèles. Ils ont été appelés signes, ont été faits à Cana, Jésus semble rejeter la demande pour ensuite l’accepter et le signe conduit à la foi de nombreuses personnes.

En reprenant, la même idée que dans Jean 2, avec la transformation de l’eau en vin, Jésus semble rejeter la demande de l’officier parce qu’il ne veut pas faire des miracles, simplement pour faire des miracles. Il est fondamental pour lui que ses miracles aient un sens précis qui conduisent à révéler qui il est vraiment. Ici, la guérison du fils de l’officier nous montre que Jésus est celui qui est capable de guérir. Il a l’autorité sur la maladie et sur le monde. De plus, après avoir montré que son royaume était pour les Juifs (Nicodème, Jean 3) et pour les samaritains (Jean 4), Jésus veut montrer que son royaume inclut également les non-Juifs ou les païens qui croient en lui.
Il est beau de voir également le changement qui s’opère dans la foi de l’officier. Au début de l’histoire, il vient à Jésus, probablement désespéré et en dernier recours (puisque son fils était sur le point de mourir) mais il apprend à faire confiance à la parole de Jésus et à la croire de tout son coeur. C’est cela qui le change réellement et c’est pour cette raison que Jésus accepte de guérir son fils. C’est parce qu’il a cru et obéit au commandement de Dieu.

Note: Le fait que toute la maison de l’officier se mette à croire en Dieu est significatif de la mentalité que l’on trouve dans la Bible. Alors que nous avons maintenant une compréhension très individualiste de la foi, à l’époque de Jésus, la foi est quelque chose qui se vivait en famille et en communauté. Lorsque le représentant de la famille (le plus souvent, le père) se convertissait, cela impactait toute la famille qui était aux bénéfices de cette foi. C’est en partie pour cela que dans les Églises réformées évangéliques, nous baptisons les enfants de croyants, comme le faisaient les apôtres au premier siècle (Cf. Actes 16,30-34).

5,1-9: Juste après cette guérison, Jésus va en opérer une nouvelle, celle à la piscine de Bethesda. Comme c’était le cas de l’officier, ce malade est désespéré et cela fait des années qui attend la guérison. De la même manière que la samaritaine et que l’officier, ce malade a cherché la solution à ses problèmes au mauvais endroit. Au lieu de faire confiance à Dieu et de chercher sa volonté dans sa maladie, il choisit d’aller à un endroit qui a été dédié à Asclépios, le dieu gréco-romain de la médecine. C’est alors que Jésus pose la question fatidique: « veux-tu être guéris »? Mais pourquoi Jésus pose-t-il donc cette question? Cela ne fait-il pas justement 38 ans qu’il cherchait à être guéri? Je pense que la question de Jésus est surtout pour lui montrer l’inefficacité de sa méthode. Ce qu’il cherche, il n’arrive pas à le trouver et en plus de cela, ce qu’il cherche vraiment est la guérison de sa vie toute entière, pas simplement celle de son corps. De même que pour la guérison du fils de l’officier, c’est le commandement de Jésus vient tout changer: « Lève-toi, prend ton lit et marche » (v. 8). C’est avant tout une vie nouvelle que Jésus a donné à ce paralytique. Encore une fois, Jésus montre, par ce signe, qu’il est souverain sur la maladie et sur monde. Il est plus puissant que les divinités étrangères. Mais nous verrons cela plus en détails demain!

Applications:

Ce passage nous exhorte à examiner notre foi. Pourquoi croyons-nous? Est-ce que c’est parce que nous attendons des miracles de la part de Dieu? Est-ce parce que nous désirons des bénédictions? Ou encore, est-ce que nous avons besoin de voir des choses miraculeuses se passer sous nos yeux pour pouvoir croire? En ayant dit cela, il ne faut pas tomber dans l’autre extrême et dire que Dieu ne guérit jamais. Au contraire! Ce passage est également là pour nous montrer que Dieu est un Dieu guérisseur et puissant, auquel nous pouvons faire confiance pour toute notre vie. Seulement, que cherchons-nous réellement? Cherchons-nous vraiment à vivre la guérison de nos âmes? Sommes-nous prêts à vivre la foi en profondeur? Sommes-nous prêts à écouter ce que Dieu nous commande et à lui faire confiance? Il ne garantit pas que nous allons guérir physiquement, mais il nous promet que nous pouvons trouver une réponse et une paix en lui, parce que Jésus-Christ son Fils a pris sur lui toutes nos infirmités, nos maladies et nos péchés sur la croix. Nous qui ne faisions pas partie du peuple de Dieu, il nous a racheté par le sang du Christ, par le moyen de la foi pour que nous puissions nous lever et accomplir sa volonté. Gloire lui soit rendu!

Prière (tirée du livre de N. T. Wright):

Méditez les signes relatés dans ces deux épisodes et laissez-les vous montrer la vraie nature du Christ. Demandez à Dieu de vous aider à entendre ce que Jésus vous dit et à y prêter foi en toute simplicité, à le croire sur parole comme le haut fonctionnaire. Priez pour que Jésus vous délivre de votre tendance à tolérer le péché…, et qu’il vous ordonne de vous lever pour que vous marchiez avec lui dans une nouvelle vie.

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