Voici le témoignage de Jean, lorsque les Juifs lui envoyèrent de Jérusalem une délégation de prêtres et de lévites pour lui demander : « Qui es-tu ? » 20 Il dit clairement la vérité, sans se dérober, et leur déclara ouvertement : 21 Je ne suis pas le Messie. – Mais alors, continuèrent-ils, qui es-tu donc ? Es-tu Elie ? – Je ne le suis pas. – Es-tu le Prophète ? – Non. 22 – Mais enfin, insistèrent-ils, qui es-tu ? Il faut bien que nous rapportions une réponse à ceux qui nous ont envoyés. Que dis-tu de toi-même ? 23 – Moi ? répondit-il, je suis cette voix dont parle le prophète Esaïe, la voix de quelqu’un qui crie dans le désert : Préparez le chemin pour le Seigneur ! 24 Les envoyés étaient du parti des pharisiens. 25 Ils continuèrent de l’interroger : Si tu n’es pas le Messie, ni Elie, ni le Prophète, pourquoi donc baptises-tu ? 26 – Moi, leur répondit Jean, je vous baptise dans l’eau, mais au milieu de vous se trouve quelqu’un que vous ne connaissez pas. 27 Il vient après moi, mais je ne suis pas digne de dénouer la lanière de ses sandales. 28 Cela se passait à Béthanie, à l’est du Jourdain, là où Jean baptisait. 29 Le lendemain, Jean aperçut Jésus qui se dirigeait vers lui ; alors il s’écria : Voici l’Agneau de Dieu, celui qui enlève le péché du monde. 30 C’est de lui que je vous ai parlé lorsque je disais : « Un homme vient après moi, il m’a précédé, car il existait déjà avant moi. » 31 Moi non plus, je ne savais pas que c’était lui, mais si je suis venu baptiser dans l’eau, c’est pour le faire connaître au peuple d’Israël. 32 Jean-Baptiste rendit ce témoignage : J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et se poser sur lui. 33 Je ne savais pas que c’était lui, mais Dieu, qui m’a envoyé baptiser dans l’eau, m’avait dit : Tu verras l’Esprit descendre et se poser sur un homme ; c’est lui qui baptisera dans le Saint-Esprit. 34 Or, cela, je l’ai vu de mes yeux, et je l’atteste solennellement : cet homme est le Fils de Dieu. 35 Le lendemain, Jean était de nouveau là, avec deux de ses disciples. 36 Il vit Jésus qui passait, et il dit : Voici l’Agneau de Dieu ! 37 Les deux disciples entendirent les paroles de Jean et se mirent à suivre Jésus. 38 Celui-ci se retourna, vit qu’ils le suivaient et leur demanda : Que désirez-vous ? – Rabbi – c’est-à-dire Maître –, lui dirent-ils, où habites-tu ? 39 – Venez, leur répondit-il, et vous le verrez. Ils l’accompagnèrent donc et virent où il habitait. Il était environ quatre heures de l’après-midi. Ils passèrent le reste de la journée avec lui. 40 André, le frère de Simon Pierre, était l’un de ces deux hommes qui, sur la déclaration de Jean, s’étaient mis à suivre Jésus. 41 Il alla tout d’abord voir son frère Simon et lui dit : Nous avons trouvé le Messie (ce qui se traduit par Christ). 42 Et il le conduisit auprès de Jésus. Jésus le regarda attentivement et lui dit : Tu es Simon, fils de Jonas. Eh bien, on t’appellera Céphas – ce qui veut dire Pierre. 43 Le lendemain, Jésus décida de retourner en Galilée. Il rencontra Philippe et lui dit : Suis-moi 44 Philippe était originaire de Bethsaïda, la ville d’André et de Pierre. 45 Philippe, à son tour, alla voir Nathanaël et lui dit : Nous avons trouvé celui dont Moïse a parlé dans la Loi et que les prophètes ont annoncé : c’est Jésus, le fils de Joseph, de la ville de Nazareth. 46 – De Nazareth ? répondit Nathanaël. Que peut-il venir de bon de Nazareth ? – Viens et vois toi-même ! répondit Philippe. 47 Jésus vit Nathanaël s’avancer vers lui. Alors il dit : Voilà un véritable Israélite, un homme d’une parfaite droiture. 48 – D’où me connais-tu ? lui demanda Nathanaël. – Avant même que Philippe t’appelle, lui répondit Jésus, lorsque tu étais sous le figuier, je t’ai vu. 49 – Maître, s’écria Nathanaël, tu es le Fils de Dieu, tu es le Roi d’Israël ! 50 – Tu crois, lui répondit Jésus, parce que je t’ai dit que je t’ai vu sous le figuier ? Tu verras de bien plus grandes choses encore. 51 Et il ajouta : Oui, je vous l’assure, vous verrez le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre entre ciel et terre par l’intermédiaire du Fils de l’homme. (Jean 1,19-51)
v. 19-34: Le théologien N. T. Wright répond bien aux questions que l’on peut se poser en lisant les premiers versets de ce passage:
À l’époque de Jésus, les Juifs attendent depuis des siècles le retour du grand prophète Élie. En effet, les Écritures annoncent qu’il reviendra « avant que le jour de l’Éternel arrive, ce jour grand et terrible » (Malachie 4,5). Selon 2 Rois 2, Élie n’est pas mort comme tout le monde, mais il a été enlevé au ciel. Nombreux sont ceux qui guettent sa venue, annonciatrice de l’âge nouveau. Or beaucoup de Juifs fidèles, et très probablement Jésus en personne, voient en Jean-Baptiste le nouvel Élie, même si le principal intéressé ne partage pas cet avis: le Nouveau Testament ne donne aucune explication à ce mystère (voir par exemple Marc 9,13). Quoi qu’il en soit, Jean refuse catégoriquement qu’on le prenne pour Élie. Ce dernier n’est pas le seul grand prophète de l’Ancien Testament. En fait, à l’époque de Jéwus, la plupart des Juifs lui donnent plutôt la seconde place, derrière Moïse. En Deutéronome 18,15-18, Dieu promet qu’il suscitera un jour un prophète comme Moïse pour guider son peuple. Les contemporains du Christ s’attendent à l’apparition de cet envoyé (voir Jean 6,14), même si la plupart ne font sans doute guère la distinction entre les différents personnages dont les Écritures et les rabbins prédisent la venue. Ils savent que quelqu’un doit venir, et ça leur suffit. Et ce serait bien qu’il se dépêche de venir remettre un peu d’ordre dans la pagaille de leur époque.
N. T. Wright, Jean, Les guides bibliques pour tous, p. 18-19.
Jean-Baptiste est clairement le nouvel Élie qui vient pour préparer le chemin du Seigneur. Il est d’ailleurs question de cela dans le récite de sa naissance miraculeuse dans Luc 1,17. La raison pour laquelle il refuse qu’on le nomme Élie est simplement parce que ces Juifs attendaient le retour du « vrai » Élie et non pas la venue d’un nouvel Élie. Le fait qu’Élie aie été emporté auprès de Dieu n’est pas anodin à ce sujet (Il y a d’ailleurs aussi des parallèles à faire entre tout cela et la transfiguration où l’on retrouve Élie et Moïse ensemble, unis à Jésus, Cf. Marc 9).
Le comportement de Jean est également particulièrement frappant par rapport à la manière dont il comprend son ministère. Il ne se prend que pour une voix qui prépare le chemin… de Dieu lui-même. Jean-Baptiste comprenait la grandeur de son ministère et en même temps, la petitesse de ce qu’il était et faisait par rapport au futur ministère de Jésus, le Dieu incarné. Ceci est un appel fort pour nos différentes vocations. Nous sommes appelés à comprendre la grandeur de nos travaux, de nos témoignages, parce qu’ils accueillent le roi des rois et son oeuvre de salut, mais aussi parce que nous sommes insignifiants par rapport à ce que Dieu va réellement faire. Ici, le ministère de la Parole incarnée est d’être l’agneau de Dieu qui. s’offre en sacrifice pour servir, protéger et délivrer son peuple, comme l’agneau de Pâque en Exode 12. Avons-nous réellement conscience de qui est Dieu et que nous ne sommes même pas dignes de délier les courroies de ses lacets? En nous-mêmes, nous ne sommes même pas dignes de le servir. Mais c’est par le sacrifice du Christ que nous sommes transformés et renouvelés.
v. 35-51: Après cette section, arrive une nouvelle, qui décrit la manière dont les premiers disciples ont été appelés. La manière dont Jésus agit avec ses disciples est très contextualisé à chacun, il n’appelle personne de la même manière. Aux disciples de Jean, il leur donne envie de découvrir sa vie, à Simon, il lui donne une nouvelle identité en le renommant Pierre. À Nathanaël, il lui fait part de sa connaissance surnaturelle, etc. Il ne faut donc pas s’attendre à ce que chaque personne personne se convertisse de la même manière que nous ou que nos enfants aient les mêmes besoins/questions spirituels que nous. Cela nous rappelle également l’importance du témoignage à travers nos amis et nos connaissance. Avant d’aller évangéliser le monde entier, nous pouvons déjà en parler aux personnes que nous connaissons autour de nous et qui ont besoin de cette bonne nouvelle.
Note: Pour N. T. Wright, la critique de Nathanaël concernant Nazareth est due au fait qu’il soit originaire d’un village rival, Cana (Cf. Jean 21,2). Cela peut aussi être dû au fait que Nazareth soit un village insignifiant. Comment le plus grand prophète qui n’aie jamais existé pourrait-il venir d’un tel village? C’est parce que c’est un prophète qui a décidé de s’abaisser vers nous.
Enfin, la promesse qui a été faite à Nathanaël est très intéressante: « voir le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre au dessus du Fils de l’homme » (v. 51) est une référence explicite à l’échelle de Jacob en Genèse 28. Jésus est le nouveau temple, celui qui fait le lien entre le ciel et la terre et quiconque place sa confiance en lui pourra voir le ciel ouvert, ce lien entre le monde spirituel et le monde matériel!
Prière (tirée du livre de N. T. Wright)
Remerciez Dieu d’avoir donné Jésus pour qu’il soit l’Agneau pascal qui enlève le péché du monde. Rendez-lui grâce également pour avoir envoyé le Saint-Esprit vivre dans le coeur des chrétiens. Demandez-lui de vous donner une profonde humilité à l’instar de Jean-Baptiste, afin que votre seul but soit de mettre le Christ en valeur plutôt que votre propre personne. Demandez-lui aussi de vous donner l’audace d’inviter les autres à rencontrer Jésus par eux-mêmes.




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