Aujourd’hui, nous allons continuer avec notre étude de l’épître aux Galates. Jusqu’ici, nous avons vu que le message de Paul était important, qu’il venait de Dieu et qu’il n’était pas en incohérence avec celui des apôtres et de la bible toute entière. Nous avons aussi vu que le message de Paul était que nous étions justifiés par la grâce seule, par le moyen de la foi seule. Cela implique beaucoup de choses dans notre manière de vivre la communion dans l’Église. Le fait que nous soyons justifiés par le moyen de la foi implique que ce qui nous unit c’est Jésus-Christ. Parfois nous avons tendance à vivre comme si c’était notre statut social, notre argent, nos passions qui nous unissent les uns aux autres. Pas du tout ! La réalité de la communion en Christ est que plus on se rapproche ensemble de lui et plus on se rapproche les uns des autres. Ayant dit tout cela, Paul va montrer quelles sont les preuves bibliques et théologiques de ce qu’il avance. Pourquoi est-ce que Christ est suffisant pour la communion ? Pourquoi est-ce que nous sommes sauvés par la foi ? Comment est-ce que l’on peut vivre sa vie chrétienne ? C’est pour toutes ces questions, que je vous invite à regarder Galates 3,1-14.
O Galates, dépourvus de sens! qui vous a fascinés, vous, aux yeux de qui Jésus Christ a été peint comme crucifié? 2 Voici seulement ce que je veux apprendre de vous: Est-ce par les oeuvres de la loi que vous avez reçu l’Esprit, ou par la prédication de la foi? 3 Etes-vous tellement dépourvus de sens? Après avoir commencé par l’Esprit, voulez-vous maintenant finir par la chair? 4 Avez-vous tant souffert en vain? si toutefois c’est en vain. 5 Celui qui vous accorde l’Esprit, et qui opère des miracles parmi vous, le fait-il donc par les oeuvres de la loi, ou par la prédication de la foi? 6 Comme Abraham crut à Dieu, et que cela lui fut imputé à justice, 7 reconnaissez donc que ce sont ceux qui ont la foi qui sont fils d’Abraham. 8 Aussi l’Écriture, prévoyant que Dieu justifierait les païens par la foi, a d’avance annoncé cette bonne nouvelle à Abraham: Toutes les nations seront bénies en toi! 9 de sorte que ceux qui croient sont bénis avec Abraham le croyant. 10 Car tous ceux qui s’attachent aux oeuvres de la loi sont sous la malédiction; car il est écrit: Maudit est quiconque n’observe pas tout ce qui est écrit dans le livre de la loi, et ne le met pas en pratique. 11 Et que nul ne soit justifié devant Dieu par la loi, cela est évident, puisqu’il est dit: Le juste vivra par la foi. 12 Or, la loi ne procède pas de la foi; mais elle dit: Celui qui mettra ces choses en pratique vivra par elles. 13 Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous-car il est écrit: Maudit est quiconque est pendu au bois, –14 afin que la bénédiction d’Abraham eût pour les païens son accomplissement en Jésus Christ, et que nous reçussions par la foi l’Esprit qui avait été promis.
- Vivre la foi chrétienne par la Loi
Alors, quels sont les arguments de Paul pour affirmer que nous sommes sauvés par le moyen de la foi et non pas par nos propres efforts ? Quand on regarde au tout début de notre passage, on voit que, pour Paul, c’est évident : nous n’avons pas reçu l’Esprit parce que nous avons fait des efforts pour le recevoir mais parce que nous avons vu Jésus-Christ dépeint sous nos yeux. C’est-à-dire que la prédication de Paul était tellement vivante et animée par l’Esprit, qu’ils ont eu l’occasion de voir Dieu à l’oeuvre et qu’ils se sont convertis parce qu’ils ont connus Dieu de cette manière. Et Paul nous pose cette question: est-ce que dans notre vie chrétienne, nous arrivons à avancer parce que nous avons fait des efforts ou parce que nous nous laissons diriger par Dieu, que nous arrivons à le voir et le connaître et que nous lui faisons confiance ? Qu’est-ce qui nous fait avancer profondément ? Bien sûr que c’est l’Esprit et pas nos propres efforts ! Ça prouve que Dieu ne nous sauve pas selon nos efforts mais bien par la foi. Mais c’est vrai qu’il y a tant de fois où nous cherchons à avancer par nos propres efforts et par la Loi.
En fait, la Loi ressemble à un cadre qui délimite les choses. Mais un cadre ne permet pas en lui-même qu’il y ait une peinture à l’intérieur. Le cadre a beau être magnifique, il faut qu’il y ait un peintre qui vienne et qui mette de la vie à l’intérieur de ce cadre pour qu’il soit complet et qu’il serve à quelque chose. Le cadre est là pour mettre en avant la peinture et pas pour se mettre en avant lui-même. De la même manière, la Loi, en elle-même, toute seule, ne peut rien faire si ce n’est de fixer des limites. Nos efforts ne peuvent rien faire si ce n’est nous condamner encore plus. Sans l’Esprit et sans la vie par la foi, ce cadre de la Loi est terne, il manque de vie et il est oppressant. Il est pire qu’inutile puisqu’il nous conduit à la malédiction. Parce que, par nous-mêmes, nous sommes incapables de vivre la Loi, elle ne peut que développer notre culpabilité devant Dieu.
C’est intéressant parce que nous vivons très souvent comme ça. Combien de fois, par exemple, on met la pression sur les enfants pour qu’ils vivent une vie exemplaire mais sans leur rappeler que Dieu les aime et les pardonne ? Est-ce que ce qui est plus important pour nous c’est qu’ils cherchent à se conformer à la Loi de Dieu ou bien est-ce que c’est qu’il aiment Dieu ? Si c’est le fait qu’ils vivent la Loi morale de Dieu et que, du coup, on ne leur communique pas le pardon de Dieu et sa grâce, alors ils vont crouler sous le poids de la malédiction de la Loi. Ils vont se dire constamment qu’ils ne sont pas à la hauteur et qu’ils devraient faire plus, mais ils ne seront jamais en paix. J’ai connu trop d’enfants qui étaient terrorisés par le jugement de Dieu, parce qu’on avait mis sur leurs épaules le poids de la Loi de Dieu, tout en leur disant qu’ils étaient incapables de le faire. On peut penser aussi aux jeunes convertis ou aux non-chrétiens qui cheminent vers Christ. Qu’est-ce que ça implique si on mettait sur leurs épaules le poids de la Loi de Dieu, alors qu’ils ne sont pas encore mûrs pour tout comprendre et pour tout vivre ? Ça soulignerait que notre priorité n’est pas que ces personnes se rapprochent de Dieu mais plutôt qu’ils se conforment à des actes extérieurs. Par rapport à nous-mêmes, nous faisons aussi souvent la même chose. Nous plaçons notre valeur dans ce que l’on peut accomplir et on vit la Loi sans Dieu et sans son regard.
- Christ nous a racheté de la malédiction
La Loi peut-elle donc apporter quelque chose de bon ? Si tout ce qu’elle apporte en elle-même c’est la culpabilité, comment pouvons-nous être positifs par rapport aux commandements de Dieu ? Il y a certaines Églises, par exemple, qui ont décidé d’abandonner les commandements de Dieu, sous prétexte qu’ils ne servent à rien et qu’ils nous éloignent de Dieu lui-même. Pourquoi est-ce qu’on en fait pas autant à l’Église réformée évangélique de Saint-Christol, alors qu’on a lu ces passages si profonds ? C’est parce que Jésus-Christ a pris sur lui la malédiction qui été attachée à cette Loi. Puisque Jésus est mort pour nos péchés, le poids de cette Loi ne doit plus reposer sur nos épaules. On n’a pas besoin de se justifier par nos propres efforts, de dire « regardez comme je suis quelqu’un de bien » ni même de trouver sa valeur dans ce que l’on fait. Parce que Jésus est mort sur la croix, nous pouvons vivre la Loi sans être constamment soumis à la culpabilité.
Je ne sais pas si vous connaissez un poste de travail qui est réputé très mauvais et qu’à chaque fois qu’il y a une nouvelle personne qui prend ce poste, il finit en burn-out dans les mois qui suivent. On peut parfois aller jusqu’à dire que ce poste est maudit. Maintenant, imaginez que quelqu’un ait pris ce poste et qu’il ait fait les bonnes modifications pour que son successeur n’ait pas trop à faire mais qu’il ait un travail équilibré. Cette personne a enlevé la malédiction qui été rattachée à ce poste parce qu’il a transformé les attentes et les moyens de vivre ce travail.
Concrètement, pour nous, ça implique qu’on peut se rattacher à toute l’histoire de l’Ancien Testament sans être sous la malédiction de la Loi. Ça implique aussi qu’on peut garder les exigences de Dieu sans être constamment dans la culpabilité. Pourquoi ? Parce que nous avons été purifiés de nos péchés et parce que nous sommes déjà justes en Jésus-Christ. Pas besoin de nous purifier par nos œuvres et nos efforts, de toute manière nous n’y arriverions pas. Nous sommes enracinés et justifiés en Jésus-Christ.
- Vivre la Loi par la foi
La question qui se pose à nous maintenant, c’est comment est-ce que l’on veut vivre cette Loi ? On peut la vivre par nos efforts et tomber sous la malédiction de la Loi, ou bien la vivre par la foi. Abraham a vécu par la foi et tous ses descendants étaient appelés à vivre les exigences de Dieu par la foi aussi. C’est pour cela que les vrais fils d’Abraham sont ceux qui ont la foi en Jésus-Christ et pas ceux qui sont les descendants biologiques. Paul nous pose donc cette question : comment vous êtes-vous convertis ? Si c’est par la foi, vous devez continuer à avancer par la foi. Ça veut dire aussi que chaque pas de notre vie chrétienne doit être vécu par la foi. Si nous sommes bloqués dans notre vie chrétienne, la première réponse ne devrait pas être : « fais plus d’efforts » mais « regarde à Jésus-Christ, il a pris la malédiction de la Loi, il t’a purifié par sa mort, mais pas seulement ça, il est ressuscité pour nous donner son Esprit et pour nous permettre de vivre la Loi par son Esprit ». Quand on est bloqué dans notre vie, la solution est de se rapprocher du Christ mort et ressuscité pour nous. En faisant cela, nous vivrons la Loi par l’Esprit. Alors, bien sûr, il ne faut pas minimiser les efforts et dire qu’ils ne servent à rien. Parfois, il faut se forcer à prier, à lire dans la Bible, à aimer, à faire du bien même quand on en n’a pas envie. Mais les efforts ne sont pas la réponse ultime, ni ce qui va nous faire avancer et grandir à long terme dans notre vie chrétienne.
J’avais déjà expliqué la semaine dernière qu’en fonction de notre manière de vivre la foi on peut avoir un comportement plus narcissique ou sain. Un autre exemple qu’on pourrait prendre c’est la différence entre celui qui se force constamment à travailler dans ses études qu’il déteste et celui qui est passionné et qui ne compte pas ses heures de travail. Celui qui déteste ses études va finir par abandonner ou donner un travail médiocre. Celui qui est passionné, par contre, va traverser des périodes complexes où il va devoir se forcer mais il va tenir bon parce que ce qu’il regarde au bon endroit.
Si je reprends l’exemple des enfants, c’est vrai, il faut leur mettre la pression des exigences divines mais cela doit être constamment vécue en rappelant que Jésus a pris la malédiction de la Loi, qu’il nous aime et nous pardonne, qu’il nous donne son Esprit pour avancer dans la foi. Ce qui doit les motiver à avancer et à vivre la Loi, ce n’est pas le regard des autres ou la conformité à la Loi, mais bien l’amour de Dieu pour eux. Et lorsque l’on vit ainsi, ça sera magnifique à voir parce qu’il y aura la vie à l’intérieur de ce cadre dont on parlait au départ. Une vie belle et riche et extraordinaire, puisque poussée par l’Esprit. Puissions-nous refléter cette réalité profonde dans notre Église.




Laisser un commentaire