Ces derniers temps, nous avons beaucoup entendu parlé de l’IVG et de l’euthanasie en France. Mon union d’Église (UNEPREF) s’était déjà exprimée sur la question de l’euthanasie en 2001 (ici) mais avec les différents changements actuels, il est fondamental de passer quelques temps sur un sujet si important.
Les commandements bibliques
La Bible, ne peut pas être plus clair sur le sujet: la vie humaine doit être préservée à tout prix et nous sommes appelés à prendre soin des plus faibles. Il paraîtrait donc logique que la Bible interdise l’avortement et l’euthanasie. Un des passages-clés est le suivant:
Si des hommes se battent, heurtent une femme enceinte et la font accoucher sans qu’il n’y ait de conséquence malheureuse, ils seront punis d’une amende imposée par le mari de la femme, qu’ils paieront devant les juges. 23 Mais s’il y a une conséquence malheureuse, tu donneras vie pour vie, 24 œil pour œil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied, 25 brûlure pour brûlure, blessure pour blessure, plaie pour plaie. 26 Si un homme frappe l’œil de son esclave, homme ou femme, et qu’il lui fasse perdre l’œil, il le laissera partir libre pour prix de son œil. (Exode 21,22-26)
Ici, nous voyons que la Bible considère que la vie in utero est réellement une vie aussi importante de celle d’un adulte. Ce n’est pas parce qu’une personne est en développement ou parce qu’elle est en fin de parcours qu’elle a moins de valeur que les autres. Mais pourquoi ce principe?
Quels principes sont derrières ces versets?
Notre société considère trop souvent la valeur des personnes à leurs capacités et à leurs possessions. Ainsi, les scientifiques posent souvent la question suivante: un être humain sans capacité intellectuel est-il encore un être humain? L’homme se distingue de l’animal de par sa capacité intellectuelle, sans cela n’est-il pas un animal comme les autres? Cette réflexion est juste si la prémisse l’est également. En effet, si la seule chose qui distingue l’être humain de l’animal est son intelligence et que c’est son intelligence qui fait sa valeur alors l’avortement ne serait pas une mauvaise chose.
Pourtant, la Bible part d’un autre principe. Pour elle, se distingue l’être humain de l’animal est le fait qu’il soit créé à l’image de Dieu (Gn 1,27), du fait qu’il reflète Dieu et qu’il est appelé à vivre une relation avec lui. En opposition à notre société qui semble indiquer que notre valeur peut s’acquérir ou se perdre (avec l’âge et/ou les circonstances) la Bible nous donne une valeur intrinsèque que l’on ne peut pas perdre: qui que nous soyons nous reflétons Dieu sur terre et nous sommes appelés à être ses ambassadeurs. La vie humaine est donc sacrée, nul ne peut pas toucher sans conséquence. Dieu le réaffirme d’ailleurs en Genèse 9:
Si quelqu’un verse le sang de l’homme, son sang sera versé par l’homme, car Dieu a fait l’homme à son image. (Gn 9,6)
Notre droit d’exister ne vient pas du fait que l’on soit beau, fort, riche, capable ou intelligent. Tout être humain a le droit d’exister1. Même dans la plus grande souffrance que nous vivons, nous reflétons notre Créateur.
Vers un commandement positif
Lorsque nous lisons les dix commandements, nous pouvons parfois nous arrêter sur les interdits. Alors bien sûr, les interdits sont de bonnes choses qui nous font grandir mais il ne faut pas s’en arrêter là. En tant que chrétiens, nous sommes également appelés à préserver la vie humaine et à aider les plus faibles et les plus démunis. C’est pour cela que j’aime beaucoup la déclaration de l’UNEPREF sur l’euthanasie:
Nous souhaitons que notre refus d’euthanasie :
-Soit un encouragement à l’approfondissement et aux développements plus rapides des soins palliatifs.
-Contribue à réconcilier dans la confiance tous les intervenants, les malades en fin de vie, les équipes médicales, les familles, les aumôneries et les visiteurs bénévoles.
-Euthanasier, c’est manquer une occasion unique d’assister, d’entourer, de donner la main à nos semblables tout au long du dernier et dur chemin vers la mort. C’est manquer l’occasion d’une attitude authentiquement chrétienne, être au service des plus faibles.
De la même manière, refuser d’avorter est un appel (et une responsabilité) à aider les familles autour de nous. Nous devons aider les parents d’enfants qui ont des malformations, nous devons accompagner les femmes victimes de viols, nous devons aider les femmes ou hommes qui éduquent leurs enfants seuls, etc. Loin d’être un commandement intolérant, le refus de l’euthanasie et de l’avortement devraient conduire à un amour profond pour chacun. Nous ne devrions pas simplement être contre l’avortement et l’euthanasie mais pour la vie et pour un véritable accompagnement de la vie.
- Vous soulignerez tout de même la mention de la peine de mort dans ce passage. Celui qui tue doit payer le prix de son péché, même s’il est image de Dieu. ↩︎




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