Nous avons vu que de dire que l’homme est essentiellement bon et/ou dire que le mal n’existe pas ne suffit pas à résoudre nos problèmes existentiels et philosophiques. Au contraire, cela a conduit à des génocides et des violences conséquentes. La Bible présente une toute autre vision de l’homme et de la source du mal. C’est la seule vision qui peut expliquer ce que l’on voit dans notre monde.
Un monde bon au commencement mais déchu
« Au commencement Dieu créa les cieux et la terre » (Gn 1,1) et « Dieu vit tout ce qu’il avait fait et voici, cela était très bon » (Gn 1,31). Tout ce que Dieu a créé est bon, ce qui implique que toute la Création est belle et bonne. Cela explique que nous puissions voir tant de beauté dans le monde qui nous entoure. Il n’est pas interdit de contempler la nature, bien au contraire puisqu’elle reflète le Créateur lui-même.
Pourtant, quelques versets plus loin, nous voyons que lorsque le péché est entré dans le monde, par la faute de l’homme, il y a une malédiction qui retombe sur le monde entier: « [Dieu] dit à l’homme: Puisque tu as écouté la voix de ta femme, et que tu as mangé de l’arbre au sujet duquel je t’avais donné cet ordre: Tu n’en mangeras point! le sol sera maudit à cause de toi. C’est à force de peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie, il te produira des épines et des ronces, et tu mangeras de l’herbe des champs. C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu’à ce que tu retournes dans la terre, d’où tu as été pris; car tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière » (Gn 3,17-19). Ailleurs, l’apôtre Paul écrit: « la création attend avec un ardent désir la révélation des fils de Dieu. Car la création a été soumise à la vanité, non de son gré, mais à cause de celui qui l’y a soumise [Adam], avec l’espérance qu’elle aussi sera affranchie de la servitude de la corruption, pour avoir part à la liberté de la gloire des enfants de Dieu. Or, nous savons que, jusqu’à ce jour, la création tout entière soupire et souffre les douleurs de l’enfantement » (Rm 8,19-22). Tout ce qui nous entoure est marqué par le péché et est blessé. L’homme lui-même est mauvais et ne se tourne pas naturellement vers Dieu.
Un homme tourné vers le péché
Si dans notre société nous considérons l’homme comme étant naturellement bon, la Bible fait un tout autre constat: « Il n’y a point de juste, pas même un seul; nul n’est intelligent, nul ne cherche Dieu; tous sont égarés, tous sont pervertis; il n’en est aucun qui fasse le bien, pas même un seul » (Rm 3,10-12) mais aussi « car la chair [c’est-à-dire notre nature pécheresse] a des désirs contraires à ceux de l’Esprit, et l’Esprit en a de contraires à ceux de la chair; ils sont opposés entre eux, » (Ga 5,17). Si l’homme a été créé bon, sa rébellion contre Dieu fait qu’il est totalement déchu: il n’y a pas un seul aspect de sa vie que ne soit touché par le péché, il n’est pas capable de faire le bien sans une aide divine. Chaque fois qu’il fait le bien, il doit lutter contre ses désirs naturels et aller à l’exact opposé.
Affirmer cela est fort puisque nous ne pouvons plus voir les tueurs, les voleurs et autres comme des personnes ayant simplement des problèmes psychologiques. Nous aussi, nous sommes capables de tels crimes si nous nous abandonnons à notre nature pécheresse. Quel grand changement de paradigme! Notre société a tant de problèmes de justice en ce moment parce qu’elle ne reconnait pas cet aspect de la foi chrétienne. Imaginez un monde où tous reconnaitraient qu’ils étaient capables des pires péchés mais qu’ils feraient tout pour lutter contre cela. Notre société n’en serait pas grandie? Au lieu d’éduquer toute une population en leur disant que ce sont les autres (ou le système) qui sont mauvais et responsables de tout le mal, nous devrions encourager chacun à prendre sa responsabilité et à lutter contre son propre péché.
S’arrêter en affirmant que tout homme est capable du pire peut être un peu dépriment et ne montre pas en quoi nous pouvons encore voir beaucoup de bonnes choses dans le monde. C’est pour cela que dans un prochain article, nous verrons comment Dieu nous délivre et préserve du mal.




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