Séminaire national de l’UNEPREF du 20/01/24: la famille au cœur de l’Église

Cet enseignement a été donné par Clémence Bury à l’occasion du séminaire national de l’UNEPREF. Il s’agit un peu du mot d’ordre pour l’année à venir dans l’UNEPREF.

Introduction

Le thème retenu pour cette année dans l’Unepref est celui de la famille au sein de nos églises. Le séminaire de janvier permet d’ouvrir le thème tout en préparant ce qui va suivre.

La famille est en général un sujet qui nous tient à cœur quand on est chrétien, et particulièrement dans nos églises où nous mettons en avant la théologie de l’alliance et le fait que Dieu se constitue un peuple en commençant par un individu et sa famille. Avant de commencer, je serais curieuse de savoir quels sont les premiers mots qui vous viennent à l’esprit quand vous entendez prononcer le mot « famille »… Moi ce sont les mots : « couple », « enfants », « transmission » ou encore « génération ».

Force est de constater que depuis les années 50, si beaucoup de domaines ont profondément muté dans notre société, la famille est le lieu où ont été vécus les plus grands bouleversements, mettant la cellule familiale – qu’elle soit nucléaire (papa, maman, enfant) ou générationnelle (plusieurs générations sous le même toit) – sens dessus-dessous. Ce constat force les sociologues d’aujourd’hui à tenter de redéfinir ce qu’est une famille, sans toutefois toujours y parvenir !

Ces changements vécus et véhiculés par la société se font aussi sentir dans l’église et sont d’autant plus insidieux que s’est développée, depuis plusieurs dizaines d’années, l’idée selon laquelle la frontière entre sphère publique et sphère privée serait devenue totalement imperméable.

Ainsi, le pasteur et l’église en général n’auraient plus vraiment leur mot à dire sur ce qui se passe dans les foyers. Il en résulte des familles chrétiennes qui se débattent avec leurs problèmes, nombreux et complexes, et des équipes pastorales démunies qui ne peuvent que constater les effets dévastateurs de l’esprit du monde sur l’équilibre des familles bien éprouvées, mais sans pour autant se sentir la légitimité d’intervenir.

Il est urgent de ré-unir les sphères, car on est chrétien individuellement d’abord, on l’est ensuite en famille (« Moi et ma maison, nous servirons l’Éternel » Josué 24:15) avant de parler de vie d’église au sein d’une communauté.

Le but de cette année sur ce thème est donc de sensibiliser les églises aux problématiques que vivent les familles aujourd’hui (questionnaire, etc.) afin que les églises ré-investissent la pastorale de la famille, qu’elles aient une parole à dire et un enseignement à apporter, et aussi que les familles puissent trouver dans l’église une aide, un soutien, une ressource pour la vie de leur foyer. Il s’agit d’être mutuellement en bénédiction pour l’autre, car ce qui se vit dans les familles a une répercussion (parfois silencieuse) dans l’église, et inversement. Pour que l’église grandisse, elle a besoin du ministère des familles ; pour que la famille tienne bon, elle a besoin du ministère de l’église.

Nous verrons donc en premier lieu quelques grands principes bibliques sur la famille, sans chercher à tout couvrir car le thème est très présent. Il s’agit de ré-entendre ce que Dieu pense de la famille. Qu’est-ce que Dieu commande, demande, attend des familles, ce que la Bible en dit. Ce domaine, comme beaucoup d’autres, a été usurpé par l’ennemi. Il convient donc de le réinvestir, le garder et le cultiver (cf. Genèse 2 : 15). Nous terminerons avec un temps de travail en petits groupes autour de questions ciblées.

I. Vers une théologie de la famille

1. La famille, c’est quoi ?

La Bible contient énormément d’enseignements, de conseils, de prescriptions, d’avertissements et d’exhortations au sujet de la famille.

Il convient de discerner ce qui, dans ces enseignements, est culturellement conditionné, et ce qui comporte une force de loi permanente (Cf. Aaron Kayayan, La famille, https://www.ressourceschretiennes.com/article/famille).

Le couple et la famille sont institués par Dieu dès le début de la Genèse, et cela vient répondre à la première chose dont il est dit qu’elle n’est « pas bonne » dans ce récit : « Il n’est pas bon que l’humain soit seul ; je lui ferai une aide qui sera son vis-à-vis » (Genèse 2 : 18).

C’est ainsi, dans la suite, que l’homme est appelé à quitter son père et sa mère pour s’attacher à sa femme et devenir avec elle une seule chair (Genèse 2 : 24). Ensemble ils sont appelés à croître et multiplier, remplir la terre et la dominer (Genèse 1 : 28) mais aussi à cultiver et garder le jardin (Genèse 2 : 15).

Tout au long de l’Écriture nous assistons à des histoires de vies familiales et aucun de ces exemples ne peut être considéré comme une réussite totale. Pourtant, Dieu a voulu créer la famille et il se sert de celle-ci pour accomplir son plan. Dieu appelle d’abord un individu mais il inclut par anticipation sa famille dans l’alliance qu’Il établit, et Il va se servir de ses familles même dans leurs imperfections pour accomplir ses desseins.

Si l’on considère l’exemple d’Abraham, Genèse 18:18 nous dit: «Abraham deviendra certainement une grande et puissante nation, et toutes les nations de la terre seront bénies au travers de lui.» Or si nous lisons le verset suivant, nous y trouvons un appel spécifique : «Car je l’ai choisi afin qu’il ordonne à sa famille et à ses enfants après lui de garder la voie de l’Éternel en pratiquant la justice et le droit, et qu’ainsi l’Éternel accomplisse en sa faveur les promesses qu’il lui a faites.»

Quand Il viendra sur terre dans notre condition humaine, Dieu fera naître et grandir son Fils au sein d’une famille. C’est au travers de familles que se fait l’élection, c’est avec des familles (ou en vue de familles) que Dieu fait alliance. C’est par les familles que son plan de rédemption s’accomplit (voir à ce sujet l’importance donnée aux généalogies) et nous croyons aussi que c’est dans la famille que l’église grandit premièrement !

2. La famille, pour quoi ?

Dans Matthieu 22:35-36, Jésus est confronté à une question-piège. Un chef religieux lui demande: «Quel est le plus grand commandement de la loi?» Il répond en citant Deutéronome 6:5: «Aime le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force.» D’après Jésus, rien n’est plus important que connaître Dieu et l’aimer. Quand on regarde l’ensemble du chapitre 6 de Deutéronome et particulièrement les versets 1 à 7, on se rend compte à quel point la cellule familiale est importante dans la transmission de ce que Dieu commande :

« Voici le commandement, les prescriptions et les ordonnances que l’Éternel, votre Dieu, a commandé de vous enseigner, afin que vous les mettiez en pratique dans le pays dans lequel vous allez passer pour en prendre possession, afin que tu craignes l’Éternel, ton Dieu, en observant, tous les jours de ta vie, toi, ton fils et le fils de ton fils, toutes ses prescriptions et tous ses commandements que je te donne, et afin que tes jours soient prolongés. Tu les écouteras donc, Israël, et tu les observeras pour les mettre en pratique, afin que tu sois heureux et que vous multipliiez beaucoup, comme te l’a dit l’Éternel, le Dieu de tes pères, dans un pays découlant de lait et de miel.

Écoute, Israël ! L’Éternel, notre Dieu, l’Éternel est un. Tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. Et ces paroles que je te donne aujourd’hui seront dans ton cœur. Tu les inculqueras à tes fils et tu en parleras quand tu seras dans ta maison, quand tu iras en voyage, quand tu te coucheras et quand tu te lèveras. »

Ceux qui aiment Dieu sont appelés d’abord à transmettre cet amour à leurs enfants, à leur apprendre à aimer Dieu à leur tour. Pour cela, le texte nous invite à parler de Dieu avec nos enfants, à nous rassembler autour de la Parole, à raconter ses hauts faits.

On peut voir ici un modèle de ce qu’on appelle le culte familial : un moment où la famille se réunit pour prier, lire les Écritures et s’encourager spirituellement. Nous y reviendrons.

Dans le Psaume 78:1-8 également, on nous donne une image de l’impact puissant que les familles peuvent avoir dans l’avancement du Royaume de Dieu :

« Mon peuple, prête l’oreille à mon enseignement ! Tendez l’oreille aux paroles de ma bouche ! J’ouvre la bouche pour une parabole, j’énonce les énigmes des temps anciens. Ce que nous avons entendu, ce que nous connaissons, ce que nos pères nous ont redit, nous ne le dissimulerons pas à leurs fils, redisant à la génération future les louanges de l’Éternel, et sa puissance, et les miracles qu’il a opérés. Il a dressé un témoignage en Jacob, il a mis une loi en Israël, qu’il a ordonné à nos pères de faire connaître à leurs fils. Pour que (la) connaissent ceux de la génération future : Des fils naîtront, ils se dresseront et la rediront à leurs fils. Ils mettront leur assurance en Dieu. Ils n’oublieront pas les actes de Dieu, ils observeront ses commandements, ils ne seront pas comme leurs pères, une génération indocile et rebelle, une génération dont le cœur n’est pas ferme, et dont l’esprit n’est pas fidèle à Dieu. »

Quelle vision merveilleuse! Il s’agit de raconter à nos enfants toutes les œuvres merveilleuses de Dieu, afin qu’ils puissent en parler à leurs enfants qui ne sont même pas encore nés. Au cœur de l’avancement de l’Évangile se trouve l’appel aux parents de transmettre à leurs enfants un amour pour Dieu et pour sa Parole.

II. Vers une pastorale de la famille

Il s’agit d’enseigner et de responsabiliser, tout autant que d’accompagner et d’encourager et ceci selon 4 axes (cf. Charles Nicolas, https://www.ressourceschretiennes.com/pastorale-famille-5-couple-famille-l%C3%A9glise) : La relation personnelle de chacun avec le Seigneur, la vie de couple, les rapports parents/enfants, la communion fraternelle et l’édification de l’église.

1. Enseigner et responsabiliser

Les disciples avaient compris que la première étape dans la transmission de l’Évangile consistait à instruire les cœurs des enfants en leur transmettant un amour pour Dieu. Dans Actes 2, Dieu crée son Église, et Pierre termine sa prédication de cette façon aux versets 38-39: «Repentez-vous et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés ; et vous recevrez le don du Saint-Esprit. Car la promesse est pour vous et pour vous enfants, et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera.»

Vous, vos enfants, et le monde! Voici le mouvement en trois étapes de l’Évangile, que nous trouvons du début à la fin des Écritures.

Nous avons en fait ôté la première priorité de la vie chrétienne, qui consiste à servir nos propres enfants et les membres de notre famille, et à en faire des disciples. En conséquence, nous avons beaucoup de chrétiens bien intentionnés qui donnent leur cœur et leur âme pour servir dans l’église et dans la communauté, mais qui ne s’assoient jamais pour lire les Écritures à la maison avec leurs propres enfants. Or Dieu appelle son peuple à commencer leur ministère à la maison.

Il est donc nécessaire d’exhorter les parents comme aussi les jeunes couples qui se préparent au mariage à l’importance du culte familial.

On trouve dans cet article (Cf. Wes Bredenhof, La famille qui rend à Dieu un culte ensemble, https://www.ressourceschretiennes.com/article/la-famille-qui-rend-%C3%A0-dieu-un-culte-ensemble) l’idée selon laquelle le culte familial est un élément clé pour :

– la transmission de la foi d’une génération à l’autre

– conduire nos enfants à la foi en Dieu et en ses promesses

– former nos enfants à une vie consacrée à Dieu

– leur transmettre l’héritage que nous avons nous-mêmes reçu

Le fait d’assumer ses responsabilités spirituelles dans sa famille constitue un prérequis pour les responsabilités spirituelles au sein d’une église locale. Dans l’église primitive, si un homme était père et qu’il souhaitait devenir pasteur/ancien, il devait démontrer qu’il était berger de ses enfants avant d’être autorisé à être berger dans le troupeau plus large.

« Il faut qu’il dirige bien sa propre maison, et qu’il tienne ses enfants dans la soumission et dans une parfaite honnêteté ; car si quelqu’un ne sait pas diriger sa propre maison, comment prendra-t-il soin de l’Église de Dieu ? » – 1 Timothée 3:4-5

Dieu nous appelle à nourrir nos familles, y compris sur le plan spirituel.

« Le Christ occupera donc la première place dans les rapports familiaux. Il y maintiendra l’unité comme partout ailleurs. Sa Parole et sa grâce libératrice seront l’unique loi pouvant transformer la famille, la société autant que l’individu. Pour ses serviteurs rachetés et transformés, le Christ forme déjà un nouveau peuple, son Église. Il prépare avec eux l’avènement de son règne final. Il accorde le pouvoir d’aimer, de se soumettre, d’exercer une autorité juste. Il a béni les petits enfants et réprimandé ceux qui les empêchent de venir à lui. Placer la famille dans une perspective biblique signifie donc avant tout regarder vers le Christ, se placer sous son autorité, observer sa loi, vivre de son pardon. Le Christ, Seigneur et Sauveur de nos personnes, est également celui de notre mariage et de notre famille, comme pour la société dans son ensemble » (Aaron Kayayan, Ibid).

2. Accompagner et encourager

Puisque la famille tient un grand rôle et porte de lourdes responsabilités, il faut l’accompagner et l’encourager dans ses grandes dimensions :

Aimer

La famille est le lieu où l’on apprend à aimer parce qu’on y est aimé. On apprend à s’aimer soi-même, à aimer les autres et à aimer Dieu.

L’amour vécu dans la famille (et d’abord au sein du couple) va permettre de sécuriser l’enfant mais aussi de le responsabiliser et de l’amener à maturité ; une maturité qui soit à la fois physique, émotionnelle et spirituelle.

C’est aussi dans ce contexte d’amour que l’on va apprendre à être soumis les uns aux autres. On y apprendra le sens des termes « honorer », « respecter », « obéir » mais aussi « se repentir » et « pardonner ». On y apprendra à exercer l’autorité de manière saine, sans violence mais motivé au contraire par l’amour.

Élever, éduquer, instruire, enseigner, transmettre.

La famille est aussi un lieu de transmission de la foi, lieu de transmission des valeurs, lieu d’exemplarité, lieu de cohérence, lieu de témoignage, lieu d’éducation.

Élever, c’est porter plus haut. Cela recouvre à la fois les notions de prendre soin comme aussi de former (sur le plan psychologique, intellectuel, social, spirituel, etc.) et d’éduquer.

Éduquer, c’est conduire hors de. Il s’agit de former quelqu’un en développant a personnalité. Cela renvoie à la discipline et à l’instruction.

Instruire, c’est mettre en possession de connaissances nouvelles, former, dispenser un enseignement.

Enseigner, c’est transmettre afin que l’autre comprenne et assimile.

Transmettre, c’est faire passer quelque chose d’une personne à une autre.

Dans le modèle biblique, en plus de ce qui est valable pour toute famille, la question de foi, de sainteté, de consécration a une valeur capitale. C’est d’abord dans la famille que l’on va acquérir des connaissances sur Dieu et sa Parole ; pas seulement des connaissances intellectuelles (même si elles sont importantes) mais aussi des connaissances expérimentées.

Dieu commande aux parents de transmettre, instruire, corriger, conduire, enseigner leurs enfants. C’est une responsabilité importante qu’il convient de réinvestir aujourd’hui, si nous voulons faire la volonté de notre Père qui est dans les cieux.

C’était une pratique courante pour les responsables d’églises au 17ème siècle de visiter régulièrement les maisons de chaque famille dans l’église pour évaluer si les parents éduquaient ou non leurs enfants (comme il s’y étaient engagés) par la pratique des cultes familiaux. Aujourd’hui les parents ont confié à l’église (dans le meilleur des cas) l’enseignement de leurs enfants et pensent être dédouanés de cette responsabilité. Or il n’en est rien, les exhortations bibliques sont toujours d’actualité en ce qui concerne la transmission de la foi dans la famille !

Charles Spurgeon était profondément préoccupé par les changements qui ont touché la culture chrétienne au cours du 19ème siècle. Dans son article, «Le genre de Réveil dont nous avons besoin», il a écrit:

« Nous aspirons profondément à un réveil de la religion familiale. La famille chrétienne était le rempart de la piété à l’époque des Puritains, mais dans ces temps mauvais, des centaines de familles de soi-disant chrétiens ne vivent pas de culte familial, ne mettent en place aucune discipline ni instruction et aucun frein sur leurs fils en pleine croissance. Comment pouvons-nous espérer voir le Royaume de Dieu avancer si ses propres disciples n’enseignent pas l’Évangile à leurs propres enfants? Oh, hommes et femmes chrétiens, soyez appliqués dans ce que vous faites, savez et enseignez! Que vos familles soient formées dans la crainte de Dieu et que vous soyez vous-mêmes «sainteté à l’Éternel» afin que vous teniez fermes comme un rocher au milieu des vagues mugissantes de l’erreur et de l’impiété qui font rage autour de nous. » (cité par Rob Rienow, http://www.famillesdefoi.ch/ressources/item/99-le-r%C3%B4le-essentiel-de-la-famille-dans-l%E2%80%99%C3%A9vang%C3%A9lisation-du-monde).

Nous avons désespérément besoin d’entendre le message de Spurgeon aujourd’hui! Spurgeon avait compris que pour «voir le Royaume de notre Seigneur avancer», le ministère doit commencer à la maison.

Avec un nouveau croyant, la première tâche dans la formation de disciple n’est pas de l’encourager à partager Christ avec un ami. Le premier «grand mandat» consiste à partager Christ avec son conjoint, ses parents, ses frères et sœurs, ses enfants et ses petits-enfants. Pour ceux qui sont parents, les âmes de leurs enfants doivent constituer leur première priorité spirituelle. L’église doit suivre le modèle de l’église primitive qui maintenait les familles ensemble et équipait les parents pour former leurs enfants à la maison.

Conclusion : Miser sur la famille pour faire grandir l’église

Néhémie est arrivé à Jérusalem avec un fardeau pour reconstruire la muraille. Va-t-il tout faire tout seul ? Va-t-il organiser des rencontres de construction où les parents vont venir tous au même endroit alors que les enfants seront à la maison avec des baby- sitters ?

Non, nous voyons dans le chapitre 3 comment Néhémie mit toutes les familles de Jérusalem au travail, chacune devant sa propre maison. La vision de construire toute la muraille est écrasante, mais chacun peut imaginer réparer une petite portion qui lui est proche et qui le concerne directement. Et quand toutes les familles se mettent au travail, ainsi que les corps de métiers, la tâche avance.

Il en va de même dans l’église : si nous ne comptons que sur les pasteurs et les responsables, la muraille ne sera jamais construite et ils seront vite épuisés. La muraille et les portes de l’église doivent être restaurées, mais ce n’est pas qu’une question de responsables. Chaque famille doit faire sa part devant sa maison.

Si nous ne «faisons pas des disciples» de nos propres enfants et petits-enfants, le déclin spirituel est inévitable. L’évangélisation et le discipulat sont en crise profonde, et c’est une crise générationnelle. L’Église en Occident perd plus de ses propres enfants dans le monde qu’elle ne gagne de gens à Christ (cf. Rob Rienow, Ibid). Qu’en est-il de nous ?

Notre mot d’ordre, c’est de vivre en Christ ! Et cela se décline de trois façons : une famille unie, une alliance de vie, un peuple qui grandit.

L’idée-clé, c’est que « un peuple qui grandit », ça doit commencer dans la famille ! En effet, nous sommes plusieurs à penser/croire/espérer que la croissance de l’église démarre par les familles que nous formons (avec ou sans enfants).

C’est au sein des foyers chrétiens que la Parole doit être lue, prêchée, reçue ; c’est là qu’on apprend à prier, qu’on fait l’expérience de la grâce, du pardon, de la réconciliation ; c’est là qu’on y apprend à aimer et à être aimé. La famille est au bénéfice de l’église comme l’église est au bénéfice de la famille. Nous serons en bénédiction les uns pour les autres si nous partageons nos joies et nos peines, si nous cherchons la fidélité à Dieu avec l’aide du Saint-Esprit, et si nous demeurons fermement attachés au Christ. Alors le perfectionnement des saints permettra l’édification du corps de Christ, à la mesure de la stature parfaite de notre Seigneur (Éphésiens 4 : 12-13).

« C’est pourquoi je fléchis les genoux devant le Père, de qui toute famille dans les cieux et sur la terre tire son nom, afin qu’il vous donne, selon la richesse de sa gloire, d’être puissamment fortifiés par son Esprit dans l’homme intérieur ; que le Christ habite dans vos cœurs par la foi et que vous soyez enracinés et fondés dans l’amour, pour être capables de comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur, et de connaître l’amour du Christ qui surpasse toute connaissance, en sorte que vous soyez remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu. Or, à celui qui, par la puissance qui agit en nous, peut faire infiniment au-delà de tout ce que nous demandons ou pensons, à lui la gloire dans l’Église et en Christ-Jésus, dans toutes les générations, aux siècles des siècles. Amen. » Éphésiens 3 : 14-21.

Travail en groupes :

  • Quel est, selon vous, le ministère attendu dans la famille ?
  • Comment redonner aux familles la conscience de leur ministère/vocation ?
  • Comment l’église pourrait-elle être une ressource et un soutien pour les familles ?
  • Quels sujets devraient être abordés dans l’église alors qu’ils sont aujourd’hui laissés au monde uniquement ? Comment les aborder ?
  • Comment, en tant qu’église, mieux enseigner et accompagner les familles dans ce qu’elle vivent ?
  • Comment, en tant que famille chrétienne, être en bénédiction pour l’église ?
  • Quel est votre engagement, en tant que CP, par rapport à ces questions ?

→ À partir d’aujourd’hui, nous allons mettre en place les choses suivantes :

– …

– …

– …

  • Quel est votre engagement, en tant que membre d’une famille/d’un foyer, par rapport à ces questions ?

→ À partir d’aujourd’hui, je vais mettre en place les choses suivantes :

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– …

– …

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