Bigflo et Oli, une étude du post-modernisme

Cet article se situe en continuité aux articles précédents: La crise inter-générationnelle et Le post-modernisme, une vie sans hypocrisie?

L’art est le moyen d’expression de la philosophie ambiante. Ainsi, l’art reflète toujours la philosophie d’une personne, d’une société et d’une époque. Cela se voit dans la communication verbale de certains chants, mais également dans la peinture, l’architecture, la sculpture, les histoires, les films, les vidéos internet, les mimes, le street-art, etc. Cela m’a particulièrement frappé lorsque j’ai commencé à écouter les compositeurs connus en France. En haut de la liste, j’ai été très interpelé par les différents chants de Bigflo et Oli.

Le post-modernisme recherche la justice!

Dans un de leurs morceaux, Bigflo et Oli veulent faire ressortir le cri de leur génération:

« J’voulais parler de ma ville et de ce monde qui va mal
Parler du jeune qui s’endort sous le pont du canal
Et ces bombes artisanales et les secondes sur ma montre qui cavalent
Et ces peuples de l’ombre qu’on rafale et tombe
J’voulais parler de cette fille typique, qui s’pique, qui espère sortir d’sa vie si vide, si triste, si lisse
Respire, oublie l’aiguille qui glisse si vite…
J’voulais parler de cette pop star, cette idole
Qui le soir dans la chambre s’endort toute seule
Tous ces mômes qui s’échappent d’une vie molle
En cherchant l’amour sur Google
J’voulais parler de ce type qui n’a plus de nerfs
Il a pété un câble, fallait parier
Mais la seule chose qui l’empêche de s’foutre en l’air
C’est qu’il y a déjà plus d’balles dans le barillet »

Une première chose qui me frappe dans ces paroles, c’est le désir de faire justice et de faire en sorte que le monde soit un meilleur endroit. Dans son ensemble, la jeune génération n’est pas du tout une génération immorale, elle a bien conservé de nombreuses valeurs qu’on leur a enseigné. Je dirais même que, pour certaines valeurs, elle cherche à aller plus loin que la génération précédente. Pourtant, toutes ces paroles se trouvent au conditionnel. Pourquoi?

Un constat affligeant: Personne n’écoute les paroles

Après avoir déclaré tous les chevaux de bataille que notre société a, les compositeurs enchaînent avec un constat affligeant:

« Mais c’que veulent les jeunes quand ils vont en concert
C’est mettre les mains en l’air, crier « yeah yeah yo »
Ils veulent des refrains pour se vider la tête
Que ça tire en l’air, en mode *pan pan pan*…

Mes potes me disent, pourquoi vous faites pas comme les autres: alcool et weed?
Au fond tu sais c’est pas d’votre faute, c’est ce qu’ils visent
Vous toucheriez le pactole
*T’façon… t’façon*
Personne n’écoute les paroles
Personne! Personne!
Personne n’écoute les paroles »

Ces soucis moraux ne semblent pas si importants aux personnes qui viennent au concerts. Mais pourquoi? Si la jeune génération a un si grand souci des autres et autant de valeurs, pourquoi en arrive-t-on à ce refrain? Les frères toulousains ne l’expliquent pas mais il me semble qu’on se situe justement en plein dans le post-modernisme majoritaire1. En soulignant la totalité de leurs désirs de réforme, les post-modernes sont confrontés au fait que, sans Dieu, ils ne peuvent pas imposer quoi que ce soit aux autres. Sans absolus, nous ne pouvons pas demander aux autres de se plier à nos valeurs personnelles. L’homme post-moderne se situe donc dans un dilemme: soit il impose sa volonté personnelle à d’autres par la force, soit il ne fait rien, puisque son désir est personnel, soit il reconnaît qu’il existe des absolus moraux (et donc un Dieu) qu’il va défendre corps et âme. Dans notre société, la dernière option n’est pas reconnue, ce qui conduit beaucoup de jeunes à vivre dans ce dilemme: soit ne rien faire, soit imposer par la force et la persuasion.

La troisième option semble pourtant la plus légitime. Elle permet un appel au changement qui n’est pas simplement subjectif. C’est notre rôle de chrétiens de montrer cela au monde entier en essayant de chercher ces absolus moraux et de les vivre. Que Dieu nous vienne en aide pour aider toutes ces personnes qui se trouvent dans un dilemme cornélien.

  1. Ici, je parle de post-modernisme majoritaire pour éviter de confondre avec les personnes qui nient complètement l’existence du bien, du mal et de la vérité. Le post-modernisme majoritaire est bien plus équilibré. ↩︎

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