Le Christianisme, on reconnaît un arbre à ses fruits (2)

Le monde évalue Dieu par nos œuvres

Nous avions terminé notre dernier article en affirmant que si l’on pouvait juger l’islam à partir de ce que font les musulmans, il ne faut pas s’étonner que les non-chrétiens en fasse de même avec le christianisme. De fait, si Dieu nous a créés en son image, c’est bien pour que l’on puisse montrer tout autour de nous ce à quoi il ressemble. Lorsque le péché est entré dans le monde, nous avons failli à cette mission, Dieu a donc créé un peuple qui devait refléter son caractère aux nations alentours. Ainsi, ce que les nations alentours connaissent de Dieu vient en grande partie de ce que nous faisons en tant que chrétiens. Bien sûr, le fait que Dieu existe ou pas, le fait qu’il soit juste, saint, bon et amour est une vérité objective qui ne dépend pas de ce que nous faisons mais les hommes évaluent notre Dieu en fonction de ce que ses enfants font. Si nous ressemblons aux idoles que nous avons (Cf l’article précédent) alors il paraît évident que nous ressemblons au seul vrai Dieu que nous adorons!

De fait, le christianisme est de moins en moins critiqué pour son « irrationalisme ». Beaucoup redécouvrent que la foi chrétienne est logique et basée sur des arguments. En revanche, là où les chrétiens sont le plus critiqués en ce moment c’est sur leur conduite. En France, tous les scandales sur la pédophilie dans l’Église ont rendu beaucoup de personnes allergiques à la religion chrétienne. Ces critiques sont les critiques plus dures auxquelles nous devons répondre parce qu’elles sont réelles, concrètes et visibles et non pas basées simplement sur une argumentation logique. Pour le philosophe canadien Marshall McLuhan « le message, c’est le medium », c’est-à-dire que celui qui transmet le message est tout aussi important que le message en lui-même. Si le messager fait quelque chose de complètement contraire au message alors le message ne peut pas passer. Lorsque l’on éduque des enfants par exemple, il est important d’enseigner par l’exemple et pas simplement demander aux enfants de faire « ce qu’on dit et pas ce qu’on fait ». Si on fait ça, le message n’est pas réellement transmis. Lorsqu’on est chrétien, il faut faire très attention à ce qu’on fait parce que cela communique réellement un message profond.

Le messager est tout aussi important que le message

Francis Schaeffer nous fait retourner à ce que Jésus affirmait à ses disciples. Nous voyons en Jean 13 et 17 que pour Jésus, l’unité dans le Père est l’apologétique finale, c’est le moyen ultime de témoigner de notre foi1. « Dans Jean 13, Jésus expliquait que si un chrétien ne montre pas d’amour envers les autres véritables chrétiens, le monde a le droit de juger qu’il n’est pas chrétien. Ici, il affirme une chose qui est encore plus incisive et beaucoup plus profonde; il ne faut pas s’attendre à ce que le monde croie que le Père a envoyé le Fils et que les affirmations de Jésus et la foi chrétienne soient vraies, à moins qu’il ne voie quelque réalité de l’unité des vrais chrétiens »2. Il est important de nous rappeler constamment que le monde nous regarde! Nous sommes un peuple de prêtres, c’est-à-dire que nous sommes appelés à faire le lien entre Dieu et les autres nations. Lorsque nous ne respectons pas ses décrets, le monde se dit que Dieu n’est ni juste ni bon. Lorsque nous sommes mauvais, le monde se dit que l’Éternel est un Dieu qui est mauvais. Par contre, lorsque nous agissons avec justice, avec amour, avec compassion, avec ordre, etc, le monde comprend que l’Éternel est un Dieu juste, ordonné, rempli d’amour et de compassion, etc. Notre vie chrétienne a donc un impact beaucoup plus grand que ce que l’on pourrait imaginer. Elle ne touche pas simplement nos vies personnelles ni même simplement l’Église mais bien le monde tout entier.

L’unité dans l’Esprit-Saint

Nous avons souligné deux choses en particulier qui font que le monde connaisse Dieu à travers l’Église. La première est bien-entendu l’amour. La deuxième découle de cela puisque c’est l’unité selon l’Esprit-Saint. Il faut tout de suite souligner que l’on ne parle pas d’amour ou d’unité tel que le monde le conçoit. Pour Jésus, nous devons aimer les autres comme nous-mêmes, et cela en particulier dans l’Église. Si nous appartenons à Jésus-Christ, notre désir le plus profond pour les autres est qu’ils vivent pour Christ. Cela va donc devoir nécessiter de l’écoute et de la compréhension mais aussi beaucoup de corrections.

L’unité de l’Église ne vient pas d’une structure administrative ou institutionnelle mais de ce désir commun d’avancer dans notre vie chrétienne, de nous débarrasser de nos péchés et de tout donner à Christ. Sans ce désir, nous aurions beau avoir une structure commune, une confession de foi commune ou des projets communs, la vraie unité de l’Esprit ne se vivra pas. Lorsque nous réfléchissons à l’unité de l’Église, nous ne devons pas d’abord réfléchir en terme d’amitié, de structure, etc, mais en terme d’appartenance au Christ. Plus nous nous rapprocherons du Christ en nous débarrassant de nos péchés et plus nous serons proches les uns des autres.

Le jugement dans l’Église

Nous avons parlé de la manière dont le monde juge l’Éternel et l’Église chrétienne. Il faut toutefois se rappeler qu’à l’intérieur de l’Église, nous n’avons pas nécessairement les mêmes critères que le monde. Bien sûr, l’unité et l’amour sont importants mais la doctrine fait partie intégrante de ce qu’est l’Église : « l’Eglise a le droit et le devoir de juger un homme sur la substance de sa croyance et de son enseignement. Mais il ne faut pas s’attendre à ce que le monde juge de cette façon, car le monde ne se soucie absolument pas de la doctrine. »3. Lorsque quelqu’un prouve par ses actes qu’il n’est pas de Dieu, nous pouvons affirmer qu’il n’est pas chrétien. De même, lorsque qu’une personne affirme que Jésus n’est pas Dieu, qu’il n’est pas mort et ressuscité, qu’il n’est pas notre Seigneur et Sauveur, il n’est pas chrétien! En bref, ceux qui ne croient pas au symbole des apôtres ne peuvent pas se dire du Christ. Il est important de souligner cette vérité biblique: « Reconnaissez à ceci l’Esprit de Dieu: tout esprit qui confesse Jésus-Christ venu en chair est de Dieu; et tout esprit qui ne confesse pas Jésus n’est pas de Dieu, c’est celui de l’antéchrist » (1 Jn 4, 2-3). Bien que le monde ne se soucie pas de ce critère d’unité, nous avons le devoir de protéger l’Église contre les « faux-prophètes », contre ceux qui nous éloignent de Dieu tout en se disant de Dieu. Puisque toute vérité vient de Dieu, la véritable doctrine devrait nous amener vers lui. Le Dieu trinitaire nous appelle donc à vivre la véritable unité de la foi en recherchant la vérité et en nous abandonnant à lui.

1 SCHAEFFER Francis, La marque du chrétien, Éditions Telos, Fontenay-sous-Bois, 1975, p. 15-16.

2 Ibid,p. 16.

3 Ibid, p. 17-18.

Laisser un commentaire