Lorsque l’on commence à faire de l’apologétique chrétienne, c’est-à-dire la présentation et la défense de la foi chrétienne, on doit reconnaitre ce principe primordial: on reconnaît un arbre à ses fruits. Ce principe découle de tout ce qui a été dit précédemment. Le psalmiste s’écrie bien: « Leurs idoles sont de l’argent et de l’or, elles sont l’ouvrage de la main des hommes… Ils leur ressemblent, ceux qui les fabriquent, tous ceux qui se confient en elles. » (Psa 115, 4-8). Les idoles des hommes les transforment. Leurs actes, leurs pensées sont à l’image de ce qu’ils aiment et de ce qu’ils adorent! Il est donc possible de juger une idole par les actions des hommes qui l’adorent. Prenons par exemple l’Islam.
Le réductionnisme de l’Islam
Pour Nancy Pearcey, l’Islam (parmi tant d’autres religions) réduit fortement le concept de personnalité humaine. Voici ce qu’elle dit:
« Toutes les religions que nous avons considérées, qu’elles soient orientales ou païennes, correspondent au diagnostic de Romains 1 : elles adorent la créature au lieu du Créateur. Elles absolutisent quelque chose d’immanent dans le cosmos. Parce que leur Dieu est inférieur au Dieu biblique, elles conduisent à une vision inférieure de la personne humaine…
Les exceptions à cette règle sont les autres religions monothéistes, le judaïsme et l’islam, qui partagent avec le christianisme le concept d’un Créateur transcendant. Elles acceptent également au moins une partie des mêmes écritures… Aujourd’hui, l’islam est devenu une force géopolitique puissante et les chrétiens cherchent à mieux le comprendre. L’islam accepte certains passages des Écritures comme étant divinement révélés (la Torah hébraïque, les psaumes de David et les Évangiles). Néanmoins, sa conception de Dieu est unitaire et rejette le concept chrétien classique de la Trinité.
Le Coran enseigne que Jésus n’est pas divin, mais qu’il n’est « qu’un messager d’Allah ». L’islamologue Seyyed Hossein Nasr écrit que « le Coran met continuellement l’accent sur l’unité et l’unicité de Dieu, et l’on peut dire que la raison d’être même de l’islam est d’affirmer de manière définitive et catégorique l’unicité de Dieu et le néant de toute chose devant la majesté de cet Unique ». En raison de l’accent mis par l’islam sur l’unicité de Dieu, certains érudits soutiennent même qu’il est plus proche du panthéisme du néo-platonisme et de l’hindouisme que du christianisme.
Un concept panthéiste ou unitaire de la divinité manque d’éléments clés de la personnalité, en particulier les qualités associées à la relation. Ce n’est qu’au sein d’une relation que Dieu peut exprimer des attributs interpersonnels tels que l’amour, la sympathie, l’intimité, le don de soi et la communication. Ce n’est qu’entre des personnes distinctes qu’il est possible de donner et de prendre, d’initier et de répondre, de partager et de se révéler, de s’unir et de communier.
Pour que Dieu soit pleinement personnel, capable d’amour et de communauté, il doit y avoir une véritable pluralité au sein de l’être divin lui-même. La théologie chrétienne historique enseigne que ces attributs interpersonnels ont été exprimés de toute éternité entre les trois personnes de la Trinité. De cette manière, le christianisme est en mesure de maintenir au sein de la Divinité la conception la plus élevée de ce que signifie être un être personnel.
Toutes sortes de personnes aiment à répéter le « Dieu est amour » chrétien, écrit C. S. Lewis, mais elles ne semblent pas remarquer que les mots « Dieu est amour » n’ont de sens réel que si Dieu contient au moins deux personnes. L’amour est quelque chose qu’une personne a pour une autre personne. Si Dieu était une seule personne, avant que le monde ne soit fait, il n’était pas amour ». (Ou s’il avait la capacité d’aimer, il devrait créer un monde, auquel cas il serait dépendant de la création, ce qui n’est pas le type de divinité enseigné par l’islam ou le christianisme).
Seul un Dieu d’amour est pleinement personnel. La Trinité est donc essentielle au maintien d’un concept de Dieu pleinement personnel. Comme l’écrit le théologien Robert Letham, « seul un Dieu trine peut être personnel… Une monade solitaire ne peut pas aimer et, puisqu’elle ne peut pas aimer, elle ne peut pas non plus être une personne ». Par conséquent, elle « n’a aucun moyen d’expliquer ou même de maintenir le statut de personne humaine ».
Étonnamment, la Standford Encyclopedia of Philosophy rapporte que l’islam n’a même pas de concept de personne : Il n’y a pas d’équivalent conceptuel du concept philosophique occidental de « personne » en arabe et dans la philosophie islamique classique. Ce fait semble « confirmer l’importance des origines spécifiquement chrétiennes… du terme ».
S’il est vrai que l’islam ne dispose même pas d’un concept clair de la personne, cela expliquerait pourquoi il a tendance à être fataliste et à mettre l’accent sur la soumission pure et simple à la volonté d’Allah (islam signifie soumission). Comme l’explique Udo Middelmann, « l’islam est une religion de résignation… Allah a créé le monde et vous devez accepter la façon dont il interagit avec vous, même s’il vous tue. Vous n’avez le droit à aucune question, à aucun doute, à aucune responsabilité individuelle. La négation de soi est votre salut ».
Cela explique également pourquoi une grande partie du culte musulman consiste en des rituels quasi mécaniques : Les adorateurs récitent le Coran, à l’unisson, mot à mot, de mémoire, dans l’original arabe. (Le mot Coran signifie « ce qui est récité »). Pour citer à nouveau Middelmann, « sa spiritualité est répétitive et impersonnelle, et non pas un amour choisi et délibéré pour Dieu, de tout son cœur, de toute sa pensée et de toute son âme.
Les musulmans ne sont même pas tenus de comprendre ce qu’ils récitent. Nombre d’entre eux ne sont pas arabes et ne parlent pas la langue. Selon un livre écrit par deux auteurs musulmans, « il n’est pas rare de rencontrer des personnes qui connaissent par cœur une grande partie du texte mais qui n’ont pas la moindre compréhension de la vision du monde qui l’imprègne ». Mais cela est acceptable, disent les auteurs, car dans l’islam « la compréhension est secondaire » par rapport à la récitation et au rituel. Ainsi, l’islam prouve une fois de plus le principe réductionniste selon lequel une vision inférieure de Dieu conduit à une vision inférieure de la valeur, du statut et de la dignité de la personne humaine. »1
Une évaluation qui va dans les deux sens
Si les actions des idolâtres devraient nous donner une indication du vrai visage de l’idole qu’il y a derrière eux, il faut également réfléchir dans l’autre sens: Nos actions reflètent-elles vraiment le caractère de Dieu? En évaluant les idoles par leur influence dans le monde, nous devons nous dire que les non-chrétiens font de même avec notre Dieu, avec l’Éternel! Israël était appelé à refléter la sainteté du Dieu saint (Lév 20, 26) pour que les peuples alentours puisse connaître le caractère de Dieu. C’est ce que nous verrons dans le prochain article.
1 PEARCEY Nancy, Finding Truth, 5 Principles for Unmasking Atheism, Secularism, and Other God Substitutes, David C. Cook, Colorado Springs, USA, 2015, p. 129-133.




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