Différentes manières de penser
Nous avons tous des manières de penser qui sont différentes les unes des autres. En étant un fils de missionnaire, j’ai été confronté à cela assez régulièrement puisque j’ai été appelé à changer de culture et de pays à plusieurs reprises. Lorsque je me suis retrouvé avec des personnes qui ne venaient pas de la même région que moi, j’ai rapidement réalisé qu’ils ne partaient pas des mêmes présupposés. Par exemple, un asiatique attachera plus de valeur à l’honneur. L’éducation de ses enfants sera donc plus sévère qu’en Occident. Par contre, dans une culture très post-moderne nous chérissions bien souvent l’affirmation de l’individu. En partant de ce présupposé, nous avons de la peine à corriger les enfants parce que nous ne voulons pas entraver leur liberté et leur développement.
Des divisions profondes
Vous comprenez ? Du fait de notre éducation, de notre culture, de nos amis, de nos lectures, etc, nous avons des manières de penser qui nous conduisent à agir d’une certaine façon. Ne pas connaître nos propres présupposés, ainsi que ceux des personnes avec qui nous communiquons, fait que nous nous retrouvons souvent dans une incompréhension mutuelle. Prenons un exemple. En anglais, un des mots pour parler de l’université est « college ». Cela m’a valu plusieurs problèmes parce qu’au moment où je suis entré en 6ème, je disais à tous mes amis américains que j’étais au « college ». Personne ne me comprenais parce que les mots qu’on employait n’avaient pas le même sens.
Il nous faut donc comprendre le langage des autres et leur manière de penser avant de pouvoir leur exprimer nos idées. Autrement, nous pourrons utiliser notre propre patois (dit le patois de Canaan) en employant des mots comme péché, grâce, Dieu, repentance, etc, et communiquer un message tout autre que celui que nous avions en tête. Prenons quelques instants pour analyser le mot « repentance ». Pour notre culture occidentale, ce que ce mot évoque est énormément connoté, ce qui fait que nous en avons une compréhension radicalement différente de celle que l’on trouve dans la Bible. Dans le premier cas, il s’agit de se sentir coupable de quelque chose mais sans que ça n’implique une action spécifique, c’est plutôt un sentiment général. Alors que dans le second cas, il s’agit d’un mouvement : partir d’une idole pour aller vers Dieu et lui demander pardon pour quelque chose de mauvais que l’on a fait. Il nous faut donc faire attention. Nous pouvons parfois nous sentir proches de certaines personnes parce que nous employons les mêmes mots alors qu’en réalité nous ne communiquons pas le même sens. Cela conduit à toutes sortes de problèmes.
Les visions du monde
L’auteur évangélique Charles Colson, dans son livre co-écrit avec Nancy Pearcey, décrit très bien cela : « Nos choix sont modelés par ce que nous croyons être réel et vrai, juste ou faux, bon et beau. Nos choix sont modelés par notre vision du monde. L’expression vision du monde peut paraître abstraite ou philosophique, un sujet discuté par des professeurs en situation académique, avec une pipe… Mais la vision du monde d’une personne est si concrète. C’est simplement la somme de toutes nos croyances sur le monde, la « grande image » qui conduit jour après jour nos décisions et nos actions. Comprendre ces visions du mondes est extrêmement important »1. Dans un autre livre, Nancy Pearcey développe un peu plus cette idée : « Même les personnes ordinaires ont un ensemble de convictions à propos de comment la réalité fonctionne et de comment ils devraient vivre. Parce que nous sommes créés en l’image de Dieu, nous cherchons tous à donner un sens à la vie. Certaines de ces convictions sont conscientes, alors que d’autres sont inconscientes mais toutes ensembles, elles forment une vision plus ou moins cohérente de la réalité. Les êtres humains sont « incapables de tenir des opinions purement arbitraires ou de faire des décisions entièrement dénuées de principes » écrit Al Wolters dans son livre sur les visions du monde. Parce que nous sommes rationnels par nature, ainsi que des êtres responsables, nous sentons que « nous avons besoin d’un credo par lequel vivre, de carte sur laquelle nous pouvons tracer notre route » »2. Les visions du monde sont donc sous-jacentes à notre manière de penser et de vivre. Il est capital que nous puissions prendre du temps pour les analyser et les comprendre. Sans cela, nous ne pourrons pas communiquer efficacement l’évangile autour de nous et nous rapprocher d’une vision plus biblique du monde. Dans les prochains articles, nous essayerons ainsi d’approfondir le rôle des visions du monde, leurs influences et leurs problèmes.
1 Charles COLSON & Nancy PEARCEY, How Should We Now Live ?, Tyndale House Publishers, Inc, Wheaton, Illinois, 1999, p. 13-14.
2 Nancy PEARCEY, Total Truth, liberating Christianity from its cultural captivity, Crossway books, Wheaton, Illinois, 2005, p. 23.




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