Certains d’entre vous ont peut-être remarqué une sorte d’incohérence dans mes propos. Est-ce que c’est notre manière de voir les choses, notre vision du monde, qui nous permet de changer ou bien est-ce que ce sont nos habitudes ? Pour Nancy Pearcey et Charles Colson, il est clair que c’est la vision du monde qui édicte chacun de nos faits et geste. En revenche, Tish Warren et James K. A. Smith soulignent l’importance des habitudes dans les décisions à prendre. Alors, qui a raison ? Il me semble qu’en fait on retrouve ces deux aspects dans la Bible. Le professeur d’Ancien Testament de Covenant Theological Seminary, Jay Sklar, a rédigé un article tout à fait intéressant à ce sujet. Cet article s’intitule Pour changer son coeur, changez vos actes. Il nous aide à comprendre cette dynamique. Voici ce qu’il écrit :
« Attendez, ce titre ne fait aucun sens. Nos actions ne viennent-ils pas de nos coeurs ? Cela ne devrait-il pas dire que nous devons changer nos coeurs avant que nos actions ne changent? Oui et non… La Bible accentue souvent que nous faisons de mauvaises choses parce que nos coeurs sont mauvais. Jésus ne peut pas être plus clair: « Car c’est du coeur que viennent les mauvaises pensées, les meurtres, les adultères, les impudicités, les vols, les faux témoignages, les calomnies » (Mt 15, 19)…
Jésus accentue que nos actions transforment également nos coeurs. Quiconque a un smartphone comprend cela immédiatement : au plus vous le consultez (action) et au plus vous le voulez (coeur). Notez comment Jésus le décrit dans les mots suivants : « Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, où les mites et la vermine détruisent, et où les voleurs s’introduisent et volent. Mais amassez-vous des trésors dans le ciel, où les mites et la vermine ne détruisent pas, et où les voleurs ne percent pas et ne dérobent pas. Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. » (Mt 6, 19-21). Remarquez l’ordre utilisé par Jésus. Il ne dit pas : « Car là où est ton cœur, là sera ton trésor » (bien que ce soit évidemment vrai). Il met l’accent sur le contraire : « Car là où est ton trésor – où tu investis ton temps, ton énergie, tes actions – là aussi sera ton cœur ! ». Son propos est simple : nos actions forment nos cœurs comme de l’argile molle dans la main d’un potier. Les actions mauvaises déforment et tordent nos cœurs en objets d’horreur. Si nous passons notre temps à penser à avoir toujours plus d’argent et à concentrer notre énergie à essayer d’en gagner toujours plus, notre cœur deviendra de plus en plus avide et cupide. À l’inverse, les bonnes actions contribuent à modeler et à façonner nos cœurs en objets de beauté. Si nous passons notre temps à penser à l’avancement du Royaume de Dieu et que nous concentrons notre énergie à essayer de répandre sa gloire, notre cœur rayonnera d’un amour pour Dieu qui guidera toutes nos actions… Cela signifie que les chrétiens devront prêter une attention toute particulière à la manière dont ils investissent leur temps, leur énergie et leurs actions, car ce sont ces choses qui façonneront leur cœur, en bien ou en mal. Voici quelques questions à considérer :
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Est-ce que je pratique les bonnes habitudes dont les Écritures parlent pour la santé du cœur : la prière, le jeûne, la lecture de la Bible, le culte et la communion chrétienne ?
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Que révèlent mes priorités dans mes dépenses d’argent, en particulier mes revenus « disponibles » ? Est-ce qu’il m’arrive de faire des sacrifices ?
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Qu’est-ce que la façon dont je passe mon temps, en particulier mon temps libre, dit de mes priorités ? Y a-t-il un ou deux changements simples que je peux faire pour introduire des pratiques plus saines pour le cœur dans ma routine quotidienne.
Naturellement, nous ne faisons rien de ce qui précède pour mériter l’amour de Dieu. En Christ, Dieu nous donne son amour gratuitement. Mais nous faisons ces choses parce que nous voulons aimer Dieu davantage – et nous savons que nos actions peuvent aider notre cœur à le faire »1.




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